ACTE III, SCÈNE I
Le Roi Henry.
Et ces motifs étaient puissants, mon oncle. Donc, mes chers lords, notre bon plaisir est que Richard soit restauré dans les droits qu'il tient de naissance. Warwick.
Ce sera une compensation aux injures que mon père a subies.
Winchester.
Winchester fera ce que feront les autres.
Le Roi Henry.
Si Richard est fidèle je lui rendrai, en outre, tout l'héritage qui appartient à la maison d'York dont il descend eu ligne directe.
Plantagenet.
Ton humble serviteur jure de t'obéir et de te servir jusqu'à la mort!
Le Roi Henry.
Inclinez-vous et mettez votre genou contre mon pied. En retour de cette marque d'humilité, je te ceins de la vaillante épée d'York. Lève-toi, Richard, comme un vrai Plantagenet. Je te fais prince et duc d'York.
Plantagenet.
Que Richard prospère et meurent tes ennemis! Aussi sûrement que mon dévouement grandira à partir de ce jour, puissent périr tous ceux qui nourriraient une mauvaise pensée contre Votre Majesté !
Tous.
Bienvenue au grand prince, au puissant duc d'York I
Somerset, à part.
Périsse le prince indigne, l'ignoble duc d'York!
Glocester.
Maintenant le mieux serait que Votre Majesté traversât la mer et se fit couronner en France. La présence d'un roi engendre l'amour parmi ses sujets et ses loyaux amis, autant qu'elle désarme ses ennemis.
Le Roi Henry.
Quand Glocester parle, le roi Henry n'a plus qu'à obéir. Un conseil d'ami supprime bien des adversaires. Glocester.
Vos vaisseaux sont prêts.
(Tous sortent excepté Exeter).
En Angleterre comme en France l'avenir nous sera tou-
i'ours caché. La dernière discussion élevée entre nos pairs »rùle encore sous les cendres trompeuses d'une fausse amitié, cendres qui ne tarderont pas à éclater en flammes. Comme des membres ulcérés pourrissent progressivement jusqu'à ce
que les os, la chair, les nerfs viennent à tomber, ainsi se propagera la raalignité de cette envieuse discorde. J'ai bien peur de voir se réaliser la fatale prophétie qui, sous Heniy le cinquième, était dans la bouche de tous les enfants à la mamelle : Henry, né à Monmouth, gagnera tout, et Henry, ne à Windsor, perdra tout. Cela me paraît si évident qu'Exeter souhaite de mourir avant la venue d'une pareille époque !