‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 230 sur 414 · ACTE V, SCÈNE ffl · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE ffl

nour écrire ce que j'ai peur de dire. Fi 1 De la Poole 1 Se e calomnie pas ! N'as-tu pas une langue? N'est-elle pas la prisonnière ? Vas-tu être intimidé à la vue d'une femme ? OuF Telle est la majesté princière de la beauté ; elle confond le langage et affole !

MARGDERrTE.

Dis-moi, comte de Suffolk, si tel est ton nom, quelle rançon dois-je payer pour être libre, puisque je suis décidément ta prisonnière.

Suffolk, a part.

Comment prévoir qu'elle demeurera sourde à ta cour, avant d'avoir mis son amour à l'épreuve?

MARGUERfrE.

Pourquoi ne réponds-tu pas? Quelle rançon dois-je payer?

Suffolk, à part.

Elle est belle, et conséquemment faite pour qu'on la courtise. Elle est femme, donc on doit pouvoir l'obtenir. Marguerite.

Veux-tu accepter une rançon, oui ou non ?

Suffolk, à part.

Insensé ! Souviens-toi que tu as une épouse ! Comment Marguerite serait-elle ta maîtresse ?

Marguerite.

Le mieux est de le laisser, il ne veux rien entendre.

Suffolk.

Tout est fini ! La chance n'est pas pour moi !

Marguerite.

Il parle de chance, sûrement cet homme est fou.

Suffolk.

Mais je puis avoir une dispense.

Marguerite.

Alors je n'obtiendrai pas de réponse?

Suffolk, à part.

Je conquérerai cette dame Marguerite. Mais pour qui? Pour mon roi? Bah 1 C'est un roi de bois ! Marguerite.

11 parle de bois. C'est quelque menuisier.

Suffolk, à part.

Ainsi mon amour sera satisfait et la paix établie entre les royaumes. 11 me reste un scrupule. Quoique son père soit roi de Naples, duc de l'Anjou et du Maine, encore est-il pauvre et notre noblesse méprisera l'alliance. Marguerite.

Entendez-vous, capitaine? Ne voulez-vous pas répondre?

Suffolk, à part.

11 en sera ainsi, en dépit de leur dédain. Henry est jeune et cédera vite... Madame, j'ai un secret à vous révéler.

Marguerite, à part.

Qu'importe que je sois sa prisonnière? Il semble être un chevalier et ne me manquera pas d'égards.

SUFFOLK

Madame, voulez-vous entendre ce que j'ai à vous dire?

Marguerite, à part.

Si j'étais sûre d'être délivrée par les Français, je n'aurais pas besoin d'implorer sa courtoisie.

SUFFOLK

Douce madame, prêtez-moi un peu d'attention...

Marguerite, à part.

Bah ! Je ne suis pas la première femme faite prisonnière I

SuFFOLK.

Madame, pourquoi parlez-vous ainsi?

Marguerite.

J'implore votre merci ; ce n'est qu'un quid pour quo.

SUFFOLK

Gentille princesse, ne croyez-vous pas que votre esclavage serait une bonne fortune si vous deveniez reine ?

Une reine en esclavage est plus malheureuse qu'un esclave dans la plus basse servitude, car les princes doivent être libres.

SuFFOLK,

Vous serez libre pourvu que le roi de l'heureuse Angleterre le soit aussi.

Marguerite.

Qu'ai-je à voir avec sa liberté?

SuFFOLK.

J'essaierai de faire de toi la femme de Henry, de mettre un sceptre d'or dans ta main, de déposer une précieuse couronne sur ta tête, si tu consens à devenir ma... Marguerite.

Quoi?

SUFFOLK

Sa maîtresse.

Marguerite.

Je suis indigne de devenir l'épouse de Henry.

SuFFOLK.

Non, gentille dame. C'est moi qui suis indigne de courtiser une femme aussi belle pour en faire son épouse, sans avoir moi-même aucune part à ce choix. Qu'en dites-vous, madame ? Etes-vous consentante ?

Marguerite.

Si cela plaît à mon père, je consens.

SuFFOLK.

Alors je vais appeler nos capitaines et nos porte-étendards.

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