‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 240 sur 414 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

jour du mois de mai prochain. Item. Que le duché d'Anjou et

le comté du Maine, seront abandonnés et remis au raison père...

Qu'avez-vous, mon oncle ?

Glocester.

Pardonnez-moi, gracieux lord, j'ai senti au cœur une nausée soudaine, qui m'a tellement affaibli la vue, que -je ne peux plus continuer.

Le Roi Henry.

Oncle de Winchester, lisez, je vous prie. Winchester, lisant.

En plus, il est décidé entre eux, que les duchés d'Anjou et du Maine seront abandonnés et remis aurai son père, et qu'elle sera amenée au roi d'Angleterre, aux frais et charges de ce dernier, sans apporter de dot.

Le Roi Henry.

C'est bien ainsi. Lord marquis, agenouillez-vous. Nous te nommons premier duc de Suffolk et te ceignons l'épée. Cousin d'York, nous déchargeons Votre Grâce du poids de la régence de France, jusqu'à l'expiration de dix-huit mois. Merci, oncle Winchester, Glocester, York, Buckingham, Somerset, Salisbury et Warwick. Merci à vous tous pour l'accueil favorable fait à la princesse, ma femme. Venez, reatrons et avec toute la diligence possible occupons-nous de la cérémonie du couronnement.

{Le roi, la reine et Suffolk sortent).

Glocester.

Braves pairs d'Angleterre, piliers de l'Etat, le duc Humphrey ne peut s'empêcher de soulager sa douleur, votre douleur, la douleur du pays entier ! Quoi ! Mon frère Henry aurait prodigué sa jeunesse, sa valeur, son or, ses compagnons dans les guerres, il aurait couché en plein champ, exposé aux intempéries de l'hiver, aux ardeurs de l'été, pour conquérir la France, son légitime héritage ; mon frère Bedfort aurait usé son esprit à garder, à conserver, grâce à sa bonne politique, ce que Henry avait gagné; vous-mêmes, Somerset, Buckingham, brave York, Salisbury, victorieux Warwick, vous auriez reçu de graves blessures en France et en Normandie ; mon oncle Beaufort, moi-même, avec tous les doctes conseils du royaume, nous aurions si longtemps travaillé matin et soir, débattant, sous toutes leurs formes, les moyens d'inspirer de la crainte au roi de France et à ses sujets ; Sa Grandeur se serait fait couronner, encore en enfance, à Paris, en dépit de nos ennemis, pour que tant de travaux et tant d'honneurs devinssent superflus ? Oh ! pairs d'Angleterre, ce traité est une honte ! ce mariage une fatalité qui annule votre gloire, efface vos noms du livre de

mémoire, supprime votre renommée, dégrade les monuments de la France conquise, défait tout comme si rien n'avait étél

Le Cardinal.

Neveu, que signifient ces paroles imprudentes et la péroraison qui les aggrave? La France est à nous et nous la garderons toujours.

Glogester.

Nous la garderons, si nous le pouvons 1 Actuellement c'est impossible. SufFolk, le nouveau duc, a la haute main, et donne les duchés d'Anjou et du Maine à ce pauvre roi René, dont la haute situation n'est plus d'accord avec la maigreur de sa bourse !

Salisbury.

Par la mort de celui qui mourut pour tous, ces comtés étaient les clefs de la Normandie. Pourquoi Warwick, mon vaillant fils, pleure-t-il ?

Warwick.

Je pleure en pensant que nous les perdons à jamais ! Si j'avais quelque espoir de les reconquérir, mon épée ferait verser un sang brûlant et mes yeux n'auraient pas de larmes ! Anjou et Maine ! C'est moi qui les avais conquis. Ce sont ces bras qui s'étaient emparés de ces provinces 1 Des cités payées de mes blessures, rendues avec des mots pacifiques ! Mon Dieu î

York.

Quant au duc de Suffolk, puisse-t-il être suffoqué pour avoir obscurci l'honneur de cette île belliqueuse ! La France m'aurait torturé, déchiré le cœur, avant de me faire consentir à ce traité. J'ai lu que les épouses des rois d'Angleterre avaient toujours apporté en dot d'importantes sommes d'or, et notre roi Henry renonce à son propre bien pour s'unir avec une femme sans le sou !

Glocester.

Une véritable plaisanterie, dont je ne connais pas d'exemple, c'est que Suftolk retienne un quinzième pour les frais et charges du transport de la dame ! Elle aurait dû rester en France et y mourir de faim, plutôt...

Le Cardinal.

Milord de Glocester, vous vous échauffez trop ! C'a été le bon plaisii' de mon seigneur et roi I Glocester .

Milord de Winchester, je vous connais. Mes paroles vous déplaisent moins que ma présence vous gêne ; votre ranco:'ur est évidente. Sur ta ligure oiguoilleuse, prélat, je lis ta colère, et si je demeurais nous recommencerions nos anciennes querelles. Adieu, milord, et quand je serai parti,

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