‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 247 sur 414 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

SUFFOLK

Madame, j'ai englué un buisson pour elle, buisson où j'ai placé suffisamment d'oiseaux chanteurs pour qu'elle s'y prenne en les écoutant et ne puisse plus s'élever de façon à vous porter ombrage. N'en parlons donc plus et veuillez ra'écouter, car je vais me permettre de vous donner un conseil. Quoique vous n'aimiez pas le Cardinal, encore devonsnous en faire un allié, des lords aussi, jusqu'à ce que nous avons obtenu la disgrâce du duc Humphrey. En ce qui concerne le duc d'York, la plainte de ce Pierre contre son maître, lui sera plutôt nuisible. Nous nous débarrasserons de ces gens-là un par un et vous fmirez par tenir le gouvernail. {Entrent LE ROI HENRY, YORK et SOMERSET, caiisant; le duc et la duchesse de GLOGESTER, LE CARDINAL BEAUFORT, BUGKINGHAM, SALÎS- BURY et WARWIGK).

Le Roi Henry.

Pour ma part, nobles lords, je ne m'en soucie pas. Somerset ou York, c'est tout un pour moi.

York.

Si York s'est mal comporté en France, que la régence lui

soit refusée.

Somerset.

Si Somerset est indigne de la place, que York soit régent, je m'efface devant lui.

Warwick.

Il n'est pas question de savoir si Votre Grâce en est digne ou non. La vérité est que York en est le plus digne. Le Cardinal.

Ambitieux Warwick, laisse parler tes supérieurs.

Warwick.

Le Cardinal n'est pas mon supérieur sur le champ de bataille.

Ici, tous sont tes supérieurs, Warwick.

Warwick.

Warwick peut devenir le premier d'entre vous.

Salisbury.

Paix, mon fils ! Buckingham, donne-nous les raisons pour lesquelles Somerset aurait la préférence. Marguerite.

Parce que le roi veut qu'il en soit ainsi !

Glocester.

Madame, le roi est d'âge à donner son opinion. Ce sont là des affaires qui ne regardent pas les femmes.

Marguerite.

Si le roi est d'âge à aToir une opinion, quel besoin à Votre Grâce d'être le Protecteur de son Excellence ? Glocester.

Je suis le Protecteur du royaume I Si le roi le désire, Glocester est prêta renoncer à ses fonctions.

SUFFOLK

Renonces-y alors et cesse d'être insolent I Depuis que tu es roi (quel autre que toi règne ici?) l'Etat a journellement couru à sa ruine: le Dauphin a prévalu au delà des mers; tous les pairs, tous les nobles du royaume ont été les esclaves de ta souveraineté.

Le Cardinal.

Tu as pressuré les communes, extorqué, épuisé l'argent du clergé I

Somerset.

Tes somptueux châteaux, les toilettes de ta femme, ruinent le trésor public !

Ta cruauté dans l'exécution des criminels a dépassé l'esprit de la loi et te laisse toi-même à la merci de cette loi 1 Marguerite.

Si la façon dont tu as trafiqué des offices et des villes en France pouvait être prouvée, ta tête tiendrait peu sur tes épaules !

{Glocester sort. La reine laisse tomber son éventail). Ramassez mon éventail ^ Eh bien, mignonne, ne le voyezvous pas ?

[Elle soufflette la duchesse).

Je vous demande pardon, madame, j'ignorais que ce fût vous.

La Duchesse.

Etait-ce moi? Oui, c'était moi, orgueilleuse Française! Si mes ongles pouvaient approcher votre beauté, j'imprimerais mes dix commandements sur votre figure^ !

\. Dans la pièce originale, ce n'est pas son éventail, mais son gant, que laisse tomber la reine:

Give me my glove; why minion can you not see ?

2. rd set my ten commandments in your face. C'est là une expression dont on se servait au temps de Shakespeare.

Dans une pièce intitulée : The Play of the Four F's (1569) nous trouvons :

Now ten times I beseech Mm thoX Me sits TMj u-ifs X Com. may serche thy five wits.

Dans Selim empereur des Turcs (1594) :

I would set a, top abroach, and nol live in fear of my wife'sten commandments.

Nous pourrions multiplier les exemples.

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