‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 252 sur 414 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Margery Jourdain.

Asmath, par l'Eternel, dont le nom et le pouvoir te font trembler, réponds à ce que je vais te demander, car tu ne sortiras pas de ce cercle avant d'avoir parlé. L'Esprit.

Demande ce que tu veux. 11 me tarde de parler et d'en finir.

BoLiNGBROKE, UsuTit uu papier.

D'abord, occupons-nous du roi. Qu'adviendra-t-il de lui ' ?

L'Esprit.

Le duc vit encore qui déposera Henry, mais il lui survivra et mourra de mort violente.

{Pendant que l'Esprit parle, Southwell écrit la réponse).

BOLINGBROKE

Quel sort attend le duc de Sufjfolk ?

L'Esprit.

Par l'Eau il mourra et verra sa fin.

BOLlNGBROKE,

Qu'adviendra-t-il au duc de Somerset ?

L'Esprit.

Qu'il se méfie des châteaux. Il sera plus à l'abri sur des plaines de sable que là où se dressent des châteaux". J'ai fini, car j'aurais du mal à continuer.

BOLlNGBROKE.

Retourne à ton obscurité et à ton lac de feu. Démon perfide, va-t'en^!

{Tonnerre et éclairs. V Esprit disparaît). {Entrent en hâte YORK et BUGKINGHAM, suivis de gardes) .

York.

Emprisonnez ces traîtres et leurs drogues 1 Sorcière,^ on te surveillait de près, je suppose? Quoi, madame, vous êtes ici? Le roi et l'Etat vous devront beaucoup pour tant de peine. Milord Protecteur, sans aucun doute, vous récompensera pour d'aussi bonnes pensées.

La Duchesse.

Elles ne sont pas de moitié aussi nuisibles au roi d'Angle-

1. Dans la scène précédente, Bolingbroke a dit à Southwell: « John Southwell, lisez ». «Dans cette scène, c'est Bolingbroke qui ht. On sent que Shakespeare a suivi ici le texte original, oubliant le changement qu'il y avait fait auparavant.

2. Steevens se souvient d'avoir lu dans une vieille chronique une prophétie ainsi conçue :

Safer shall he be on sand,

Than where castles inounted stand.

3. On lit dans le quarto: « Descends, dis-je, à ton pôle damné, où Pluton dans son char de feu se promène parmi les exhalaisons silflantes et briilantes, suivant la route de Dytus, près du fleuve du Styi »^etc.

terre que les tiennes, duc insolent, qui menaces sans raison!

BUGKINGHAM.

En vérité, madame, sans la moindre raison. {Lui montrant des papiers). Qu'on emmène ces gens-là, qu'on les enferme et les surveille séparément. Vous, madame, vous viendrez avec nous. StafFord, prends-la avec toi.

{La Duchesse disparait).

Nous examinerons vos colifichets. Allez-vous-en tous.

{Les gardes sortent avec Bolingbroke, Southwell, etc.). York.

Lord Buckingham, il me semble que vous la guettiez bien. Un joli complot et bien choisi pour qu'on bâtisse dessus I Je vous prie, milord, laissez-moi voir ce que le diable écrit. {Lisant). Le duc vit encore qui déposera Henry, mais il lui survivra et mourra de mort violente^. C'est juste. Aio te, Macida, Romanos vincere posse.

Voyons le reste.

Dites-moi quel sort attend le duc de Suffolk^? Par VEau il mourra et verra sa fin. Qu'adviendra-t-il au duc de Somerset? Qu'il se méfie des châteaux. Il sera plus à Vabri sur des plaines de sable que là oit se dressent des châteaux. Allons, allons, milords, ces oracles ont été obtenus à grand peine et c'est à grand peine si on les comprend. Le roi se dirige maintenant vers Saint-Albans et avec lui se trouve l'époux de cette charmante dame. Portons-leur ces nouvelles de toute la vitesse de nos chevaux. Ce sera un triste déjeuner pour milord Protecteur !

Votre Grâce me permettra, milord d'York, de servir de courrier dans l'espoir d'une récompense?

Gomme il vous plaira, mon bon seigneur. Holà ! quelqu'un I

{Entre tin SERVITEUR).

Dites à milords de Salisbury et de Warwick de venir souper avec moi, demain soir. En avant!

{Ils sortent).

\. Pope fait remarquer l'inutilité de cette répétition qui ne se trouve pas dans la première édition de la pièce. Malone observe à son tour que si elle ne se trouve pas à cette place dans la première édition, on l'y rencontre plus loin. Et il en conclut justement qu'une telle f^ariatiofi, ne peut provenir que ôi'auleurs variés.

2. TcUcme, etc. Ces deux mots ne se trouvaient pas surlepapierlu par Bolingbroke. Maloue observe nu'il y a là une de ces fautes d'inattention dont Shakespeare était volontiers coutumier.

FIN DU PREMIEU ACTE

Page 1