‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 253 sur 414 · ACTE II SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTE II SCÈNE PREMIÈRE

Saint-Âlbans.

Entrent le ROI HENRY, la REINE MARGUERITE, GLOCESTER, le CARDINAL, SUFFOLK, avec des fauconniers appelant les faucons*.

Marguerite.

Croyez-moi, milords, la chasse des oiseaux aquatiques au faucon- est le plus amusant des sports anglais auxquels j'aie assisté depuis sept ans. Pourtant, laissez-moi vous le dire, le vent était violent, et il y avait dix chances contre une pour que la vieille Jeanne fût à court de vol. Le Roi Henry.

Comme votre faucon pointait, et à quelle hauteur il volait au-dessus des autres, milord^! Il faut voir le travail de Dieu dans toutes ses créatures. L'homme et les oiseaux sont faits pour s'élever!

SUFFOLK

N'en déplaise à Votre Majesté, il n'est pas étonnant que les faucons de milord Protecteur planent si haut. Ils savent que leur maître aime à dominer, et qulij porte ses pensées bien au delà du vol d'un faucon !

Glocester.

Milord, il n'y a qu'un esprit mesquin et vil qui soit incapable de monter plus haut qu'un oiseau.

1. La chasse au faucon a longtemps été un passe-temps royal. Mais il paraît que c'est surtout en Angleterre qu'elle fut une véritable passion. Un proverbe du temps de Shakespeare dit qu'une maîtresse coûte moins cher à entretenir qu'un de ces oiseaux. Nous avons eu l'occasion de parcourir un manuel de fauconnerie, écrit par dame Juliana Bernes, prieuresse du couvent de Sopwell, près Saint-Albans (où Shakespeare fait passer la scène) et datant de 1496. On y dit que pour guérir un faucon des vers, on composait une médecine dans laquelle entraient de l'agneau, de la bécasse de mer, du pigeon, du chevreuil et du chat.

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