‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 257 sur 414 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

SiMPCOX.

Hélas! mon maître, je suis incapable de me tenir debout! Vous allez me torturer en vain !

{Rentre V homme de la suite avec un SERGENT). Glocester.

Eh bien, monsieur, nous allons vous faire retrouver vos jambes. Sergent, fouettez-le jusqu'à ce qu'il saute! Le Sergent.

Oui, milord. Allons drôle ! Enlevez-moi promptement votre pourpoint.

■ SiMPCOX.

Hélas ! maître, que puis-je faire? Il m'est impossible de me tenir debout.

{Api'ès le premier coup de fouet du sergent, Simpcox saute par-dessus Vescabeau et se sauve. Le peuple le suit en criant : Au miracle) !

Le Roi Henry.

0 Dieu ! tu vois ceci et tu le supportes si longtemps !

C'était amusant de voir ce drôle prendre la fuite.

Suivez-le et emmenez cette coquine!

La Femme.

Hélas ! seigneur, c'est la nécessité qui nous a fait agir ainsi 1

Glocester.

Qu'on les fouette sur toutes les places publiques, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à Berwick, d'où ils viennent !

[Le Maire, le Sergent, la Femme, etc., sortent). Le Cardinal.

Le duc Humphrey a accompli aujourd'hui un miracle.

SUFFOLK

C'est vrai. Il a fait sauter et s'enfuir un boiteux.

Glocester.

Vous avez accompli plus de miracles que moi. En un jour, milord, vous avez fait fuir des villes entières. (EwfreBUCKINGHAM).

Le Roi Henry.

Quelles nouvelles apporte notre cousin Buckingham?

BUCKINGHAM

De telles nouvelles qu'à les répéter je sens tressaillir mon cœur. Une assemblée de coquins, cédant à de mauvais sentiments, assemblée encouragée par dame Eléonoie, l'épouse et la main droite du Protecteur, s'est livrée à de dangereuses pratiques contre l'Etat, de complicité avec des sorciers et des conjureurs que nous avons arrêtés sur le fait, tandis qu'ils évoquaient des esprits infernaux, les interrogaient sur la vie et la mort du roi Henry, sur d'autres personnes encore

du Conseil privé de votre Grandeur, comme on l'exposera plus en détail à votre Grâce ^

Le Cardinal.

Ainsi, milord Protecteur, votre femme est arrêtée à Londres. {A part, à Glocester). La nouvelle, je le suppose, a détourné la pointe de votre épée et vous ne serez pas au rendez-vous? Glocester.

Ambitieux homme d'église, n'afflige pas mon âme davantage ! Je suis vaincu par le chagrin et le malheur ! Et vaincu, je m'incline devant toi, comme devant le plus méprisable des valets !

Le Roi Henry.

0 Dieu ! quelle mauvaise besogne font les méchants, pour appeler la ruine sur leur tête !

Marguerite.

Glocester, ton nid est souillé. Tâche d'être irréprochable, tu en as besoin.

Glocester.

Madame, en ce qui me concerne, le ciel sait combien j'ai aimé le roi et l'Etat ! Quant à ma femme, je ne sais ce que cela veut dire. Je souffre d'avoir entendu ce que je viens d'entendre. Elle est de noble origine, mais si elle a manqué à l'honneur et à la vertu, si elle a entretenu des relations avec des gens qui sont comme une poix souillant la noblesse, je la chasserai de mon lit, de ma compagnie, et je la livrerai aux lois et à la honte, pour avoir déshonoré l'honnête nom de Glocester ^.

Le Roi Henry.

Soit. Cette nuit nous reposerons ici. Demain, nous retournerons à Londres, afin d'étudier de plus près cette affaire, de connaître les réponses des coupables, et de peser équi-

1. A la place de ce passage on lit dans la pièce originale : « Des a nouvelles mauvaises pour quelques-uns, milord. L'orgueilleuse a dame Eléonore, la femme de notre Protecteur, complote des trahi- « sons contre le roi et les pairs, avec des sorciers, des enchanteurs, « et des conjureurs qui ont invoquéjun esprit afin de savoir quel mal- « heur arriverait à l'Etat. Mais avant d'avoir terminé leur action « diabolique ils ont été surpris par York et moi-même et voici la « réponse que leur faisait le diable ».

2. A la place de ce passage on lit dans la pièce originale: « Pardonnez-moi, mon gracieux souverain! Je jure devant Votre Majesté que je suis innocent des abominables crimes que l'ambition a fait si traîtreusement commettre à ma femme. Pour avoir voulu trahir son souverain maître, je la chasse de mon lit et de ma maison, je l'abandonne à la loi qui la jugera, à moins qu'elle se justifie d'une action aussi noire >.

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