‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 271 sur 414 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

ennemis refoulés, je l'ai vu encore cabrioler sauvagement, pareil à un danseur de mauresque, secouant ses dards sanglants, comme l'autre ses clochettes. Souvent, sous les traits d'un Kerne artificieux, la chevelure en désordre, il conversait avec l'ennemi, et puis, incognito, venait me tenir au courant de leurs méfaits. Ce démon me sera utile ici grâce à sa ressemblance, par la figure, la démarche, la façon de parler, à ce John Mortimer qui n'est plus. Par lui je connaîtrai les dispositions du peuple, je saurai s'il aime la maison d'York et ce qu'il pense de ses prétentions. On pourra le prendre, le rouer, le torturer, aucun châtiment ne lui fera avouer que c'est moi qui l'ai invité à prendre les armes. S'il réussit, et tout fait prévoir qu'il réussira, je reviendrai d'Irlande avec mon armée et récolterai alors la moisson semée par ce drôle. Car Humphrey étant mort — et il mourra — Henry mis à part, je serai le maître*.

Page 1