‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 282 sur 414 · PRISONNIERS · texte numérisé non relu

PRISONNIERS

(On entend des coups de feu en mer).

Le Capitaine.

Le jour joyeux, babillard, débonnaire, est descendu dans le sein de la mer. A cette heure, les hurlements des loups réveillent les dragons qui se traînent dans la nuit mélancolique, tragique, et dont les ailes assoupies, silencieuses, pendantes, effleurent les tombeaux des hommes tandis que leurs mâchoires de ténèbres soufflent dans l'air une obscurité contagieuse. Amenez les prisonniers. Notre pinasse est à l'ancre dans les dunes, ils discuteront leur rançon sur le sable, ou de leur sang teindront ce rivage décoloré. Maître, je te donne ce prisonnier. Prends celui-là, mon second. {Montrant Suffolk). Quant à celui-là, Walter Whitmore, il est ton partage.

Premier Gentilhomme.

Quelle est ma rançon, maître? Dis-le moi. Le Maître d'Equipage.

Mille couronnes. Autrement, à bas la tête I

i. Voici le passage de Holinshed qui a inspiré cette scène : <r Le sort ne voulut pas que cet infâme (le duc de Suffolk qui, mis en accusation par le peuple, fut banni d'Angleterre pendant cmq ans) s'échappât. Quand il s'embarqua à Suffolk pour se faire transporter en France, il fut assailli par un bateau de guerre appartenant au duc d'Exeter, le constable de la Tour de Londres, appelé le Nicolas de la Tour. Le capitaine du bateau, après un léger combat, entra dana le navire du duc, aperçut ce dernier, le conduisit à Douvres, où se servant du flanc d'un petit bateau comme billot, il lui fit couper la tète qu'il abandonna sur le sable avec le corps. Plus tard, le corps fut trouvé par un chapelain, et envoyé au collège de Wynglield, dans le Suffolk, où il fut enterré ».

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