‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 283 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Le Second. Vous m'en donnerez autant, ou je fais sauter la vôtre.

Le Capitaine.

Quoi, vous estimez trop cher de payer douze mille couronnes et vous prenez des noms et des façons de gentilshommes? Coupez-moi la gorge de ces drôles! Vous devez mourir. Les vies de ceux que nous avons perdus dans le combat ne sauraient être compensées par une somme aussi dérisoire.

Premier Gentilhomme.

Je vous paierai la somme, épargnez ma vie !

Deuxième Gentilhomme.

Moi aussi; je vais écrire immédiatement chez moi.

Whitmore, à Suffolk.

J'ai perdu un œil en montant à l'abordage, ma vengeance sera ta mort. 11 en serait de même de ceux-ci, si j'étais le maître.

Le Capitaine.

Ne sois pas vindicatif. Accepte une rançon et laisse-le vivre.

Suffolk.

Regarde ce médaillon de saint George. Je suis gentilhomme. Fixe la rançon que tu voudras et tu seras payé. Whitmore.

Je suis également gentilhomme. Je m'appelle Walter Whitmore. Eh bien? Pourquoi trembles-tu? Quoi! La mort te ferait-elle peur?

Suffolk.

C'est ton nom qui m'effraie! Il sonne comme un glas de mort! Un homme habile a fait des calculs à ma naissance et m'a prédit que je mourrais par l'eau * ; mais ce n'est pas une raison pour que tu te montres impitoyable. Ton nom est Gualtier^ si on le prononce bien ? Whitmore.

Gualtier ou Walter, je n'en ai cure. Jamais le déshonneur n'a terni mon nom sans que mon épée ait immédiatement lavé la tache. Si donc il m'arrive de vendre ma vengeance comme une marchandise, je veux que cette épée soit brisée, mes armes arrachées, souillées, et que l'on me proclame couard à travers le monde - !

{Il met la main sur Suffolk).

m i. Water.

2. On lit dans l'ancienne pièce : « Avant que, comme un marchand, j'échange du sang contre de l'or, qu'on me jette la tête la première dans la mer. »

Le passage introduit par Shakespeare : t que mes armes soient

SUFFOLK

Arrête, Whitmore. Ton prisonnier est un prince, le duc de Sufîolk, William de la Poole !

Whitmore.

Le duc de Suffolk habillé de guenilles!

SUFFOLK

Oui, mais ces guenilles sont d'emprunt. Jupiter s'est quelquefois déguisé, pourquoi ne l'imiterais-je pas? Le Capitaine.

Jupiter n'a jamais été tué et tu le seras!

SUFFOLK

Obscur et vil coquin, le sang du roi Henry, l'honorable sang d'un Lancastie, ne doit pas être versé par un palefrenier comme toi ! Jadis, n'embrassais-tu pas ta main, avant de me présenter l'étrier? N'as-tu pas marché tète nue, près de ma mule caparaçonnée, te jugeant trop heureux quand je daignais te faire un signe de tête ? Combien de fois, toi qui vivais de ma table, as-tu rempli ma coupe, agenouillé, quand je festoyais avec la reine Marguerite ? Souviens-t'en ; que cela rabatte ton insolence et ton orgueil prématuré ! Combien de fois, dans mon antichambre, es-tu demeuré debout, attendant respectueusement ma venue? Cette main qui t'a souvent fait grâce saura bien te réduire au silence ! Whitmore.

Parlez, capitaine. Puis-je poignarder ce chétif coquin !

Le Capitaine.

Laisse-moi d'abord le poignarder de mes paroles, comme il m'a poignardé des siennes!

Suffolk.

Vil esclave ! Tes paroles sont aussi grossières que toi !

Le Capitaine.

Emmène-le d'ici et coupe-lui la tête sur le flanc de notre bateau.

Suffolk.

Tu craindrais trop pour la tienne !

Le Capitaine.

Va toujours, Poole.

Suffolk.

Poole?

arrachées et souillées », se trouve également dans Richard II. From my own windoios torn my household coat. Raz'd out my iniprcss; Icaring me iro sign, Save tnen' s opinion, and my living blood, To show thc world lam a yciHlcman.

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