‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 284 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Le Capitaine.

Poole? Sir Poole? Lord Poole? Bourbe*, mare, cloaque, dont la saleté et l'ordure ont troublé le ruisseau d'argent où s'abreuve l'Angleterre ! Je fermerai ta bouche encore pleine des trésors du royaume ! Tes lèvres qui baisaient la reine essuieront la terre ! Tu souriais en voyant mourir le bon duc ; c'est en vain que tu feras des grimaces aux vents insensibles I Par mépris, ils te siffleront aux oreilles *! Epouse les furies de l'enfer, pour avoir osé fiancer un puissant seigueur à la fille d'un roitelet n'ayant ni sujets, ni richesses, ni diadème! Tu es devenu puissant, grâce à une politique diabolique et, comme l'ambitieux Scylla. tu t'es gorgé des morceaux du cœur saignant de ta mère ! Grâce à toi, l'Anjou et le Maine ont été vendus à la France ; les déloyaux Normands révoltés dédaignent de nous reconnaître comme maîtres; les Picards ont tué leur gouverneur, surpris nos forts et renvoyé nos soldats blessés en haillons ! Le princier Warwick ettous lesNevils, dont les redoutables épées n'ont jamais été tirées en vain, se sont soulevés par haine de toi ; et maintenant la maison d'York, privée de la couronne par le meurtre infâme d'un roi innocent, par une tyrannie puissante, orgueilleuse, usurpatrice, brûle d'un feu vengeur. Les étendards, pleins d'espérance, déploient leur soleil à demi caché ^ qui s'efforce de resplendir et sous lequel est écrit : Invitis nubibus. Ici, dans le comté de Kent, le peuple est en armes. Enfin, pour conclure, la honte et la misère ont pris d'assaut le palais du roi. Et tout cela par ta faute !... Va-t'en ! Emmenez-le d'ici.

SUFFOLK

Que ne suis-je un dieu pour foudroyer ces chétifs, ces serviles, ces abjects manœuvres! Les plus petites choses rendent orgueilleux les pieds plats I Ce vilain, sous prétexte qu'il est capitaine de pinasse est plus agressif que Bargulus le fameux pirate illyrien*. Les bourdons ne sucent pas le

■1. Il n'y a pas trace de cette tirade dans l'ancienne pièce.

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