‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 305 sur 414 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Southwark.

Alarme. Entrent CADE et sa bande.

Cade.

Montez à Fish-Street! Descendez au coin de Saint-Magnus! Tuez et frappez! Jetez-les dans la Tamise! {On sonne au parlementaire. Retraite).

Quel est ce bruit? Qui peut oser sonner la retraite ou sonner au parlementaire quand je commande une tuerie! {Entrent BUCKINGHAM et le vieux CLIFFORD avec des forces).

Bucki.ngham.

Voilà ceux qui ont l'audace de te déranger. Cade, nous venons de la part du roi, auprès du peuple que tu as égaré, avec ordre de pardonner à tous ceux qui t'abandonneront et rentreront chez eux en paix.

1. Après ces mots, dans l'ancienne pièce, Robin entre et informe Cade que le pont de Londres est en feu. Ensuite Dick entre avec an sergent. Suivent quatorze vers qui n'ont pas été utilisés.

Clifford.

Qu'en dites-vous, citoyens?* Voulez-vous céder et accepter le pardon que l'on vous offre. Ou préférez-vous que cette canaille vous conduise à la mort? Que celui qui aime son roi, veut profiter de son pardon, jette son bonnet en l'air en criant : « Dieu sauve sa Majesté! « Que celui qui le hait et n'honore pas son père, Henry le cinquième, qui fit trembler la France, nous menace de son arme et passe! Tous.

Dieu sauve le roi ! Dieu sauve le roi ! Cade.

Quoi ! Buckingham et Clifford, êtes-vous si impudents ? Et vous, vils paysans, vous les croiriez? Eprouvez-vous le besoin d'être pendus avec votre pardon au cou ? Mon épée auraitelle enfoncé les portes de Londres pour que vous m'abandonniez au Cerf-Blanc dans Southwark? Je croyais que vous ne rendriez jamais les armes avant d'avoir recouvré votre ancienne liberté. Vous êtes des mécréants et des lâches, faits pour que la noblesse vous entrave, vous brise les reins à coups de bâton, prenne vos maisons à votre nez, ravisse vos femmes et vos filles à votre barbe ! Je bbuleverserai tout, à moi tout seul, et que la malédiction de Dieu s'abatte sur vous !

Tous.

Nous voulons suivre Cadel

Clifford.

Cade est-il donc le fils de Henry le cinquième, pour que vous le suiviez? Vous conduira-t-il au cœur de la France? Des plus humbles d'entre vous fera-t-il des comtes et des ducs ? Il n'a ni maison, ni asile, pour s'y réfugier. Il ne sait comment vivre, si ce n'est de pillage, de vol exercé contre vos amis et contre vous. Tandis que vous vous querellez, quelle honte, si la terrible France, dont vous avez autrefois triomphé, allait traverser les mers et vous vaincre ? Au milieu de cette guerre civile je vois les Français commander en maîtres dans les rues de Londres et crier : Villageois! à tous ceux qu'ils rencontrent! Périssent, citoyens, dix mille misérables Cades, plutôt que vous voir inclinés sous le joug étranger !

1. Dans la pièce originale la tirade de ClifTord est ainsi : « Citoyens et belliqueux amis du Kent, que signifie cette rébellion qui vous fait vous réunir en troupes sous la conduite de ce traître de Cade? Votre souverain lord et roi, contre lequel vous vous soulevez, vous envoie son pardon si vous voulez abandonner ce monstrueux rebelle. Si c'est une belliqueuse ardeur qui vous inspire, courez en France par vos aïeux conquise, regagnez ce qui, depuis, a été perdu, et cessez de révolutionner votre pays ». Sur ce, tous abandonnent Cade.

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