ACTE II, SCÈNE H
Glocester.
Laissez-moi supplier votre Grâce de n'en rien faire*. Sa faute ^ est grave, et le bon roi, son maître, saura l'en punir. Le châtiment que vous vous proposez de lui faire subir est réservé aux misérables les plus vils, les plus méprisés, pour vols et délits vulgaires*. Le roi pourrait le prendre mal de se voir à ce point humilié dans son messager soumis à une telle épreuve.
Je réponds de tout.
RÉGANE.
Mon cœur aurait le droit d'éprouver plus de ressentiment encore, à la vue d'un gentilhomme de ma maison, maltraité, insulté dans l'accomplissement de ses ordres... Mettez-lui les ceps.
(Kent est mis aux ceps^).
Venez, mon bon seigneur. Partons.
{Régane et C or nouailles sortent).
Glocester.
Je suis désolé pour toi, l'ami, mais c'est le bon plaisir du duc qui, tout le monde le sait, ne veut être ni contrarié, ni contredit. J'intercéderai pour toi.
Kent.
Je vous prie de n'en rien faire. J'ai beaucoup veillé et beaucoup voyagé; je dormirai une partie du temps et sifflerai l'autre. La fortune d'un honnête homme ne dépend pas de ses talons. Je vous donne le bonjour. Glocester.
Le duc est blâmable en ceci. La chose sera mal prise.
[Il sort).
Kent.
Bon roi, faut-il que tu justifies le proverbe ; Hors la bénédiction du ciel, on est réduit à la chaleur du soleil 3? Fanal, approche-toi de ce globe inférieur, que je puisse