‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 327 sur 414 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

NORTHUMBERLAND

Je m'en souviens, Warwick, et je le déplore. Par l'âme de mon père, je m'en vengerai sur toi et ta maison! Westmoreland.

Plantagenet, j'aurai de toi, de tes enfants, de tes parents et de tes amis, plus de vies qu'il circulait de gouttes de sang dans les veines de mon père !

N'insiste pas, Warwick, de peur qu'au lieu de parler, je t'envoie un messager qui venge la mort de mon père, avant que je m'éloigne.

Warwick.

Pauvre Clifford! Combien je méprise tes pauvres menaces!

York.

Voulez- vous connaître nos titres à la couronne? Sinon, nos épées videront la querelle.

Le Roi Henry.

Quels titres as-tu donc, traître ! Ton père était, comme toi, duc d'York *. Ton grand-père était Roger Mortimer, comte de March. Je suis le fils de Henry le cinquième qui obligea le Dauphin et les Français à se rendre, s'empara de leurs villes et de leurs provinces.

Warwick.

Ne parle pas de la France, puisque c'est toi qui l'as perdue !

Le Roi Henry.

C'est le lord Protecteur qui l'a perdue, et non moi. Quand je fus couronné je n'avais que neuf mois. Richard.

Vous êtes assez âgé maintenant, et pourtant il me semble que vous perdez toujours. Père, arrachez la couronne de cet usurpateur !

Edouard.

Cher père, faites-le. Mettez-la sur votre tête.

Montague, à York.

Bon frère, si tu aimes et honores les armes, laisse-nous combattre au lieu de demeurer à ergoter ainsi. Richard.

Faites battre le tambour, sonner les trompettes, et le roi se sauvera.

York.

Silence, mes fils.

Le Roi Henry.

Silence toi-même, et laisse parler le roi Henry.

i. Encore une erreur imputable à l'auteur de l'ancienne pièce. Le père de Richard, duc d'York, était comte de Cambridge et n a jamais été duc d'York, puisqu'il fut décapité à une époque ou vivait encore son frère aîné le duc d'York, qui fut tué à la bataille d'Azincourt.

Warwick.

Plantagenet parlera le premier. Lords, écoutez-le. Demeurez silencieux et attentifs aussi; qui l'interrompera cessera de vivre.

Le Roi Henry.

Crois-tu que j'abandonne un trône où se sont assis mon grand-père et mon père? Non. Avant, la guerre dépeuplera mon royaume, et leur étendard, qui a souvent flotté en France, et qui, au grand chagrin de notre cœur, ne flotte plus qu'en Angleterre, me fera un linceul 1 Pourquoi hésitezvous, seigneurs? Mon titre est certain et remonte à plus loin que le sien.

Warwick, Prouve-le Henry et tu seras roi.

Le Roi Henry.

Henry le quatrième obtint la couronne par droit de conquête.

York.

C'est-à-dire en se révoltant contre le roi.

Le Roi Henry.

Je ne sais que répondre. Mes titres sont faibles. Dites-moi, un roi ne peut-il pas adopter un héritier? York.

Eh bien ?

Le Roi Henry.

S'il le peut, je suis alors le roi légitime, car Richard, en présence de nombreux seigneurs, a renoncé à la couronne en faveur de Henry le quatrième dont mon père fut l'héritier, comme je suis l'héritier de mon père. Il s'est révolté contre son souverain, et ce fut par la violence qu'il le fit renoncer à la couronne. Supposez, milords, qu'il ait agi sans contrainte, pensezvous qu'il eût pu nuire aux droits de la couronne?

EXETER

Non. Du moment où il renonçait à la couronne, c'était le plus proche héritier qui devait lui succéder au trône. Le Roi Henry.

Es-tu contre nous, ducd'Exeter?

Exeter.

11 défend son droit, veuillez donc me pardonner.

York.

Pourquoi parlez-vous bas, milords, au lieu de me répondre?

Exeter.

Ma conscience me dit qu'il est le roi légitime.

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