ACTE II, SCÈNE VI
quelles je l'accablerais de mes railleries, ma main gauche la couperait ! Et avec le sang de la blessure j'étoufferais le misérable qui n'a pas pu étancher sa soif avec York et le jeune Rutland I
Warwick.
Il est mort. Coupez la tête du traître et mettez-la à la place de celle de votre père. (A Edouard). Maintenant, allons triomphalement à Londres où nous vous couronnerons roi d'Angleterre. De là, Warwick prendra la mer jusqu'en France et demandera madame Bonne pour en faire une reine. Ainsi tu uniras les deux pays et, quand tu auras la France pour alliée, tu ne redouteras plus tes ennemis dispersés qui espèrent se relever encore. Tu n'as plus à craindre leurs piqûres, mais leurs bourdonnements pourraient offenser tes oreilles. Avant tout je veux te voir couronner, ensuite je m'embarquerai pour la Bretagne afin d'accomplir ce mariage, s'il plaît à mon seigneur.
Edouard.
Que la volonté soit faite, cher Warwick. Je me repose sur toi. Je ne veux tenter g.ucune entreprise sans ton avis et ton consentement. Richard, je te nomme duc de Glocester ; George, duc de Clarence. Warwick, tu seras un autre moimême, faisant et défaisant à ta guise.
Richard.
Que je sois plutôt duc de Clarence et George duc de Glocester. Le duché de Glocester porte malheur ^
C'est une observation sans poids. Richard sera duc de Glocester. Maintenant, à Londres, pour prendre possession de ces honneurs.
{Ils sortent).
i. L'auteur de l'ancienne pièce, où ce passage existe, a dû s'inspirer de la Chronique de Hall où il est dit : « 11 semblait à beaucoup de gens que le nom et le titre de Glocester portaient malheur à ceux qui en étaient revêtus : tels Hugh Spencer; Thomas de Woodstocke, fils du roi Edouard III, le duc Humphrey, etc., etc. ».
FIN DU DEUXIEME ACTE