ACTE III, SCÈNE II
Le Roi Edouard.
Chère veuve, par ma couronne, je te jure que chacune de mes paroles est sincère. Je te suppHe d'être ma maîtresse. C'est plus que je ne puis promettre. Trop humble pour être votre femme, je suis trop fière pour devenir votre concubine *.
Le Roi Edouard.
Veuve, vous cherchez querelle. J'entends faire de vous ma femme.
Lady Grey.
Votre Grâce s'habituerait mal à entendre mes enfants l'appeler leur père.
Le Roi Edouard.
Pas plus qu'à entendre mes filles t'appeler leur mère. Tu
es veuve et tu as des enfants; par la mère de Dieu, moi qui
suis célibataire, j'en ai aussi. C'est une chose heureuse d'être
le père de nombreux fils. Plus un mot, tu seras ma femme.
Glocester, à part.
Le saint père a terminé sa confession.
Clarence, à part.
Il ne s'est improvisé confesseur que par malice.
Le Roi Edouard.
Frères, vous vous demandez ce que nous nous sommes chuchotes à l'oreille ?
Glocester, à part.
La veuve n'est pas satisfaite, elle a l'air triste.
Le Roi Edouard.
Seriez-vous surpris si je la mariais?
Clarence.
Avec qui, milord ?
Avec moi, Clarence.
Cela me procurerait un étonnemént de dix jours.
Clarence.
Un jour de plus que d'ordinaire '.
Glocester.
La surprise serait tellement grande !
Le Roi Edouard.
Plaisantez, frères. Je puis vous dire que j'ai accueilli, sa supplique relativement aux biens de son mari. {Entre un GENTILHOMME).