‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 372 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

telle aversion, vous à qui j'aurais tant voulu plaire, que la crainte et le chagrin mettent des nuages sur ma joie. Le Roi Edouard.

Mon amour, garde-toi de flatter leur hostilité. Quels dangers, quels chagrins peuvent te menacer,, tant qu'Edouard demeurera ton ami fidèle et le véritable souverain auquel ils doivent obéir ? Ils obéiront et t'aimeront, à moins qu'ils veuillent encourir ma haine. Si tel est leur but, je saurai te protéger et leur faire sentir la vengeance de ma colère. Glocester, à part.

N'en parlons plus, mais pensons-y.

{Entre un MESSAGER).

Le Ro[ Edouard.

Quelles lettres, messager, et quelles nouvelles nous apportes-tu de France ?

Le Messager.

Je n'apporte pas de lettres, mon souverain ; seulement des mots que je répéterai si vous vous engagez à me les pardonner.

Le Roi Edouard.

Parle, nous te pardonnons. Sois bref, et dis-moi leur réponse aussi textuellement que possible. Quelle est la réponse du roi Louis à nos lettres ?

Le Messager.

Quand il m'a congédié, voici quelles ont été ses paroles : Va dire au faux Edouard, ton roi supposé, que Louis lui enverra des masques pour danser avec lui et sa nouvelle épouse. Le Roi Edouard.

Louis est-il donc si brave ? Il me confond avec Henry. Qu'a dit dame Bonne de mon mariage ?

Le Messager, Voici quelles ont été ses paroles exprimées avec dédain : Dis-lui que dans Vespoir où je suis qu'il deviendra bientôt veuf, je porterai une guirlande de saule à son intention. Je ne l'oublierai pas, elle ne pouvait dire moins. C'est elle qui a été offensée. Qu'a dit la femme de Henry? Car il paraît qu'elle assistait à l'entrevue.

Le Messager. , Dis-lui, a-t-elle ajouté, que je quitte mes habits de deuil et suis prête à revêtir l'armure.

Le Roi Edouard.

Elle aime à jouer les amazones! Et qu'a dit Warwick devant l'affront ?

Le Messager.

Plus furieux contre votre Majesté que tous les autres, il m'a chargé de vous répéter ces mots : Ajoute que pour fou-

traçie qu'il m'a infligé je le détrônerai avant qu'il soit longtemps.

Le Roi Edouard.

Le traître a osé prononcer de pareilles paroles? Bien. Je prendrai mes précautions, puisque je suis averti. Ils auront la guerre et me paieront leurs insolences. Mais, dis-moi, Warwick serait-il bien avec Marguerite?

Le Messager.

Oui, gracieux souverain. Ils sont tellement unis d'amitié que le jeune prince Edouard épouse la lîUe de Warwick. Clarence.

Probablement l'aînée. Clarence aura la plus jeune. Sur ce, mon frère le roi, je vous dis adieu. Tenez-vous sur vos gardes, je vais immédiatement demander l'autre fille de Warwick. Je ne dispose pas d'un trône, mais comme mari je puis vous égaler. Que ceux qui m'aiment et qui aiment Warwick me suivent !

{Clarence sort et Somerset le suit).

Glocester, à part.

Je reste. Mes pensées vont plus loin. Ce n'est pas mon amour pour Edouard qui me retient, mais celui que je ressens pour la couronne.

Le Roi Edouard.

Clarence et Somerset passent à Warwick ! Je suis capable de tenir tête à de pires événements ; mais il faut se hâter dans ce cas désespéré. Pembrocke et Stafîord, allez lever des hommes et vous préparer pour la guerre. Ils vont débarquer sans délai, si ce n'est déjà fait. Je vais vous rejoindre immédiatement en personne. [Pembrocke et Stafford sortent). Avant que je parte, Hastings, et vous Montagne, tirez-moi d'un doute. Vous deux, entre tous les autres, tenez de près à Warwick, et par le sang et par alliance. Dites-moi si vous aimez plus Warwick que moi ; s'il en était ainsi, vous iriez le rejoindre. J'aimerais mieux vous voir adversaires que traîtres. Si donc votre intention est de me prêter loyalement obéissance, conflrmez-le par un serment, afin que tout soupçon soit écarté.

MONTAGUE

Dieu est témoin de la fidélité de Montague.

Hastings.

Et que Hastings est dévoué à la cause d'Edouard.

Le Roi Edouard.

Maintenant, frère Richard , voulez-vous demeurer avec nous ?

Glocester.

Oui, en dépit de tous ceux qui se prononceront contre vous.

Le Roi Edouard.

Me voilà sûr de la victoire. Partons, ne perdons pas une

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