‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 379 sur 414 · SOMERSET, LE JEUNE RICHMOND, OXFORD · texte numérisé non relu

SOMERSET, LE JEUNE RICHMOND, OXFORD

MONTAGUE, le LIEUTENANT de la tour,

et des gens de la suite.

Le Roi Henry.

Maître lieutenant, maintenant que Dieu et mes amis ont chassé Edouard du trône, et converti ma captivité en liberté, mes craintes se changent en espérances, et mes chagrins en joies. Quand je serai élargi que te devrai-je? Le Lieutenant.

Des sujets ne peuvent rien réclamer de leurs souverains. Cependant, si je puis vous adresser une humble prière, j'implorerai le pardon de votre Majesté.

Le Roi Henry.

Pourquoi, lieutenant? Pour en avoir bien usé avec moi? Je récompenserai ta sollicitude, elle a fait de ma captivité un plaisir : celui que doivent ressentir les oiseaux en cage, quand après de longs chagrins, ils oublient la perte de leur liberté, aux sons d'une musique intime. C'est d'abord à Dieu, ensuite à toi, Warwick, que je dois ma délivrance. J'en remercie donc, du fond du cœur. Dieu et toi. Il a été l'initiateur et toi l'instrument. Voulant vivre heureux en dépit de la fortune, voulant aussi mener une existence modeste, loin des coups du sort, afin que le peuple de ce pays béni ne soit pas la victime de ma mauvaise étoile, tout en continuant déporter la couronne, mon intention, Warwick, est de remettre le pouvoir entre tes mains. Tu es heureux dans tout ce que tu entreprends.

Warwick.

Votre Grâce a toujours été renommée pour sa vertu; à cette heure, elle fournit de nouvelles preuves de sa sagesse, en cherchant à prévenir la malice du sort, car peu d'hommes sont capables de se conformer à leur destinée I Pourtant dans la décision de votre Grâce une chose est à blâmer : le choix de ma personne, lorsque Clarence est désigné. Clarenge.

Non, Warwick, tu es digne de gouverner, toi à qui le ciel, depuis ta naissance, a adjugé une branche d'olivier et une couronne de laurier, pour être béni en temps de paix, comme

en temps de guerre. Je te donne donc mon libre consentement.

Warwick.

Je choisis Clarence comme unique Protecteur.

Le Roi Henry.

Warwick et Clarence, donnez-moi vos mains; joignez-les et vos cœurs avec elles. Qu'aucune discussion trouble l'Etat. Je vous nomme tous deux Protecteurs de ce pays, tandis que je mènerai une vie tranquille, finirai mes jours dans la dévotion, le repentir de mes péchés et les prières. Warwick.

Que pense Clarence de la détermination de son souverain?

Clarence.

Je consens, si Warwick accorde son consentement, car je me repose sur ta fortune.

Warwick.

Je consens donc, bien qu'avec répugnance. Nous travaillerons ensemble, comme les deux ombres de Henry. Nous le remplacerons, j'entends que nous supporterons le poids du gouvernement, lui en laissant l'honneur et nous réservant les soucis. Maintenant, Clarence, il faut absolument qu'Edouard soit proclamé traître, que ses terres et ses biens soient confisqués.

Clarence.

Comment agir autrement? 11 importe aussi que sa succession soit établie.

Warwick.

Oui et Clarence ne sera pas frustré de sa part.

Le Roi Henry.

Mais avant tout, je vous supplie (puisque je ne commande plus), de faire revenir rapidement de France, Marguerite votre reine et mon fils. Tant que je ne les verrai pas ici, je souffrirai d'un doute et ne jouirai qu'à moitié de ma liberté.

Clarence.

Cela sera fait, mon souverain, avec toute la diligence possible.

Le Roi Henry.

Milord Somerset, quel est ce jeune homme pour qui vous semblez avoir de si tendres soins?

Somerset.

Le jeune Henry, comte de Richmond, mon souverain.

Le Roi Henry.

Avancez, espoir de l'Angleterre {mettant la main sur la tête de Richmond). Si un pouvoir secret suggère la vérité à mon es-

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