ACTE IV, SCÈNE V
prit divinatoire, ce gentil enfant' méritera les bénédictions de notre pays. Ses regards sont pleins d'une majesté pacifique ; sa tête est naturellement conformée pour porter une couronne ; sa main pour tenir un sceptre, et lui-même est appelé à occuper heureusement le trône, à son heure. Veillez sur lui, milords, car il vous fera plus de bien que je vous ai causé de maux.
{Entre un MESSAGER).
Warwick.
Quelles nouvelles, mon ami?
Le Messager.
Edouard a échappé à son frère et, comme nous l'avons appris depuis, cherche un asile en Bourgogne. Warwick.
Mauvaise nouvelle. Comment a-t-il pu se sauver?
Le Messager.
Avec l'aide de Richard, duc de Glocester, et de lord Hastings, qui l'attendaient dans un endroit secret, du côté de la forêt. C'est là qu'ils l'ont enlevé aux chasseurs de l'Evêque, caria chasse était son exercice journalier, Mon frère a négligé ses devoirs. Mais partons d'ici, mon souverain, afin de parer à tout événement.
{Le Roi Hennj, Warwick, Clarence, le lieutenant et les gens de la suite sortent) .
Somerset.
Milord, j'augure mal de cette évasion d'Edouard. Sans aucun doute, la Bourgogne va lui donner des secours et, avant peu, nous aurons des guerres à supporter. Si la prophétie de Henry, relativement aux espérances fondées surlejeune Richmond, a rempli mon cœur de joie, par contre, j'ai le cœur troublé à la pensée de conflits qui peuvent attirer des malheurs sur lui et sur nous. Lord Oxford, pour parer au pis, je suis d'avis de l'envoyer en Bretagne, jusqu'à ce que soit terminé l'orage des guerres civiles.
Oxford.
En effet. Si Edouard rentre en possession de la couronne, il est à redouter que Richmond succombe avec le reste. Somerset.
C'est fatal. Il ira en Bretagne. Venez, et agissons uite.
{Ils sortent).
i. H s'agit de celui qui fut depuis Henry VII, et mit fin à la guerre civile entre les deux Maisons. Henry Vil était le grand-père de la reine Elisabeth.