ACTE V, SCÈNE I
Somerset, Somerset, pour Lancastre !
{Lui et ses troupes entrent dans la ville). Glocester.
Deux hommes portant ton nom, deux ducs de Somerset, ont payé de leurs vies leur opposition à la maison d'York^ Tu seras le troisième, si cette épée triomphe t
(Entre CLXUE^Œ, précédé de tambours et d'oriflammes). Warwick.
Voyez ! Voici George de Glarence qui s'avance avec des forces suffisantes pour livrer bataille à son frère "-. Son zèle pour la bonne cause l'emporte, en dépit de la nature, sur l'amour fraternel. Viens ! Glarence, viens I Warwick t'appelle !
Glarence, enlevant la rose rouge de son chapeau^.
Warwick, sais-tu ce que cela signifie ? Regarde. Je te renvoie mon infamie ! Je ne veux pas ruiner la maison de mon père, qui a prodigué son sang pour en cimenter les pierres, en travaillant à la grandeur de Lancastre. Supposes-tu, Warwick, que Glarence soit assez sauvage, assez grossier, assez dénaturé, pour tourner le fatal instrument de la guerre contre son frère et son roi légitime ? Tu vas objecter que j'y étais engagé par un vœu sacré? Il y aurait plus d'impiété à respecter ce vœu que celui de Jephté quand il sacrifia sa fille ! Je regrette tellement mon oflense que pour bien mériter de mon frère, je me proclame ici ton mortel ennemi, résolu, partout où je te rencontrerai (et je te retrouverai si tu quittes cette ville), à te châtier pour tes mauvais conseils. Orgueilleux Warwick, je te défie et tourne vers mon frère mes joues rougissantes. Pardonne-moi, Edouard. Je veux faire amende honorable. Richard, ne me garde pas rancune de mes fautes ; désormais je ne serai plus inconstant.
1. Edmond, tué à la bataille de Saint-Albans, en 1455 ; Henri, son fils, décapité après la bataille de Hexham, en 1463.