SCENE II
Un champ de bataille près Barnet.
Fanfares. Va et vient de troupes. Entre LE ROI EDOUARD, amenant warwick blessé.
Le Roi Edouard.
Repose ici. Meure avec toi notre effroi, car Warwick a été l'épouvantail qui nous apeurait tous. Maintenant, Montague, fais attention. Je vais te chercher pour que les os de Warwick puissent te tenir compagnie.
{Il sort).
Warwick.
Quelqu'un est-il près d'ici? Viens, ami ou ennemi, et dismoi qui est vainqueur. York ou Warwick ? Pourquoi demander cela? Mon corps mutilé, mon sang, ma faiblesse, mon cœur défaillant, tout prouve que je dois rendre mon corps à la terre, et que ma chute fait de mon ennemi un vainqueur. Ainsi tombe, sous le tranchant de la hache, le cèdre dont les branches abritaient l'aigle princier, sous l'ombre duquel sommeillait le lion rampant, le cèdre dont le sommet dépassait l'astre immense de Jupiter, et qui préservait l'arbrisseau du terrible vent d'hiver ! Ces yeux, sur lesquels s'étend maintenant le voile noir de la mort, ont été aussi perçants que le soleil de midi quand il s'agissait de découvrir les secrètes trahisons du monde. Les rides de mon front,