ACTE V, SCÈNE V
Le Prince.
Je connais mon devoir et vous êtes tous dans votre tort Lascif Edouard, George le parjure, Dick le difforme, je vous le dis, je vaux mieux que vous tous, traîtres! Toi, tu usurpes les droits de mon père et les miens!
Le Roi Edouard, le poignardant.
A toi, image de cette insulteuse !
Glocester.
Tu te débats? A toi cela, pour finir ton agonie! (// le poignarde).
Clarenge.
A toi pour m'avoir appelé parjure ! {Il le poignarde).
Marguerite.
Tuez-moi aussi !
Glocester, s'avançant pour la tuer.
Pardieu ! Je te tuerai !
Le Roi Edouard.
Arrête, Richard, arrête 1 Nous en avons déjà trop fait! Glocester.
Pourquoi vivrait-elle ? Elle remplira le monde de contestations I
Le Roi Edouard.
Elle s'évanouit ! Usez de tous les moyens pour la ramener a elle I
Glocester.
Clarence, excuse-moi auprès du roi, mon frère. Je vais à Londres pour une affaire d'importance. Avant que tous y soyez, tu apprendras des nouvelles.
Clarence.
Lesquelles?
Glocester.
La Tour ! La Tour !
{Il sort).
Marguerite.
Oh Ned! Cher Ned! Parle à ta mère, enfant! Ne peux-tu plus parler? 0 traîtres! Assassins! Ceux qui ont poignardé César n ont pas versé de sang, n'ont pas commis d'offense, n ont pas mérité de blâme, si on compare leur mauvaise action a celle-ci ! César était homme; mon fils n'était, en quelque sorte, qu'un enfant ! Jamais des hommes n'ont épuisé leur fureur sur un enfant! Quel nom leur donner, pire que celui d assassin ? Mon cœur va se briser, si je parle !... Je veux parler pour qu'il se brise! Bouchers, vilains, cannibales sanguinaires! Quelle jolie fieurvous avez prématurément moissonnée! Vous n'avez pas d'enfants, bouchers? Si vous en aviez leur souvenir aurait éveillé en vous des remords! S'il vous en vient, attendez-vous à les voir ainsi fauchés en pleine jeu-
nesse 1 Ah ! ministres de mort, qui avez immolé ce doux prince, mon enfant M...
Le Roi Edouard.
Emmenez-la. S'il le faut, employez la force.
Marguerite.
Ne m'emmenez pas d'ici, expédiez-moi I Perce-moi de ton épée, je te pardonnerai ma mort 1 Quoi ! Tu refuses ? Alors,
fais-le, Glarence.
Glarenge.
Par le ciel, je ne te donnerai pas cette satisfaction I
Marguerite.
Fais-le, bon Glarence, tue-moi I Glarence.
Ne m'as-tu pas entendu jurer? Je ne te tuerai pas.
Marguerite.
Tu as pourtant l'habitude de violer tes serments Autrefois c'était un péché; ce serait de la charité aujourd hui I Quoi ! Tu ne veux pas? Où est le boucher du diable le difforme Richard? Richard, où es-tu? Tu n'es pas ici ? Assassiner e pourtant ta façon de faire l'auinone! Tu n as jamais repoussé ceux qui réclamaient du sang 1 Le Roi Edouard.
J'ai dit qu'on l'emmène 1 Je vous l'ordonne, emmenez-la
d'ici*
Marguerite.
Qu'il advienne de vous et des vôtres ce qu'il est advenu
" P"^^® ^^^llç sort^ emmenée de force).
Le Roi Edouard.
Où est allé Richard?
Glarence.
A Londres, en toute hâte et, je le soupçonne, pour faire un souper sanglant à la Tour.
• Le Roi Edouard.
Quand une idée lui vient, il ^'exécute aussitôt. Parlons d'ici. Que l'on renvoie les simples soldats après les avoir payés et remerciés. Quant à nous, a Londres, afin de voir si notre gentille reine est en bonne santé. J'espère qu elle m a donné un fils. {Us sortent).
1. Johnson fait judiciensement remarquer que la ««f P^^^f "g*]^^ pourrait exciter la reine s'amoindrit au f ™ir que cate i^eme reine à donné à York, prisonnier, pour s essuyer les yeux, un mou choir trempé dans le sang de son nis.