‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 43 sur 414 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

pour vous confier une chose grave. Une division qu'une douille ruse n'a pas encore dévoilée, a éclaté entre Albany et Cornouailles. A l'exemple de tous ceux que leur heureuse étoile a placés sur un trône, ils entretiennent des serviteurs non moins dissimulés qu'eux-mêmes. Ces serviteurs sont les espions du roi de France,; ils le renseignent sur nos projets, notre situation, les difîérends des ducs, la dureté avec laquelle tous deux ont traité le vieux roi, sur des choses plus graves encore dont tous ces faits ne sont peut-être que les symptômes ^ Ce qui est certain, c'est que, de France, vient une armée pour envahir ce royaume en désordre. Forte de notre négligence, elle a secrètement débarqué dans plusieurs de nos meilleurs ports et est sûr le point de déployer ses bannières. Maintenant, voici ce que j'ai à vous dire. Si vous avez confiance en moi, partez vite pour Douvres. Vous y trouverez une personne qui vous remerciera quand vous lui aurez fait un récit fidèle des injures hors nature, affolantes, dont le roi se plaint avec justice. Je suis un gentilhomme de race, d'éducation, et si je vous charge d'une telle mission, c'est en toute connaissance de cause. Le Gentilhomme.

Nous en causerons plus longuement.

Kent.

Non. Pour vous rassurer sur mon extérieur, ouvrez cette bourse et prenez-en le contenu. Si vous voyez Cordélia (ce dont je ne doute pas), montrez-lui cette bague; elle vous dira qui je suis, ce que vous ne savez pas encore. Maudite tempête! Je vais chercher le roi.

Le Gentilhomme.

Donnez-moi la main. Vous n'avez rien de plus à me dire? Kent.

Peu de chose. Le principal est d'agir. Nous allons chercher le roi, vous par ici et moi par là. Le premier qui le trouvera hélera l'autre.

{Ils sortent).

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