ACTE m, SCENE VI
Edgar.
Le démon noir me mord le dos *.
Le Fou.
Fou encore est celui qui se fie à la douceur du loup, aux sabots d'un cheval -, à l'amour d'un enfant, ou au serment d'une putain.
Lear.
C'est décidé, je les mettrai en accusation. {A Edgar) . Viens, assieds-toi là, savant justicier. (Au Fou). Toi, mon docte sire, ici. Maintenant, on va s'occuper de vous, renardes ! Edgar.
Regarde, comme il se tient et comme il lance des coups d'oeil. Voudrais-tu essayer tes yeux, madame 3? Viens sur la rivière, près de moi, Bessy *.
Le Fou.
Son bateau a une voie d'eau Et elle ne peut pas dire Pourquoi elle n'ose pas venir à toi.
Le noir démon hante le pauvre Tom, avec la voix d'un rossignol^. Hopdance crie dans le ventre de Tom, pour avoir deux harengs blancs*'. Ne croasse pas, ange noir, je n'ai rien à te donner à manger.
Kent.
Comment allez-vous, sire? Ne demeurez pas ainsi stupéfait. Voulez-vous vous étendre et vous reposer sur des coussins ?
1. A partir de cette réplique, jusqu'à « juge félon », le passage a été supprimé dans le folio.
2. Le texte porte : horse's health. Mais nous sommes de l'avis de Warburton et de Malone, il faut lire horse's hecls. Le proverbe se trouve dans la collection Ray : « Trust not a horse's heel, nora dog's tooth ».
3. Les commentateurs se sont efforcés en vain d'expliquer cette réplique.
4. Dans une comédie appelée : T}ie longer thou, livest, the more Foole thou art, etc. (Plus tu vis loy-igtemps, plus tues fou). imiinmée à Londres par William How, et ne portant pas de date, se trouve le passage suivant :
Com over the boorne Bessè,
Mij little prctie Bessè,
Com over the boorne, Bessè, to me.
5. Toujours daus le livre de Harsenet, il est dit que a la maîtresse de la maison avait en cage un rossignol que le noir démon tua par dépit ».