‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 78 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

rables, et c'est un roi ! Il a une fille qui rachète la nature humaine de la malédiction qui pèse sur les deux autres. Edgar.

Salut, mon gentilhomme.

Le Gentilhomme.

Dépêchez-Tous, monsieur. Que désirez-vousî

Edgar.

N'avez-vous pas ouï parler d'une bataille aux environs?

Le Gentilhomme.

Rien de plus sur et de plus connu ; il suffit d'en entendre le bruit pour s'en convaincre.

Edgar.

Si c'est un effet de votre complaisance, à combien est l'autre armée?

Le Gentilhomme.

Tout près. Elle s'avance à grands pas. On l'attend d'un moment à l'autre.

Edgar.

Je vous remercie, monsieur. C'est tout.

. Le Gentilhomme.

La reine est ici pour des raisons particulières. Son armée est en marche,

Edgar.

Je vous remercie, monsieur,

{Le Gentilhomme sort).

Dieux toujours bienfaisants, à vous de me faire mourir. Mais ne permettez pas que mon mauvais génie me donne le tentation de la mort avant que vous en ayez décidé 1 Edgar.

Bien prié, monsieur.

Glocester.

Maintenant, mon bon monsieur, qui êtes-vous ?

Edgar.

Le plus pauvre des hommes habitués aux coups de la fortune ! Un être que les chagrins endurés ont rendu pitoyable. Donnez-moi la main, je vous trouverai un abri. Glocester.

Merci de tout cœur. Que la bonté et les bénédictions du ciel soient sur vous !

{Entre L'INTENDANT).

L'Intendant.

La récompense est annoncée. Voilà une heureuse rencontre. Ta tête sans yeux est la première tête sur laquelle j'élèverai ma fortune I... Viens, traître, recommande-toi au ciel... L'épée est tirée qui doit t'expédier !

Glocester.

Va, et que ta main amie ait la force de lui résister. {Edgar couvre Glocester de son corps).

L'Lntendant.

Quoi ! paysan, oserais-tu défendre un traître dont la tète est mise à prix ! Va-t'en ! Si tu ne veux pas que la mauvaise destinée t'atteigne, quitte son bras !

Edgar, prenant un accent paysan.

Je ne le lâcherai point, m'sieu, sans une occasion!

L'Intendant.

Laisse-le, coquin, ou tu es mort !

Non, bon gentilhomme, rompez les rangs * et laissez passer le pauvre monde. Si les forfanteries pouvaient occire, je n'aurais pas vécu une quinzaine. N'approche pas du pauvre homme, détale ou, je t'en avertis, je vais voir si ta caboche est aussi dure que mon bâton ! Je veux être franc avec toi. L'Intendant.

Arrière, fumier !

Edgar.

Je vous casserai les dents, monsieur. Venez, je vais vous montrer un coup.

{Ils se battent. Edgar le frappe. L'Intendant tombe).

L'Intendant.

Drôle, tu m'as tuél... Prends ma bourse, coquin. Si tu

Teux faire fortune, enterre mon corps. Donne les lettres que

tu trouveras sur moi à Edouard, comte de Glocester. Il est

du côté des Bretons. . . 0 mort prématurée !

{Il meurt).

Edgar.

Je le connais. Un officieux coquin, flattant les vices de sa maîtresse, autant que la bassesse le commande ! Glocester.

Est-il mort ?

Edgar.

Asseyez-vous, père. Reposez-vous... Fouillons dans ses poches. Les lettres dont il parle pourront me servir... II est mort. Je ne regrette qu'une chose, c'est que ce soit de ma main... Voyons... Retire-toi, gentille cire... Coutume ne nous en veuille pas... Pour surprendre les secrets de nos ennemis, nous leur déchirons le cœur; déchirer leurs lettres est moins grave. {Lisant) : « Souvenez-vous de vos

i. ... Jo your gait. Vieille expression du Nord. Lors de la dernière rébellion, quand les soldats écossais avaient fini leurs exercices, au lieu de la parade réglementaire, ils s'écriaient : « gang yourgails ». [Note de Steevens).

Nous avons traduit par un à peu près.

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