‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 81 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

exposer aux courroux des vents ^,* au tonnerre effroyable, au terrible entrecroisement des éclairs rapides; à veiller (pauvre sentinelle égarée^) sous ce mince cimier^*? Mon chien, m'eût-il mordue, aurait quand même, par une nuit pareille, couché au coin du feu ! Et tu étais joyeux, pauvre père, de coucher avec des pourceaux, des misérables sans asile, sur un peu de paille pourrie! Hélas! hélas! Il est étonnant que ta raison et ta vie y aient résisté!... Il se réveille... 1 Parlezlui !

Le Médecin, Parlez-lui, madame, ce sera mieux.

CORDÉLIA

Comment se trouve mon royal seigneur? Comment se porte Votre Majesté?

Lear.

C'est mal de m'avoir tiré de mon tombeau... Tu es une âme en béatitude; moi je suis lié sur une roue de feu, et mes larmes brûlent comme du plomb fondu.

CORDÉLIA

Sire, me reconnaissez-vous?

Lear.

Vous êtes un esprit, je le sais. Quand êtes-vous morte?

CORDÉLIA

Encore, encore, toujours insensé !

Le Médecin.

Il est à peine éveillé. Laissons-le seul quelques instants.

Lear.

Où ai-je été? Où suis-je?... Une belle journée!... Je suis étrangement abusé... Je mourrais de pitié à voir les autres ainsi... Je ne sais que dire... Je ne jurerais pas que ce sont mes mains... Voyons. Je sens la piqûre de cette épingle. Si j'étais sûr de ne pas rêver!

CORDÉLIA

Regardez-moi, sire. Levez les mains pour me bénir... Non, sire, il ne faut pas vous agenouiller.

Je t'en prie, ne te moque pas de moi. Je suis un pauvre vieillard de quatre-vingts ans et au delà * qui n'a plus toute

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