FIN DU ROI LEAR
Tragédie historique
Quelques commentateurs ont laissé supposer que la tragédie de Henry V était une des dernières compositions de Shakespeare. C'est une erreur et une erreur facile à démontrer.
La tragédie de Henry V (King Henry V) figure dans les Stationers'books, à la date du 14 août 1600, et fut imprimée dans la même année. Elle fut écrite après la Seconde partie de Henry IV, suivant la promesse que l'auteur en avait faite dans l'épilogue, et tandis que le comte d'Essex était en Irlande. Il suffit pour s'en persuader de relire le chœur du premier acte. Essex alla en Irlande au mois d'avril 1599, et retourna à Londres le 28 septembre de la même année. Donc (à moins que les passages relatifs à Essex aient été insérés après la composition de ladite pièce) elle doit avoir été composée entre avril et septembre 1599.
D'autres commentateurs voudraient avancer cette date de 1599 sous prétexte que Ben Johnson fait allusion à Henry V dans le prologue de sa comédie intitulée: Chaque homme a son humeur, et que cette comédie a été jouée en 1598.
On lit, en effet, dans le prologue de Chaque homme a son humeur, les lignes suivantes que nous empruntons à l'excellente traduction de M. Ernest Lafond, et qui prouvent, une fois de plus, combien les lauriers de Shakespeare empêchaient Ben Johnson de dormir.
« Bien que le besoin de vivre ait créé un grand nombre de « poètes, même parmi ceux que l'art et la nature n'avaient pas « formés pour l'être, cependant le nôtre, malgré cette même « nécessite, n'a pas assez aimé le théâtre pour oser conserver « les mauvaises coutumes du siècle, en sacrifiant son propre « goût et sa juste répugnance à vous montrer l'enfant à peme « sorti de ses langes qui devient tout à coup un homme fait et « atteint bientôt, avec la même barbe et les mêmes vêtements, « la soixantaine et plus; ni à ressusciter, au moyen de trois « épées rouillées et de quelques mots longs d'un pied ou d'un « demi-pied, les longues querelles d'York et de Lancastre; ni a « faire cicatriser une profonde blessure, en une minute, derrière « la scène ».
Mais, les commentateurs en question l'ont oublié, ce prologue de Ben Johnson n'existait pas lors de la première représentation de Chaque homme a son humeur, et c'est seulement en l'année 1616 qu'il fit son apparition dans l'édition folio. Ben Johnson avait eu le temps de ruminer sa jalousie.
Aussi bien, puisque nous en sommes à Ben Johnson, ce n'était
F as la première fois qu'il affirmait ses mauvaises dispositions à égard de Shakespeare qui — entre parenthèses — avait été son bienfaiteur. Dans une vieille comédie intitulée Le Retour du Parnasse (The lieturn from Parnassus), qui n'était pas encore pu-
bliée en 1606, mais semble avoir été écrite en 1602, on trouve le passage suivant :
« Voici notre camarade Shakespeare qui les réduit tous au « silence, oui, même Ben Johnson. Oh ! ce Ben Johnson est un « méchant compère ! Il nous a montré Horace donnant une « pilule aux poètes, mais notre camarade Shakespeare a donné a a Ben Johnson une purge qui lui a permis de montrer son « crédit ».
La pilule avait été administrée aux poètes dans la comédie du Mauvais poète, jouée en 1601, comédie où Ben Johnson cherchait à ridiculiser plusieurs passages de Henry V.
Nous pourrions citer encore La Fern.me silencieuse, où quelques allusions désagréables visent Shakespeare.
La tragédie de Henry V, dans l'édition quarto de 1606, est intitulée : La Chronique historique de Henry, etc.
C'était le titre que l'on donnait à tous les drames historiques de Shakespeare.
Plusieurs Henry V avaient été écrits avant celui de Shakespeare, parmi lesquels un que cite Nash et où jouait le fameux comédien Tarleton. »
PERSONNAGES
Duc DE GLOCESTER, ) , , ^ p„;
DucdeBEDFORD, < frères du Roi.
Duc d'EXETER, oncle du Roi.
Duc dTORK, cousin du Roi.
Comte de SALISBURY.
Comte de WESTMORELAND.
Comte de WARWICK.
L'archevêque de CANTERBURY.
L'évêque d'ELY.
Comte de CAMBRIDGE, \
Lord SCROOP, i conspirateurs.
Sir Thomas GREY, )
Sir Thomas ERPINGHAM, \
GOWER,
FLUELLEN, > officiers de l'armée de Herny.