‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 101 sur 394 · I. Vers 2. — 2. Vers · texte numérisé non relu

I. Vers 2. — 2. Vers

ï54 REMARQUES |

"Ocppa 9épot v^dcç T£ xai aCitouç • où5' à'p' ^(JieXXev ! 'ExTeXéeiv • auTwv yàp dc7:(oX6[X£Ô' d^paôfy-jatv. [Vers 25-27.]

Ce passage se peut appliquer aux mauvais chrétiens, à qui !

Dieu donne des grâces pour les conduire au salut; mais ils '

périssent par leurs propres fautes. j

En effet, après avoir navigué neuf jours, et qu'au dixième ; ils voyoient leur patrie,

Koà §7) JiupT^oXéoviaç eXeucaop-ev, eyYuç idvxaç [vers 3o], |

et que ceux qui portoient les flambeaux étoient déjà proches |

(je crois que c'étoit quelque fanal qui étoit au port d'Ithaque, |

comme il y en avoit en plusieurs endroits), alors Ulysse s'en- j

dormit de fatigue; car il ne quittoit jamais le gouvernail : j

Ah\ yàp 7c65a vrjbç £Va)|i.a)V • oùBé xto à'XXto |

lu)j^ Ixdpwv, ifva 6aaaov ly.ol[i.z^<x. TiaTp^Sa yatav. [Vers 32 et 33.] |

Cela montre que les hommes intelligents font tout eux- j mêmes, et qu'ils ne s'en rapportent point à leurs compagnons. Et il en prit mal à Ulysse de n'avoir pas pu continuer; car ses compagnons s'allèrent imaginer que cette peau étoit sans

doute pleine d'or et d'argent, et ils disoient entre eux : |

'AvOpcjTîO'.ç, 8T£(ji)V T£ 7:6Xiv yatav ixrjxai. [Vers 38 et 39.] i

Il s'en va tout chargé de butin, et nous revenons les mains |

vides ; mais voyons ce qu'Éole lui a donné. î

^Qç Içaaav ^ouXr) tï xa/.r) viX7]<j£V Ixafpwv. [Vers 46.] |

Ils délièrent cette peau, et tous les vents en sortirent aus- j

sitôt : si bien qu'un tourbillon les enleva, tout pleurants, bien j

loin de leur pays. Ulysse, s'étant éveillé, délibéra en lui- j|

même s'il se jetteroit dans la mer, j

"■^H àxltov xXafrjv, xal è'xt i^tootai [jLSX£(r)v. 'AXX' à'xXr]V xai èp-siva • xaXu'j/dciJLEVOç h\ vr/t K£[jj.rjv. [Vers 52-54-]

Les vents les repoussèrent en Eolie, et Ulysse s'en alla chez Eole, prenant avec lui un héraut et un de ses compagnons. Ils le trouvèrent à table avec -sa femme et ses enfants.

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

Ils furent fort surpris de le revoir, et lui en demandoient la cause ; il leur dit d'un ton fort triste :

"Aaadcv [j.' ïxotpol te xaxoi, Tcpb; Toîaf ts S;t:voç

'LyixX\.o<;' àlV à/scjaaOs, cp(Xoi • Suva[jLtç yàp evufxtv....

Ot §' àvEto èysvoVTTo- :raTrip S' ^[jistSsTO pÔio. [Vers 68-71.]

Vous diriez que ces enfants n'osassent parler devant leur père, lequel prit la parole et lui dit :

"Epp' h. Vï^crou Gàauov, ïkiyy^iazs. (^io6vtwv.

Où yiïp [J.OI 0£[XIÇ laxï XO[JLiÇ£|J.£V OÙÔ' dcTlOTlEtXTCStV

'AvBpa Tov, 8$ x£ Geotaiv àTO/Gy;xat [la/.apeaaiv. ■"Epp', eîTsI à'pa Gsoîaiv à3T:£/86(j.£voç t6Ô' îxaveiç. "Qç stîiwv, à7C£7C£[jt.:i;£ B6[j.a)V (3apéa axEvct^^^ovira. [Vers 72-76.]

Tel étoit le respect que les païens portoient aux Dieux, vu qu'ils n'eussent pas voulu assister un homme qui paroissoit ennemi des Dieux, de peur de les offenser. Ulysse s'en alla donc, et au septième jour il arriva au pays des Lestrigons. Pline dit* que c' étoit une ville qui depuis a été appelée Formia, assez près du port de Caiète, aujourd'hui Noie dans la Campanie. Homère nomme la ville de Lamas ; c'étoit le père d'Antiphates, fils de Neptune, d'où est descendue la famille patricienne d'Jilius Lamia. Horace, liv. 3, od. 17.

Ulysse entra dans le port, qui étoit fort propre et fort paisible :

A£uxy] 8' àpiol ya^y^vr;. [Vers 94.]

Il appelle peut-être le calme blanc ^ à cause que l'eau paroît blanche lorsqu'elle n'est point agitée. 11 vit de la fumée assez loin de là, et il envoya deux de ses compagnons pour savoir quel pays c'étoit. Ils treuvèrent la fille d'Antiphates qui alloit puiser de l'eau à une fontaine hors la ville. Elle leur enseigna la maison de son père, qui étoit roi de ce pays-là. Ils y furent, et ils y treuvèrent sa femme, aussi haute qu'une montagne, et ils en eurent peur :

Tr]V ôè yuvaîxa

Eupov 8ar)V x' dpsoç xopuçvjv, xaxà S' è'axuyov aùxr^v [vers 1 1 2 et 1 13] ; T . Livre III, chapitre v.

REMARQUES

et elle fit venir * son mari à la place, lequel leur préparoit un fort mauvais traitement ; car d'abord qu'il les vit, il en prit un pour son souper, et les deux autres s'en coururent de toute leur force vers leur vaisseau. Antiphate appela les autres citoyens, qui vinrent en grand nombre, plus semblables à des géants qu'à des hommes ; et prenant de grosses pierres, ils vinrent fondre sur leurs navires; et alors il tomba dessus une grêle horrible, et il s'éleva un grand fracas d'hommes qui périssoient et de vaisseaux qui se brisoient; et embrochant les hommes comme des poissons, ils se les gardoient pour leur souper. Ulysse, tirant son épée, coupa le câble de son vaisseau, et faisant ramer ses compagnons, s'éloigna au plus vite.

'AaTraaicoç û' le, 7c6vtov ETirjpecpsaç cpuys Tcstpaç Nr)u$ è(j.)^. [Vers i3i et i32.]

Mais tous les autres périrent. Il s'en alla donc bien marri de la perte de ses compagnons, mais bien aise d'avoir évité la mort.

"Aa[JL£Vot l'A GavdcToio, çfXou; ôXéaavTSç Ixafpouç. [Vers i33 et i34-]

Il arriva à l'île JEée, autrement dite île de Circé. Pline dit^ que c'étoit autrefois une île, mais que la mer s'étant retirée, elle avoit été attachée à la terre ferme. Circé étoit fille du Soleil et de Persée, et sœur d'JEetas, roi de Colchos et père de Médée, aussi grande enchanteresse que Circé. Cette ville est dans la Campanie, et les Latins l'appeloient Circes domus. Ulysse demeura deux jours au port de cette île, fort affligé à son ordinaire; et le troisième, prenant sa javeline et son épée, il alla faire la découverte de l'île. Il monta sur un tertre vert, d'où il vit sortir de la fumée au travers des arbres, et il s'en retourna vers son vaisseau pour y envoyer quelquesuns de ses compagnons après le dîner ; et en chemin quelque dieu eut pitié de lui. Il envoya devers lui un grand cerf,

1. Racine avait écrit : « alla quérir. » Au-dessus de ces mots, et sans les effacer, il a mis dans lInterHgne ; « fit venir. »

2, Livre III, chapitre v.

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE. iS;

0^j;i'x£pu)vS qui sortoit d'un bois pour venir boire à un fleuve, car il se sentoit pris de la chaleur du soleil :

Ar] yap [jliv £)(£V [jlIvoç rizkloio. [Vers i6o.]

Il le frappa de sa javeline sur l'épine du dos, et elle entra bien avant. Il tomba sur la poussière en gémissant.

KàS 8' eusor' sv xov(r|(ïi [i.axwv, aTtb 8' ïnxaxo Gu[ji6;. [Vers i63.]

Ulysse retira sa javeline de la plaie, et l'ayant mise à terre, il coupa des branches d'osier, et ayant fait un lien d'une aune de long, il en lia le cerf par les pieds; et il descendit vers son vaisseau, le traînant sur ses épaules, et s'appuyant sur sa javeHne : Car c'étoit, dit-il, une fort puissante bête; et l'ayant jeté devant son vaisseau, il appela ses compagnons^, et leur parla à chacun avec des paroles fort caressantes : Mes amis, nous ne mourrons pas encore cette fois-ci, jusqu'à ce que le jour destiné arrive ; mais, courage ! tandis que nous avons des vivres, ne nous laissons pas mourir de faim.

Ils sortirent sur le rivage % et admirèrent ce beau cerf :

MàXu yàp [x£Ya Orjpfov ^sv.

Auxap Itzû Tap^îrjaav ôpiijxevot oçOaXjjLOtatv [vers i8o et i8i],

ils lavèrent les mains, et se mirent à manger et à boire jusques au soir ; et quand le soleil fut couché, ils s'endormirent sur le rivage. Le matin Ulysse les assembla, et leur dit :

OuB' Zizri àvveîrai [vers 190-192];

et il leur dit qu'il faut de nécessité aller voir en quel pays ils sont.

Toî'utv oï xaTexXcxaOï] (piXov ^Top [vers 198],

î. Vers i58.

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