‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 102 sur 394 · Racine, par inadvertance, a écrit : « son compagnon · texte numérisé non relu

Racine, par inadvertance, a écrit : « son compagnon

3. En tête de la page 120, qui commence ici, Racine a écrit : Circé ; » et il a répété ce mot au haut des deux pages suivantes.

REMARQUES

se souvenant de la barbarie d'Antiphate et du Cyclope ; et ils pleuroient tous amèrement ; mais cela ne servoit de rien :

!\XX' où Y<^p T^iÇ îi^p^^tÇ lyfveTo [jLUpo[xévotiîiv. [Vers 202.]

Il divisa ses compagnons en deux bandes, et il étoit le chef de l'une, et Eurylochus de l'autre. Il jeta le sort de chacun dans un casque, et celui d'Eurylochus vint; il s'en alla donc avec vingt-deux autres, tout en pleurant, et [ils] laissèrent les autres, qui pleuroient aussi de leur côté. Ils treuvèrent la maison de Circé dans un vallon, bien bâtie, et dans un lieu assez éminent, ou bien dans un lieu avantageux. Elle étoit environnée de loups champêtres et de Hons, qu'elle avoit apprivoisés par des breuvages malfaisants. Ces loups et ces lions n'étoient pas des hommes métamorphosés, mais des loups en effet, êpEGTspot^, sauvages, qu'elle avoit rendus privés; et ils ne se ruèrent point sur les gens d'Ulysse, mais ils vinrent audevant d'eux en les caressant de leurs longues queues ; tout de même que des chiens caressent leur maître quand il revient de quelque festin, car il leur apporte d'ordinaire quelques friandises, ainsi ces loups et ces lions les caressoient :

*Qç Stav (5[j.(p\ à'vay.xa xijvsç BafTriGev U^na Safvtoa^ (at£\ ydcp ts cpépei [xsiXfyfjLaTa 6u{ji.oî)) , . "Qç xouç à^^\ Xuxoi •/paT£pti[)VU)(^eç, VjBà Xsovxsç Saîvov [vers 216-219];

et ils eurent peur, voyant de si grosses bêtes. Ils vinrent à la porte de cette déesse aux beaux cheveux, et ils l'entendirent qui chantoit : voyez au 5. livre, p. 52^. Polites, le meilleur et le plus sage des amis d'Ulysse, dit aux autres que c'étoit quelque femme ou quelque déesse qui chantoit, et qu'il falloit appeler au plus vite : ce qu'ils firent; et Circé leur vint ouvrir la porte, et les pria d'entrer. Ils la suivirent tous imprudemment, excepté Eurylochus, qui demeura à la porte, soupçonnant quelque trahison. En effet, d'abord qu'ils

î. Vers 2îi.

2. Ràcine renvoie à la page Sa de son manuscrit (page 98 de ce ■Volume), où il a cité les vers 221-228 du livre X de VOd/ssée, les vers 12-14 li^re VII de VÉnélde^ sur Circé.

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

furent entrés, elle les fit asseoir sur de beaux sièges, et leur fit un mélange de fromage, de farine, de miel frais et de vin, et mêla dans le pain des venins malfaisants, afin qu'ils oubliassent leur pays. Homère, ce semble, ne fait pas mettre le poison de Circé dans les breuvages, mais dans le pain, àveaicys 8s gîx(>) 4>apu.axa Xuyp'*. Ovide, au contraire, qui, au reste, a suivi Homère mot à mot, lui fait mettre ce suc empoisonné dans le breuvage, au [livre] 14. Métam. ^. Homère nomme ici le vin Pramnien, qui étoit encore fameux du temps de Pline ^, et qui naissoit à l'entour de Smyrne, dans l'Asie. Après donc qu'elle leur eut donné à boire, elle '* les frappa d'une baguette, et les renferma dans un toit à cochon ; et ils prirent tous la figure de cochon, la tête, la voix, le corps et le poil. Néanmoins leur esprit étoit toujours ferme et entier comme auparavant :

A'jtàp vouç l'iJLTrsBoç, a)ç xb îrc^poç îcsp. [Vers 240-]

Ceux qui se sont mêlés d'expliquer les fables ont dit que cette métamorphose des compagnons d'Ulysse en cochons signifioit que ces gens-là, s'étant abandonnés au vin et à la bonne chère, étoient devenus comme des cochons. Cependant cela ne revient pas bien au sens d'Homère, qui dit que leur esprit étoit aussi entier qu'auparavant ; car il est bien certain que l'ivrognerie et la crapule gâtent l'esprit tout le premier; et on peut dire des gens qui y sont adonnés que ce sont des cochons sous la figure humaine, au lieu que ceux-ci étoient des hommes sous la figure de cochons. Néanmoins tout le monde l'entend en ce sens-là; et Horace, parlant d'Ulysse :

Sirenum voces et Circes pocula nosti^ Quœ si cum soci'is stultus cupldusque bibisset^ Sub domina meretrice fuisset turpis et excors ^ P'ixisset caiiis immundiiSy vel arnica luto sus ^.

t. Vers 235 et 236.

'1. Vers 273-276.

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