‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 104 sur 394 · Dans le manuscrit : apportée · texte numérisé non relu

Dans le manuscrit : apportée

2. Livre XXV, chapitre x. C'est le chapitre lxxix dans d'autres éditions, où le chapitre iv, cité plus haut, est le viii®.

3. Nous ne trouvons aucun passage des anciens où cela soit dit expressément; mais peut-être l'interprétation que Racine prête à Socrate lui aura-t-elle paru, à lui ou à quelque commentateur, résulter de ce que dit Xénophon au livre I de ses Dits mémorables (chapitre m, § 7) : Ol^ÊoGai S' ï^r\ i7ct(îxdoîTTtov xa"t Tr)V KtpxrjV uç toieîv ToioÛTOiç 7co>.Xoîç SstTT^fÇouaav • Tov Zï 'OBuaaéa 'Ep[JLOu ts ujroOrjfJioauvrj xa\ auTov lyxpai^ Svia..., 8ià Taura où ysvéaôai uv. « Je crois, disait-il en plaisantant, que Circé changeait les hommes en pourceaux par cette abondance de mets qu'elle leur présentait; mais qu'Ulysse avait dû aux conseils de Mercure, et à sa propre tempérance,... de n'avoir pas subi cette métamorphose. >> Sur l'assistance de Mercure, on voit que Socrate est d'accord avec Homère ; mais il ne parle pas, comme lui, de l'herbe moly. Comme antidote contre la grande chère de Circé, il ne reconnaît que la tempérance, donnant à entendre que le poëte dans sa fiction a voulu désigner cette vertu.

J. Racine, vi ii

REMARQUES

Il entre donc chez Circé ; elle le traite comme ses compagnons; mais quand elle lui voit tirer Tépe'e, elle s'écrie, et lui embrassant les genoux, lui dit : Qui êtes-vous qui ne ressentez point la force de ce breuvage que personne n'a jamais pu éviter? N'êtes-vous point cet Ulysse, si adroit, qu9 Mercure m'a toujours prédit devoir venir ici? Mais remettez votre épée, et couchons ensemble, afin que nous ayons plus de confiance l'un à l'autre. Il lui répond qu'il n'en fera rien, jusqu'à ce qu'elle lui jure de ne lui point faire mal ; et alors ils se mettent au lit. Ils sont servis par quatre servantes, qui étoient nées des fontaines, des arbres et des fleuves. L'une couvre les sièges de tapis de pourpre par haut, et par le bas, de lin ; les dossiers étoient revêtus de pourpre, et le reste de lin, pour être plus mollement. L'autre dresse des tables d'argent, et les couvre de vaisselles* d'or. L'autre verse d'un vin excellent dans un vase d'argent, et prépare des coupes d'or; et la dernière apporte de l'eau, et allume du feu sous un trépied ; elle fait chauffer l'eau, et ensuite lave Ulysse, et lui verse doucement cette eau le long de la tête et des épaules,

*'Oçpa (xoi l/c xdcfxaxov 6u|j,o(p6(5pov dXzxo yufwv [vers 363],

afin de soulager la lassitude de ses membres. 0u[AO^Oopov, parce que le travail du corps abat l'esprit. Après qu'on l'a frotté d'huile, on le met à table, et Homère le fait servir selon sa coutume. Mais Ulysse ne vouloit point manger, songeant à d'autres choses, et étant toujours affligé :

^AXX' r)[xr}v àXXocppovéwv. [Vers 374.]

Circé s* en met en peine, et tâche de le rassurer; mais il lui dit : O Circé , quel homme juste et raisonnable voudroit manger avant que de voir sortir ses compagnons de l'état où ils sont? Faites-les-moi voir donc, si vous voulez que je mange. Elle s'en va à l'étable avec sa baguette, et en fait sortir ses compagnons, qui étoient comme des porcs de neuf ans ; et les frottant d'une drogue contraire à la première, le poil de cochons leur tombe, et ils deviennent des hommes,

Page 1