‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 105 sur 394 · I. Il y a bien vaisselles^ au pluriel^ dans le manuscrit · texte numérisé non relu

I. Il y a bien vaisselles^ au pluriel^ dans le manuscrit

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

plus jeunes encore et plus beaux à voir qu'auparavant. Cela se pourroit appliquer à des débauchés, qui, sortant une fois de leurs débauches, sont plus sages que jamais :

Ka\ TîoXb xaXXi'oveç xa\ (xeC^oveç sZaopdcaoOai. [Vers 896.]

Ils se jettent tous au cou d'Ulysse, et se mettent tous à pleurer; toute la maison en retentit, et Circé même en est émue de pitié. Alors elle dit à Ulysse d'aller à son vaisseau, de le tirer à terre, et de mettre leurs provisions et leurs armes dans quelque caverne, et puis de revenir chez elle avec tous ses compagnons. Ulysse lui obéit, et s'en va à son vaisseau, où il ti^euve tout son monde affligé, et désespérant de le revoir. Il décrit la joie qu'ils eurent pour lors, et la compare à la joie que de jeunes veaux ont de revoir leurs mères, qui viennent de paître.

Cette comparaison est fort déhcatement exprimée, car ces mots de veaux et de vaches ne sont point choquants dans le grec*, comme ils le sont en notre langue, qui ne veut presque rien souffrir, et qui ne souffriroit pas qu'on fît des éclogues de vachers, comme Théocrite, ni qu'on parlât du porcher d'Ulysse comme d'un personnage héroïque; mais ces délicatesses sont de véritables foiblesses :

'Qç 8' 8Tav à'ypauXoi îrôpTisç ffispi ^ouç àyzk&.l(x.<; 'EXOoiaaç Iç xdjcpov, It^^* ^oTcicvrjç xoplaiovTai, lïaaai a|ji.a axafpouatv Ivavxfai • ouS' ïxi ay)xo\ "lajo^<s\ àXX' dtSivbv [xuxiûjjisvat ajA^iGiouai Mrjxépaç. [Vers 410-414.]

Ainsi les compagnons d'Ulysse l'embrassèrent en pleurant, et il leur sembloit qu'ils étoient de retour à Ithaque et dans leur logis. Ils lui demandent que sont devenus les autres, et il leur dit qu'ils les viennent voir eux-mêmes buvant et mangeant, après qu'ils auront tiré leur vaisseau à terre. Les autres lui obéissoient ; mais Eurylochus les en détournoit à toute force. On voit par là que quand ces esprits médiocres ont

I . On peut rapprocher ce passage de ce que Racine bien plus tard, en 1693, écrivait à Boileau au sujet d'un endroit de Denys d'Halicarnasse, et de la Neuvième réflexion critique sur Longln,

i64 REMARQUES SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE.

une fois réussi en quelque chose, ils en deviennent fiers, et veulent qu'on croie tout ce qu'ils disent pour des oracles. Aussi Ulysse, tout en colère, le vouloit tuer, quoiqu'il fût son parent; mais les autres l'apaisèrent, et le prièrent de le laisser là tout seul; mais il aima mieux suivre les autres, craignant la colère d'Ulysse*.

I . Les Remarques sur V Odyssée^ comme nous l'avons dit dans la i\^oficc, ne vont pas, dans le manuscrit de Racine, au delà du livre X.

LIVRES ANNOTÉS

NOTICE

Lorsque nous avons donné dans le volume précédent, et au eommencement de celui-ci, quelques courtes notes de Racine, connues sous le nom de Fragments historiques , ses traductions, même celles de sa première jeunesse, ses Remarques sur les Olympiques et sur VOcLyssée, nous n'avons fait que suivre, dans cette édition, l'exemple de nos devanciers, chez qui l'on n'avait pas, ce nous semble, désapprouvé le soin scrupuleux avec lequel ils avaient recueilli jusqu'aux moindres lignes d'une telle plume. Il fallait cependant ou ne pas les imiter, dans la crainte qu'ils n'eussent été plus complets que ne le demandait la curiosité du public, ou, pour être conséquent avec nous-même, ajouter quelque chose à leur travail, en faisant connaître les annotations nombreuses dont Racine a chargé les marges de ses livres; car ce sont là des études analogues à celles que nous venons de rappeler, et intéressantes au même titre et au même degré. Si ce n'est qu'elles ont été écrites, à peu près toutes, non sur des cahiers à part, mais sur les livres mêmes, ces annotations diffèrent peu des Remarques manuscrites sur Homère et sur Pindare. Quant aux fragments de traduction de la Poétique d'Aristote, publiés déjà par Geoffroy et par Aimé- Martin , ils sont réellement, comme nous l'avons dit, des notes marginales. Au surplus, nous savions que M. Gail et M. Félix Ravaisson ayant chacun de leur côté, et en différents temps, publié des notes de Racine sur les tragiques grecs , un très-bon accueil avait été fait à ces publications ; et qu'on avait aussi jugé intéressant le travail, beaucoup plus étendu, mais malheureusement bien moins exact, de M. de la Rochefoucauld, dont les Études littéraires et morales ne sont pour la plupart qu'un recueil des annotations marginales de Racine. Nous avions donc quelque raison de croire que, dans une édition complète des OEuvres de Racine, bien des personnes eussent regretté de ne pas trouver ce qui avait paru ailleurs digne d'attention, et, jusqu'ici, n'avait été donné tantôt que très-partiellement, tantôt sans ordre, sans preuve d'authenticité , sans indication des sources, et avec de très-graves altérations.

Ce que nous avons déjà eu l'occasion de dire des fortes études de Racine, et des habitudes laborieuses qu'il eut si jeune, devient plus incontestable et plus frappant encore lorsqu'on a passé en revue, comme nous mettons le lecteur à même de le faire, ceux des Hvres annotés par lui dont nous avons pu avoir connaissance. Indépendamment de cette valeur, comme renseignement biographique, les notes de Racine peuvent être lues avec plaisir et profit. Non-seulement elles nous donnent un exemple d'une excellente méthode de travail ; mais s'il y en a bon nombre qui, prises isolément, sont nécessaire-

LIVRES ANNOTÉS

ment insignifiantes dans leur brièveté, il y en a beaucoup aussi de remarquables par la finesse, par la justesse des jugements, ou par le bonheur de l'expression.

Aux personnes qui ne trouveraient pas suffisamment justifiée par ces raisons la grande place donnée ici à de simples notes qui n'avaient pas été écrites pour être publiées, nous en soumettrons une autre qui ne nous semble pas sans force. Ces mêmes notes ayant déjà été publiées dans un livre assez répandu, où elles sont reproduites inexactement, et présentées dans un ordre arbitraire qui en change le sens et la valeur, il importait de couper court à des erreurs sur des travaux, quels qu'ils soient, de Racine; et si elles devaient être rectifiées quelque part, c'est assurément dans une édition de ses œuvres qu'on s'est efforcé d'établir suivant les règles d'une sévère critique. Nous avons tout à l'heure nommé l'ouvrage de M. de la Rochefoucauld Liancourt, intitulé : Études littéraires et morales de Racine. Dans une note que l'on trouvera à la page 20 5 de notre tome V, nous avons dit que nous expliquerions ailleurs avec quelque détail les raisons que nous avions eues de ne pas faire usage des renseignements que nous offrait ce livre. Ces explications que nous avions promises ont ici leur place.

Dans la Seconde partie du livre de M. de la Rochefoucauld, qui porte le titre d'Études morales, on trouve, de la page 12 à la page 90 une suite de pensées détachées, dont chacune porte un numéro d'ordre ; elles ont été partagées en dix sections, composées chacune de cent numéros. Le lecteur se trouve induit à croire que ces pensées, dont les unes sont exprimées en latin, les autres en français , avaient été écrites dans ce même ordre par Racine , soit dans des cahiers, soit sur des feuilles volantes que l'éditeur aurait eues sous les yeux. M. de la Rochefoucauld dit, à la page 3, qu'il a recueilli a sur les nombreuses feuilles volantes qui ont été employées par Racine à son instruction, les observations morales qu'il a faites, les sentiments de piété qu'il a émis. » Voici réellement ce qui en est, ce que nous a fait reconnaître un examen attentif de ces Études morales. Presque toutes les phrases détachées dont elles se composent ont été recueillies sur les marges des différents volumes annotés par Racine ; quelques-unes ont été tirées des feuillets manuscrits {Remarques sur Athalie y Extrait des difficultés ^ Extrait des Alnetatise quœstiones, etc.), dont nous nous sommes occupé dans notre tome V; il y en a aussi qui ont été prises AdiïLsXes Remarques manuscrites jur Pindare et sur Homère. Non-seulement M. de la Rochefoucauld ne dit point où il a trouvé ces fragments, mais il ne met pas même les uns à la suite des autres ceux qui appartiennent à un même volume annoté, ou à un même cahier manuscrit : il les donne pêle-mêle , le sacré à côlé du profane , une note sur un prosateur latin à côté d'une note sur un poëte grec, un verset de la Bible, immédiatement après une pensée de Plutarque, une phrase extraite des écrits polémiques d'Arnauld , à la suite de l'explication d'un passage de Pindare. Au milieu de ces rapprochements bizarres, il s'en est, par un effet du hasard, rencontré quelques-uns d'assez piquants, où quelques personnes ont cru découvrir une intention remarquable de Racine. Aux notes de celui-ci, des phrases latines tirées des textes commentés par lui sont mêlées par M. de la Rochefoucauld j et l'on ne

I . Nous citons d'après la seconde impression, Paris, imprimerie de Mme Dondey-Dupré, i856.

NOTICE

sait pourquoi elles se trouvent là. D'autres phrases latines, que Racine a citées quelque part, sont accompagnées d'une traduction qu'il n'en a pas donnée ; ou bien encore, pour faire mieux comprendre le sens d'une de ses notes, on y joint un commentaire, un développement qu'on lui attribue, et dont il n'est nullement l'auteur. Veut-on un exemple? Dans la section m des Etudes morales, sous les numéros 57, 58 et Sg, on lit : « La leçon de Chiron au jeune Achille est d'honorer les Dieux et son père. — N'est-ce point de même que dans la religion du Christ? — Deum cole, parentes honora. » Cela est tiré des notes marginales de Racine sur la vi*" Pjthique , qui sont données par nous ci-après. Racine, comme on le verra, a seulement écrit : a Leçon de Chiron au jeune Achille : Honora Deum et parentes ; » et en tête de la page où est cette note : Deum cole, parentes honora. Il pensait évidemment à un rapprochement avec les livres saints; mais il l'a sous-entendu. Il serait facile de signaler, dans un bien grand nombre d'autres passages, de semblables additions, ou des retranchements, enfin des altérations de toutes sortes, soit qu'on ait prétendu éclaircir ce que Racine a écrit, soit qu'on ait cru utile de le rajeunir, soit qu'on ait, par distraction, laissé passer, dans la transcription, les plus singulières erreurs. Et lors même que tout eût été copié plus fidèlement, il aurait été impossible encore que toutes ces phrases, prises on ne sait où, et se suivant dans un ordre si arbitraire, ou plulôt dans un tel désordre, ne donnassent pas une idée très-fausse de ces Études de Racine. Ainsi que veulent dire ces phrases italiennes, qui dans la section x sont rangées, les unes après les autres, sous les numéros 24 et suivants jusqu'à 3o? Pourrait-on y deviner une citation faite par Racine du livre de Balthasar Castiglione, à la marge du traité de Plutarque de Adulatore et Aniico? C'est également dans les notes sur Plutarque que M, de la Rochefoucauld a rencontré cette phrase (numéros 6 et 7 de la section v) : « Les Romains parloient du cœur, — et les Grecs des lèvres; » sur laquelle il dit dans une note : a On est étonné de trouver ce mot sous la plume de Racine, etc., » donnant par là un exemple des méprises auxquelles il exposait non-seulement ses lecteurs, mais lui-même tout le premier, au milieu de cet étrange farrago de fragments, dont il n'indique pas, dont il avait oublié l'origine. Un mot de Caton l'ancien , cité par Plutarque dans la Fie de ce vieux Romain, et dont Racine s'est borné à donner une traduction à la marge, devient une pensée qui lui est propre, dont il est responsable , et que l'on regarde comme un inexplicable blasphème du poêle redevable aux Grecs de tant de belles inspirations.

A la suite des Etudes morales on trouve, dans la même Seconde partie^ une Etude sur le commencement de Vhistoire de France^ et des Études sur le règne de Louis XIF. Ceux qui auront la curiosité de comparer ces pages avec la partie correspondante des Fragments historiques dans notre tome V, compléteront l'idée qu'il faut se faire du parti que M. de la Rochefoucauld Liancourt a tiré des papiers de Racine. Dans les Études sur le règne de Louis XIV ^ nous avons remarqué, à la page iSq, ce passage : « M. de Luxembourg étoit quelque chose de plus qu'humain, volant partout, et même s'opiniâtrant à continuer les attaques, etc. m II se trouve mot à mot dans la lettre de Racine à Boileau en date du 6 août lôgS. Et même ce n'est pas tout à fait le texte exact de la lettre autographe, mais celui que les éditeurs de Racine ont un peu arrangé. Comment s'est-il ainsi glissé parmi les notes manuscrites et inédites de Racine?

LIVRES ANNOTÉS

La conclusion à tirer de tout cela, c'est que M. de la Rochefoucauld avait en différents temps pris des notes, souvent peu exactes sans doute, sur les manuscrits de son auteur, sur les livres annotés par lui, et même sur ses œuvres imprimées, sans bien savoir ce qu'il en ferait ; qu'il y avait mêlé çà et là quelques réflexions ou explications qui n'appartiennent qu'à lui-même; et que beaucoup plus tard, sans pouvoir remettre de l'ordre dans ces notes éparses, et sans retrouver dans son souvenir d'où il avait tiré chacune d'elles, il les a rassemblées suivant un classement arbitraire, lorsqu'il a voulu les publier. Lui-même, dans sa parfaite sincérité, en faisait l'aveu. Nous avons sous les yeux une lettre qu'il écrivait à une personne fort instruite qui lui avait soumis quelques doutes et quelques objections. « Ma méthode, dit-il, n'était pas bonne. Je copiais et voilà tout. Je copiais le plus souvent des copies, et j'entassais tout pêle-mêle dans des cahiers d'écolier. » Nous eussions voulu ne pas nous croire obligé de critiquer le travail entrepris, dans une excellente pensée, par un homme à qui beaucoup de respect est dû; mais il fallait bien dire pourquoi l'on trouvera si souvent le texte que nous donnons en désaccord avec celui de M. de la Rochefoucauld, et surtout pourquoi nous n'avons pu lui emprunter quelques parties de son travail dans lesquelles nous avons remarqué un petit nombre de notes qui ont échappé à nos recherches, et qu'il avait, à ce qu'il semble , recueillies dans des feuilles manuscrites ou sur les marges de livres que nous n'avons pas eus, comme lui, sous les yeux.

Nous n'avons parlé que de la Seconde partie du livre de M. de la Rochefoucauld. Dans la Première partie, intitulée : Études littéraires, se trouvent les Etudes de Racine sur /'Iliade, et les Etudes sur les Tragédies grecques. C'est un travail qui donnerait lieu à beaucoup moins de critiques. Les notes de Racine y ont été laissées à leur place, et, par conséquent, y sont bien plus faciles à comprendre ; malheureusement elles n'ont pas beaucoup plus échappé, que celles de la Seconde partie, aux altérations, aux retouches.

En recueillant les notes marginales des livres de Racine, il ne nous a été ni possible de pousser le scrupule jusqu'à transcrire le moindre mot, ni facile de décider quels retranchements seraient sans inconvénient. Bien des personnes sont disposées à dire que, si l'on a pris sur soi de supprimer quelque chose, rien ne prouve que ce ne soit pas bien souvent ce qui, au jugement d'un autre, eût offert quelque intérêt. C'est une raison pour être circonspect, jusqu'à la timidité, dans les suppressions, mais non cependant pour aller chercher sur les marges des livres annotés un nom propre, traduit du texte, un petit mot servant à marquer seulement de quoi l'auteur parle, un intitulé de chapitre. On verra que nous avons été bien loin encore dans notre exactitude. Non-seulement nous avons conservé avec fidélité toutes les observations critiques de Racine, mais encore, dans tout ce qui n'est que traduction, paraphrase ou résumé du texte, les notes qui peuvent indiquer ce qui l'a particuUèrement frappé dans ses lectures, celles où l'on peut chercher sa manière de s'exprimer en quelque temps de sa vie que ce soit. Parmi ses annotations, on en trouvera de fort curieuses, dont les unes attestent avec quel goût délicat, avec quelle vivacité il sentait les beautés des anciens, et les autres quelles pensées, quels sentiments, quels souvenirs d'événements, de personnages ou d'idées modernes, le préoccupaient au moment où il s'appliquait à ces études. Il en est cependant qui, nous l'avons déjà dit, paraîtront, si l'on ne s'attache pas à l'ensemble du travail, très-peu significatives. Racine, la plupart du temps, ne songeait qu'à rendre

NOTICE

par ce travail les livres de sa bibliothèque commodes pour son propre usage, à fixer son attention sur ses lectures, à se préparer des répertoires utiles d'idées, de connaissances, et de lieux communs. La manière dont en général il annotait les volumes de ses auteurs ne lui était d'ailleurs pas particulière. Des hommes studieux ont souvent chargé les marges de leurs livres de notes manuscrites du même genre. Il 'y en a aussi d'imprimées, dont il avait pu rencontrer plus d'un exemple sur les marges de quelques ouvrages. Le Plutarque traduit par Amyot en a qu'il peut être intéressant de comparer à celles de Racine sur le même auteur. L'édition d'Homère donnée à Baie en i567 est enrichie d'un semblable travail, que le titre annonce : Homeri opéra grseco' latina,... locis communibus ubique in margine notatis.

Nous faisons précéder les études de Racine sur chacun des livres annotés par de petites notices, pour lesquelles nous réservons ce qu'il y a particulièrement à en dire.

Si l'écriture de Racine, un peu différente en différents temps de sa vie, les changements dans son orthographe, les progrès dans son jugement critique ou dans son style, avaient suffi pour nous faire reconnaître la date plus ou moins ancienne de ces études, nous les aurions classées suivant l'ordre des temps auxquels elles eussent paru se rapporter; mais les moyens d'arriver à ce discernement ne nous ont point paru assez sûrs : nous avons donc adopté un autre ordre, dont on comprendra facilement les raisons, et qui a aussi son avantage.

La bibliothèque de Racine, qui était sans aucun doute très-nombreuse, s'est naturellement dispersée de bien des côtés. Beaucoup de ses livres annotés se trouvent à la Bibliothèque impériale et à la Bibliothèque de Toulouse ; mais il y en a aussi dans plus d'une bibliothèque particulière. De quelques-uns de ceux-ci nous avons pu retrouver la trace, et ils nous ont été communiqués avec une obligeance dont nous sommes très-reconnaissant. D'autres nécessairement nous sont restés inconnus ; ou, si nous savons qu'ils existent, nous ignorons quels en sont aujourd'hui les possesseurs ; nous aurons ci-après à mentionner quelques-uns de ceux-là. Un travail tel que celui que nous avons entrepris est toujours condamné à être incomplet. Du reste, les notes que nous avons pu recueillir paraîtront bien suffisantes pour se former une juste idée de la direction que Racine donnait à ses études et à ses lectures.

Elles font connaître en même temps une partie de sa bibliothèque, sur laquelle il ne sera peut-être pas inopportun d'ajouter ici quelques autres renseignements, sans avoir la prétention de la reconstituer dans son ensemble. Outre les livres annotés par Racine, il s'est conservé un certain nombre de volumes qui portent seulement sa signature. Nous allons dire, autant que nous l'avons pu savoir, ceux qui sont signalés dans divers catalogues; nous supprimerons seulement ici, pour éviter les répétitions, la mention de ceux dont nous avons recueilli les notes manuscrites, et de ceux dont nous parlons dans les notices particulières sur ces volumes annotés. C'est là qu'on pourra chercher quels exemplaires, à notre connaissance, Racine a possédés de la Bible, d'Homère, de Pindare, des tragiques grecs, de Platon, d'Aristote^ de Plutarque, de Lucien, d'Horace, de Cicéron, de Tite-Live, de Tacite, de Quintilien, des deux Plines, de Quinte-Curce , de l'historien moderne Jean de la Barde.

Le Quérard, Archives cThistoire littéraire^ etc., deuxième année^ Paris,

i856 (p. 394-396), a donné, sous le titre de Bibliothèque de Racine , la liste suivante de ses livres :

Aristophane y a la Bibliothèque impériale ' .

Idem. Paris, i54o, in-folio, porté au Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur [M. Renouard)^ 1819, tome II, p. 21 3. (Cet exemplaire a des notes sur trois comédies 2.)

Idem. Leyde, lôiS, in-12. Catalogue Sensier, n°6i3. Exemplaire, avec la signature de Racine, et quelques notes grecques qui lui sont attribuées.

Bixi [Jacques de Bie) Numismata imperatorum Romanorum. Anvers, 16 17, in-folio (avec signature). Catalogue G. Duplessis, n" i34i.

Bossuet. Discours sur l'histoire universelle. Paris, 1681, in-4'' (avec notes marginales). Catalogue J. L, D. (Merlin, l834), n° 1952.

Callimachus. Anvers, Plantiu , i584, in- 16 (avec signature). Catalogue Lefèvre d'AUerange, n° 5 16.

Charron. La Sagesse. Elzevir, 1662 (avec signature). Catalogue Renouard, 1829, n° 1395.

Claudianus. Elzevir, i65o (avec signature) . Catalogue Guillaume de Besançon, n" 274.

DemostheneSj grsece. V&r'is^ i570, in-folio (avec notes nombreuses). Catalogue Aimé-Martin, n° 323 ^,

Excerpta ex tragœdiis et comœdiis grsecis, emendata et latinis versibus reddita ab //. Grotio , 1 626, in-4° (avec signature et notes sur plusieurs feuillets). Catalogue d'un amateur [Renouard), tome II, p. 195.

Hesiodus . Leyde, i65o (avec signature et notes). Il a été vendu à Londres, dans une des ventes que M. Renouard y fit faire.

Josèphe. Histoire des Juifs, traduite par Arnauld d'Andillj, 1676. Exemplaire dont le tome II porte la signature de Racine. Catalogue Montaran, n° 18.

1 . Le Quérard, qui d'ordinaire désigne les éditions , ne donne ici aucune indication; or nous avons en vain cherché à la Bibliothèque impériale un Aristophane portant la signature de Racine. Nous y avons trouvé divers exemplaii'cs du comique grec chargés de notes manuscrites. Il y en a un sur les marges duquel on trouve beaucoup de ces notes écrites en grec, et qui sont de différentes mains. Un petit nombre d'entre elles, une par exemple qui est à la première page, nous a rappelé l'écriture grecque de Racine, mais non avec certitude. Cet exemplaire a pour titre : Aristophanis Jacetissimi Comœdise undecim. Ex officina Plantiniana, npud Christophorum Raphelengium ^ Academise Lugduno-Batav. tjpographum . M.DC.

2. Il est ainsi désigné dans ce Catalogue : « Aristophanis Jacetissimi Co'mœdiae undecim , grsece , Parisiis , Wechel, i54o, in-4'', f« ancien. Avec notes de la main de Jean Racine sur toutes les marges de Plutus, sur la plus grande partie de la pièce des Nuées, et sur dix feuillets de Ecclesiazusse, » — Dans le Catalogue Renouard (2® édition, Paris, L. Potier, etc., i854, n° 1048), le nom du libraire, Wechel, est suivi des dates i537-i54o, et la description se termine par ces mots : « Avec la signature de J. Racine sur le titre, et de nombreuses notes de sa main. Elles sont de la belle écriture du temps de sa jeunesse. »

3. Au numéro indiqué ici, le catalogue de la bibliothèque de M. Aimé- Martin (Paris, chez Techener, 1847) décrit en effet ce volume. On y lit : « Il [Racine) paraîtrait, d'après une note de quatre pages, qui se trouve à la page 37, donner des instructions pour une édition de Démosthène. »

NOTICE

Martial, 1644, iii-12 (avec signature). Catalogue Debure, i8.53, n° 537. Morus, r Utopie, traduite par Sorbier e, i643 (avec signature). Même catalogue, n° 537.

DivïPaulini opéra. Anvers, Plantin, 1622, in-8<» (avec signature). Catalogue van Hulthem, n° 992.

Régnier. Elzevir, 1642 (avec signature et notes). Catalogue Aimé-Martin, n° 434».

Sallustius, i665, in-24 (avec signature). Vente J. L. D.

Scholae Salernitame de conservanda valetudine opusculum. Paris, i555, in-i6 (avec signature et quelques notes). Catalogue Parison, n" 495.

Sainte Thérèse. Traité du chemin de la perfection, traduit par Arnanld d'Andiily. Paris, 1659, in-8° (avec signature). Catalogue Feyrrat, 1844, n°67.

Xenophontis opéra, Paris, 1625, in-folio (avec signature). Catalogue de M. Tross, i852.

A ces indications, tirées du Quérard, nous pouvons en joindre quelques autres.

Nous trouvons dans le Catalogue Villenave, Paris, chez Charavay, i85o, sous le numéro 940 : Nouvelle méthode pour apprendre facilement et en peu de temps la langue espagnole, i vol. in- 18, relié en veau (avec signature de Racine sur le titre) .

Dans un autre Catalogue de la bibliothèque de M. Villenave, Paris, Chimot, 1848, sous le numéro 548: OEuvres de Scarron, suivant la copie imprimée a Paris, Elzevir, à la Sphère, 1668, petit in-12, 2 part,, relié en veau brun (avec signature de Racine sur le titre).

La Fie de Salomon, par Vabbé de Choisy, Paris, 1687, in-8°, avec des notes manuscrites de Racine, a été achetée en i855 par M. Chauveau fils, qui ignore dans quelles mains cet exemplaire se trouve aujourd'hui, après plusieurs ventes successives. Nous tenons de M. Chauveau que les notes de ce volume ont quelque étendue. M. Edouard Fournier {Notes de Racine a Uzès, p. io3) en signale plusieurs, celles des pages 5, 7, 8, i5, 17 et 28, comme étant d'un caractère assez différent de celui qu'on pourrait supposer à la date où elles ont été écrites, et où Racine était dans de grands sentiments de piété; mais comme il n'en cite pas le texte , il ne met pas ses lecteurs à même d'en juger.

Nous avons sous les yeux une Notice de livres contenant des notes manuscrites de Jean Racine et de ses deux fils, Jean-Baptiste et Louis Racine. Elle a été extraite du Bulletin universel des sciences et de l'industrie, vn° section, 2' cahier, i825, art. 229. Les ouvrages qui y sont mentionnés avaient passé par héritage entre les mains de Mlle des Radrets, petite-fille de Louis Racine. Voici quels sont ceux qui, d'après cette Notice^ avaient appartenu à Jean Racine :

C. Sallustius Crispus cum veterum historicorum fragmentis^ editio novissima. Amstelodami..., 1669 avec le nom de Racine, et des notes marginales? les unes du grand poète, les autres de son fils aîné.

1 . Le Catalogue Aimé-Martin, qui décrit en effet, sous le numéro 434, cet exemplaire de Régnier (petit in-12, v. f.), ne parle point de notes de Racine, mais seulement de « plusieurs corrections de sa main. »

2. Dans le Catalqgue de M. L. D. (Merlin, i834), il est dit que ce même

LIVRES ANNOTÉS

Collecta divi Gregorii Nazianzeni plurima poemata^ in latinum conversa^ etc. Parisiis, apud J. B. Brocas, 1718. Jean Racine a écrit des notes marginales sur le texte, des remarques grammaticales à la fin de l'ouvrage, et sur les feuilles blanches qui précèdent le titre, une Liste des bons dictionnaires ^ pour bien apprécier la langue grecque.

Discours sur V histoire universelle^ par Bossuet, Paris, Seb. Mabre Cramoisy, 168 1, in-8°, avec des notes marginales de Jean B.acine et de Mlle des Radrets' .

Dans les Archives historiques et statistiques du département du Rhône (tome VII, Lyon et Paris, 1827), une lettre signée Parelle fait connaître (p. 32 et 33) , comme étant alors en la possession du signataire, les livres suivants :

Le Sulpice Sévère de Racine, i574, in-12. « Les deux livres d'histoire (de V Histoire sacrée)^ dit M. Parelle, sont annotés en latin, depuis la première jusqu'à la dernière page. L'historien y est souvent rectifié, et l'autorité de Jansénius fréquemment invoquée. »

Une des éditions originales de Boileau^ Paris, 1674, in-4° : volume a ayant appartenu à Racine, qui a transcrit, en marge des satires, les passages d'Horace, de Perse et de Juvénal, imités par Boileau. »

Un Abrégé de la Grammaire grecque de Port-Royal, Paris, i655, in-8° : a au commencement et à la fin duquel se trouve un supplément relatif à la syntaxe et à la ponctuation, formant cinquante pages environ, écrites entièrement de la main de Racine. »

lies Sentences de P. Sjrus j grecques-latines, Paris, 1612, in-8°, avec deux lignes seulement de Racine à la page 4.

M. Feuillet de Couches, dans ses Causeries d'un curieux, parle de plusieurs volumes annotés par Racine, entre autres (à la page 5i8 de son tome III) d'un Platon , qui est vraisemblablement celui que l'on conserve à la Bibliothèque impériale, et dont on trouvera les notes ci-après. Parmi les livres qu'il nomme, il y en a que lui seul nous a fait connaître. « J'ai vu, dit-il (à la page 519 du même tome), deux volumes des Essais de Nicole et un Antoine Arnauld [M. Feuillet de Conches ne désigne pas autrement ce dernier ouvragé), chargés, aux marges, de notes du grand Racine. Ces notes, fort nombreuses et d'une écriture très-menue, m'ont semblé avoir été rédigées pour l'éducation de ses filles, car leur nom y était glissé. J'ai eu également sous les yeux un certain nombre d'autres livres..., annotés de sa main. Un Dexter^ était noirci de ses notes critiques, à côté d'un Davila^ commenté de sa plume.

exemplaire (i vol. in-24, veau brun) est de i665. Il y a probablement une erreur dans l'un et dans l'autre catalogue. Cette édition est de 1667, d'après la Liste chronologique des éditions de Salluste que Dotteville a donnée en 1 763, à la fin de sa traduction de cet historien.

1. C'est probablement le même exemplaire, mentionné dans le Quérard: voyez ci-dessus, p. 172.

2. La Chronique de Dexter, imprimée plusieurs fois au commencement du dix-septième siècle, est regardée comme apocryphe.

3. Son Histoire [Storia délie guerre civili di Francia) fut publiée pour la première fois à Venise, en i63o, in-4°. Au temps de Racine, les éditions de ce livre étaient déjà très-nombreuses^

NOTICE

Il y avait aussi des feuillets d'extraits grecs des Pères sacrés, surtout de saint Chrjsostome et de saint Basile ^. »

La Bibliothèque de Toulouse possède une trentaine de volumes qui portent la signature de Racine, et que le Franc de Pompignan avait achetés après la mort du second fils du grand poète. La ville de Toulouse en fit elle-même l'acquisition en 1787, trois ans après la mort de le Franc de Pompignan. M. Pont, aujourd'hui bibliothécaire à Toulouse, nous en a communiqué la liste avec une extrême obligeance. Nous allons transcrire, d'après lui, cette liste, après en avoir retranché, comme nous l'avons fait pour les catalogues déjà cités, les ouvrages qui seront mentionnés dans les notices particulières sur les

Huberti Goltzii Numismata. Bruges, i573-i576, 4 vol. in-folio.

OEuvres de Clément Marot. Lyon, Guillaume Roville, i56i, in- 16.

Epigrammatum grœcorum libri septem (avec les notes de Jean Brodeau). Francfort, 1600, in-folio.

Stephanus Byzantii^ de Urhibus et Populis (gr.-lat.). Amsterdam, 1678, in-folio.

Apollonii Rhodii Argonauticon, libri IF (gr.-lat.). Leyde, Elzevir, 1641, 2 vol. in-8°.

Gisberti Cuperi Apotheosis vel Consecratio Hotneri. Amsterdam, i683, in-4''. Poljbii, Diodori Siculi, Nicolai Damasceni^ etc. Excerpta (gr.-lat.). Paris, l634, in-4°.

Ludovici Wonnii Commentarius in Huberti Goltzii Greeciam, itisulas, etc, Anvers, 1620, in-4''.

Hesiodi quae exstant (gr.). Ex officina Plantiniana Raphelengii, i6o3, 10-4°.

Herodiani Historiarum libri VIII (gr.-lat.). Henri Estienne, i58i, in-4°.

/. Crispini Lexicoii grseco-latinum . Vignon, iSgS, 2 vol. in-4".

Theocriti^ Moschi, Bionis, Simmii quse exstant (gr.-lat.). Ex bibliopolio Commelirùano, 1604, in-4°.

Les volumes annotés par Racine qui sont mentionnés dans la Copie exacte de Vétat des livres que Monsieur Racine (Louis) a remis à la Bibliothèque du Roi, forment la plus grande partie de ceux dont nous donnons ci-après les notes. Nous les avons tous trouvés à la Bibliothèque impériale, à l'exception d'un qui a échappé à nos recherches ; c'est celui qui a pour titre : Veterum Comicorum sententiœ, « avec plusieurs de ses notes à la marge, w dit la Copie exacte.

A la même Bibliothèque impériale, il y a un Pétrone dont nous devons parler, quoiqu'il n'y ait point de preuves suffisantes qu'il ait, comme on le croit, appartenu à Racine. Cet exemplaire a pour titre : Titi Petronii Arbitri.... Satyricon. Parisiis, apud Claudium Audinet.... M.DC.LXXFII^ i vol. in-12. Sur le feuillet de garde, on lit cette note de M. Capperonnier, qui était , au siècle dernier, bibliothécaire à la Bibliothèque du Roi : « Cet exemplaire de Pétrone est infiniment précieux. Les notes marginales sont du grand Racine, et ont été écrites sous sa dictée par un de ses fils, qui a signé au bas du titre. »

I . De ces Extraits nous n'avons trouvé à la Bibliothèque impériale que les derniers, si ce sont bieoi les mêmes qu'a vus M. Feuillet de Conches.

176 LIVRES ANNOTÉS. — NOTICE

Nous avons lu ces notes marginales, qui sont de l'écriture si correcte et si élégante du fils aîné de Racine. Elles sont très-abondantes, très-érudites, plus érudites que ne l'étaient généralement celles de Racine. Quoique l'annotateur n'ait évidemment étudié le livre licencieux de Pétrone qu'avec les plus doctes préoccupations, cependant il a çà et là expliqué quelques passages des plus scabreux avec une singulière crudité d'expression, dont on ne trouverait d'exemple dans aucun des écrits de son père, de quelque date qu'ils soient. Comment pourrait-on se représenter Racine, dans les dernières années de sa vie, non-seulement sortant ainsi de ses habitudes de langage et écrivant de telles énormités, mais les dictant à son fils, à un fils qui, lorsqu'il perdit son père, n'avait pas vingt et un ans? M. Capperonnier aura donc été abusé par quelque tradition, dont on peut s'étonner qu'il n'ait pas reconnu la fausseté. Jean-Baptiste Racine avait-il trouvé ce Pétrone dans la bibliothèque de son père ? Il se peut, mais rien ne l'atteste.

Un bibliophile distingué de la ville de Toulouse, M. le docteur Desbarreaux-Bernard, possède deux ouvrages qui ont appartenu à Racine, un Pline, dont nous parlerons en son lieu, et un exemplaire de l'édition des Poetse grœci gnomici, donnée en iSôp par Crespin [Crispinus), i vol. petit in-12, qui porte la signature de Racine. La reliure est en vélin, avec tranches dorées.

M. Saint-Marc Girardin, dans une note de son édition des OEuvres de Racine, tome I, p. 2i5, nous apprend qu'il a vu « à Hyères, dans la bibliothèque de M. Denys, ancien député, un Pétrarque, où Racine avait noté et traduit quelques expressions. »

Une vente toute récente (i^'' mars 1869 et jours suivants) nous a fait connaître un volume annoté par Racine, qui est ainsi décrit sous le n" 54o5, dans le Catalogue des livres rares composant la bibliothèque de M. Victor Luzarche (Paris, A. Claudin, 1869) : a Relation des troubles arrivez dans la cour de Portugal en Vannée 1667 et en Vannée 1668 (par Blouin de la Piquetierre) , Paris, 1674, in-12, veau fauve. Exemplaire ayant fait partie de la bibliothèque de Jean Racine, avec sa signature et notes autographes. » Le catalogue cite cette note, qui est au bas de la page 169 : « La Reine, en ce temps-là, manda à Mme la duchesse de Vendôme qu'elle se croyoit grosse. Celle-ci envoya la lettre au marquis de Saint-Maurice, afin qu'il mandât la nouvelle en Portugal. » On trouve une note presque semblable dans les Fragments historiques de Racine : voyez notre tome V, p. i63.

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