‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 167 sur 394 · LIVRES ANNOTÉS. — SOPHOCLE · texte numérisé non relu

LIVRES ANNOTÉS. — SOPHOCLE

déplorer son roallieur en présence du Chœur, et en même temps elle lui confie le dessein qu'elle a pris d'envoyer une robe à Hercule.

Vers 544- (npoaÔ£OEY[xai, cp6ptov (oaxs. ) Je reçois cette jeune

captive, comme un matelot reçoit malgré lui une marchandise, une charge dangereuse.

Vers 547-549- (Toidco' 'HpaxX^ç....) Voilà la récompense que je reçois d'Hercule pour avoir demeuré seule dans sa maison, que j'ai gardée si longtemps avec fidélité.

Vers 554-556. ('Opw yàp TjSrjv ) Je vois que ma rivale est en

âge de croître en beauté, et moi en âge de décroître. L'œil des hommes court à l'une, et fuit l'autre.

Vers 557 et 558. (Taur' oOv cpoSoupiat [xr] Tioaiç [j.èv 'HpaxX% 'E[jibç x(zX7]Tai, T^ç vsojxspaç S' dcvyjp.) Je crains bien qu'Hercule ne soit à la vérité mon époux, mais qu'il ne soit le mari de l'autre, i. (c està-dire) son* petit mari. Ildaiç, mari, quand même il seroit séparé de sa femme ; avv^p, quand il demeure avec elle. Ce dernier est tendre, l'autre est un titre seulement. Andromaque dit dans Homère (Iliade, livre XXIV, vers 72 5), en prenant la tête d'Hector : "Avsp, àji aJwvoç véoç wXso * .

Vers 6o5. (Tf )(py] ttoisÎv;...) Scène 2. Lichas sort, pour s'en retourner auprès d'Hercule.

Vers 640. (^Q vaûXo/a xal ;ceTpaTa....) Le Chœur demeure seul ^.

1. Racine avait d'abord écrit mon, puis il a effacé l'/n, et mis une s audessus.

2. Voyez ci-dessus, dans les notes de Racine sur V Iliade ^ p. 2II, une observation semblable sur les mots Tro'ctç et àvyj'p. Là aussi le passage de Sophocle et celui d'Homère ont été comparés.

3. Après ce vers Racine n'a plus écrit de notes sur la tragédie des Trachiniennes; il a seulement continué à marquer les divisions en actes et en scènes.

Le Philoctète a cette note unique , écrite en tête de la pièce : « Belle manière d'expliquer le lieu de la scène dès le premier vers. — Cela ressemble un peu à l'ouverture de VElectra. »

EURIPIDE

UÉtat des livres que M. Racine (Louis Racine) a remis à la Bibliothèque du Roi indique un « Euripide grec, édition d'Aide, in-8°, oii se trouvent quelques-unes de ses notes (des notes de Jean Racine) sur deux tragédies. » Outre cette édition aldine, le Quérard place dans la bibliothèque de Racine un Euripide de l'édition de Paul Estienne (1602), appartenant à la Bibliothèque de Toulouse.

Ces deux exemplaires sont les seuls sur les marges desquels nous ayons pu recueillir des notes de Racine; mais c'est pour les tragédies d'Euripide surtout que nous aurions peine à croire qu'il n'y ait pas eu d'autres volumes annotés par lui, qui se sont perdus ou dont l'existence nous a échappé. Le tragique grec que Racine a surtout imité, et qu'il avait par conséquent étudié avec tant de soin, a dù, ce nous semble, être lu plusieurs fois par lui, la plume à la main, et lui fournir plus d'observations critiques qu'on n'en trouve dans les exemplaires susdits des éditions d'Aide et de Paul Estienne. Sur les marges du premier de ces exemplaires, qui est conservé à la Bibliothèque impériale, auteur d'Iphigénie et de Phèdre n'a point laissé de notes sur VIphigénie à Aulis, et s'est contenté d'en souligner au crayon quelques passages peu nombreux; il s'est un peu plus occupé de VHippolyte porte-couronne ; mais son annotation de cette pièce est bien courte, et ne va pas au delà du Prologue, Sur les marges du second , on trouve une seule observation sur un passage de Vlpliigenie, deux sur des vers de VHippoljte. Remarquons aussi que, dans l'un ni dans l'autre exemplaire, VAlceste ni VIphigénie en Tauride n'ont laissé trace du travail dont ils auraient été l'objet pour Racine. Il avait cependant, on le sait, entrepris, en un temps de sa vie qu'il n'est pas possible de déterminer, d'emprunter aussi à Euripide ces deux sujets de tragédies. Qui ne pensera que Racine, au moment où il préparait les deux chefs-d'œuvre qu'il a transportés de la scène grecque sur la scène française, comme aussi à celui où il esquissait le plan d'une Iphigénie en Tauride et d'une Alceste , a sans doute fait sur quelque exemplaire différent de ceux que nous connaissons, une étude bien plus détaillée de son modèle ? Il nous paraît à peu près certain que les notes sur les volumes des deux éditions dont nous avons parlé ont été faites avant ce moment, et lorsque Racine ne songeait encore à traiter aucun de ces sujets. Pour Euripide comme pour Sophocle, nous croyons vraisemblable que la plus ancienne des deux éditions annotées par Racine (celle d'Aide) l'a été la pi'emière. C'est d'elle en conséquence que nous parlerons d'abord. Dans l'édition de Paul Estienne, les développements plus longs donnés aux notes sur les Phéniciennes qu'aux notes sur les autres pièces, pourraient faire penser que ce travail est du temps où Racine avait déjà formé le projet d'écrire ses Frères ennemis. Toutefois aucune de ses remarques sur la tragédie d'Euripide n'est de nature à établir la certitude de cette conjecture.

LIVRES ANNOTÉS

L'exemplaire de l'édition d'Aide forme deux tomes in-8°, à la fin de chacun desquels on lit : Venetiis apud Aldum mense fehruario M.D.IIl. Le Philologue, que nous avons déjà deux fois cité, a donné au tome VI (p. iii- 129), avec une exactitude à peu près irréprochable, les notes que nous avons nous-mêmes recueillies à notre tour sur cet exemplaire. L'annotation y commence à 3Iédée, qui est la quatrième tragédie du tome I ; les trois tragédies précédentes, Hécube, Oveste et les Phéniciennes y ne sont pas annotées.

NOTES SUR MÉDÉE

Vers 1-45. La nourrice de Méde'e fait le Prologue. Elle le fait avec passion et explique l'état des affaires.

Vers I. (El'ô' oScpsV 'Apyouç — ) Cicéron cite souvent ce vers' :

Utinam ne in nemore Pelio..., etc.

Vers 20. (Mv^Ssia 8' fi ôuairjvoç....) Description de la douleur de Me'dée.

Vers 36. (STuyst 8s TiatSaç....) Il (Euripide) prépare le meurtre de ses enfants.

Vers 44- yàp....) Il est dangereux d'offenser Médée.

Vers 49- (IlaXaibv or/.wv xT:7][j.a... .) Scène i. Le gouverneur des enfants de Médée les amène sur la scène. — Ainsi tout le sujet est expliqué par une nourrice qui s'entretient avec un pédagogue. Us s'en acquittent bien et par de beaux vers ; mais je doute que Sophocle eût voulu commencer une tragédie par de tels personnages.

Vers 67. C^Qaô' "[i.zp6ç uti^XGs....) Elle rend raison pourquoi elle est venue sur la scène.

Vers 68. (Ilsaaouç TrpoaeXôwv....) {Étant venu) aux lieux où l'on joue aux dés.

Vers 79. (N^ov TiaXatw, 7i:p\v z6V l^rjvxXriyivat.) Malheur nouveau avant que de s'être fait au premier.

Vers 83. ("OXoixo \ih \xï\....) Plainte modeste d'un domestique.

Vers 86. ('Qç naç, xiç auïbv xou uéXaç [ji.aXXov cpiXer.) Amour-propre.

Vers 91. (Ka\ [i.r] TréXaÇe P-^'^P ^ ) Cachez ces enfants à leur mère.

Vers 92. ("H5r] yàp efSov ojxpia....) Préparation de leur mort.

Vers g6. (Aiiaravo? eyto ) Scène 2. Médée parle derrière la scène.

Elle parle en s'écriant dans la douleur.

Vers io5. ("lis vuv, j^wpet'ô'....) La Nourrice fait rentrer les enfants.

I. Voyez ad Herennium, II, 22; de Inventione , I, 495 Topica, 16; de Finibus, I, 2; de Natura Deorum, III, 805 de FatOj i5. La traduction latine citée par Cicéron est celle d'Ennius,

EURIPIDE

Vers 109. (MsYaXàuTcXaYj^voç, 8uaxaT(i7;au(3To;.) Beaux mots pour décrire une femme implacable.

Vers 112 et 11 4- (Ilarâsç, ô'Xotaôs....) Méde'e souhaite que tout périsse.

Vers 119-121. (Asivà Tupavvwv Xifi^xaTOi . . . .) Les rois font de grandes fautes, ils savent mal obéir, et peuvent tout. Leurs colères sont affreuses.

Vers 123. ("EjJLOiy' ouv, il [j-tj (AsydcXcaç ) Louanges de la vie

médiocre.

Vers t3i. ("ExXuov çtovàv ) Le Chœur est de femmes corinthiennes. Elles viennent plaindre Médée quoique étrangère, parce que son époux lui manque de foi ; et sa cause est la cause commune de tout le sexe.

Vers i44- (-^^ P-o^ xs^aXàç — ) Médée souhaite la mort.

Vers 160. C^Q [j-sydcXa 0s[j(.t....) Médée invoque Thémis et Diane, qui est la même qu'Hécate.

Vers 173. (IIwç 3cv eç ô't]>tv....) Le Chœur demande à voir Médée, pour essayer de la consoler.

Vers 187. (îiadoi ToxaBoç Sspyfj-a Xsafvrjç....) Chagrin bien exprimé. — Médée est inaccessible à tous ses domestiques dans son chagrin.

Vers 192-197. (0"tiv£ç ujjlvouç....) On a inventé la musique pour les festins, où il n'y a déjà que trop de joie, et on n'a point songé à en inventer pour calmer les afflictions. — Cette moralité est agréable, mais peu tragique.

Vers 209. (Tàv Zrjvbç ôpxfav 0£[/.tv....) Thémis a amené Médée dans la Grèce, parce qu'elle s'est fiée aux serments.

Vers 214. (Kop(v9iai Yuvatxsç... .) Scène i {de Pacte II). Médée sort.

Vers 215-217. (OTSa yap toXXouç ^potwv....) Pourquoi cette moralité, au lieu de dire simplement : Je sors, puisque vous avez souhaité de me voir; et je ne veux pas passer dans votre esprit pour une femme superbe? — On trouve superbes et ceux qui se cachent, et ceux qui se montrent.

Vers 220. ("Oaxtç ;rpiv avEpbç QTzk&^y^o^ . . . .) On hait des hommes sur leur physionomie.

Vers 23 1. (ruvaîxsç la[j,£V ficOXiiGiaTov cpuxôv.) Malheurs des femmes.

Vers 233. (Ildatv 7uptaa6ai....) Nous achetons un maître bien cher.

Vers 238-25 1. ('Eçxaivà 8' 7]'6r]....) Tout cela est plus comique que tragique, quoique beau et bien exprimé.

Vers 244-247. ('Avr]p 0' Sxav xoîç evSov....) Quand un homme est chagrin chez soi, il n'a qu'à sortir, Ce que nous ne pouvons pas.

Vers 25 1. (0éXoi[j.' 3cv (xaXXov \ xexetv Sjxa^.) Péril de l'accouchement.

Vers 252-259. ('ÀXX' oO yàp auxbç....) Médée rentre dans le sujet.

LIVRES ANNOTÉS

Vers 263. (Siyàv — ) Medee prie les Corinthiennes de garder le silence, si elle forme quelques desseins contre la vie de leur roi et de leur princesse. Quelle apparence? Euripide justifie cela le mieux qu'il peut par l'intérêt commun des femmes, qui sont toutes offensées en Médée.

Vers 268-266. (ruv^j yàp x(^XXa [xlv cp66ou T:\ioL.) La femme est craintive, et n'ose souffrir la lueur d'une épée ; mais rien n'est plus terrible quand elle se croit offensée dans les droits de sa couche.

Vers 267. (Ap(^aa> xdSe — ) Le Chœur lui promet de se taire'.

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