Racine écrit en un seul mot : beauj'aicts
LIVRRS ANNOTÉS.
Thésée. — Institution de la république d'Athènes. — Mort funeste d'Égée. — Thésée établit la république d'Athènes et quitte la monarchie. »
11 y avait, on le voit, beaucoup a retrancher pour ne pas tomber dans une minutieuse exactitude qui nous aurait conduit trop loin. Nous avons dû faire un choix des notes les plus intéressantes. On pouvait surtout regarder comme telles, à ce qu'il nous a semblé, celles qui, rapprochées les unes des autres, se trouvent former comme un résumé de la sagesse de Plutarque^ une collection de ses maximes et de ses plus sages pensées. C'est, en effet, un des caractères les plus frappants de cette annotation de Racine, que le soin particulier qu'il a pris d'extraire de son auteur les réflexions générales, et, comme on dit dans la langue de la rhétorique, les lieux communs. C'était, il est permis de le croire, une provision qu'il voulait faire, et dont il sentait qu'il pourrait iirer un jour parti, comme orateur ou comme poète. Peut-être aussi, sans qu'il songeât à cette utilité littéraire, était-il frappé des enseignements moraux que Plutarque tire sans cesse des faits, plus encore qu'il ne l'était de ces faits mêmes ; et ce n'était pas mal connaître le biographe qu'il étudiait, que de chercher surtout le moraliste en lui.
Nous nous sommes donc à peu près borné à donner les maximes que Racine a tirées des f^ies parallèles, qu'il les y ait trouvées expressément ou d'une manière implicite; nous y avons joint cependant un petit nombre de notes qui n'ont pas ce caractère, mais dont l'expression nous a paru mériter d'être remarquée. Ne voulant pas multiplier, sans nécessité, dans ce volume, les citations grecques, nous ne mettrons pas le texte grec en regard des traductions plus ou moins libres de Racine. On pourra, si l'on veut, le trouver, au moyen de l'indication que nous donnons de chacune des F'ies auxquelles les notes se rapportent.
f^ie de Romulus. Ne condamner sans avoir écouté l'accusé. — Il falloit que l'origine de Rome fût aussi étrange que sa puissance a été depuis. — Le haut du pavé accordé aux femmes *. — Prospérités rendent orgueilleux. — Nécessité rend généreux. — Princes. Ne se rendre méprisables, ni trop formidables. — Ne se rendre trop populaire ni trop tyrannique.
Vie de Solon. L'esprit est sujet à aimer autant qu'à penser et à songer. — Solon condamnoit ceux qui dans une sédition ne se mettent d'aucun parti. — Accommoder les lois au temps, et non le temps aux lois. — Il faut secourir la nécessité des pauvres, et non entretenir leur lâcheté. — Ne couronner ceux qui combattent encore. — Félicité. La perte en est plus sensible que la possession.
Vie de Publicola. Plus on se rabaisse, et plus on est élevé. — N'être trop sévère ni trop doux.
I. Racine a ainsi traduit l'expression de Plutarque : è%iaza.adv.i fièv oScv jia.âi^otj(s«.iç (chapitre xx) , — L'édition dont Racine a fait usage n'ayant pas de divisions de chapitres, nous indiquons ces divisions, quand il y a lieu, d'après celle de Tauchnitz (Leipzig, 1 829) .
PLUTARQUE
Vie de Thém'istocle. La hardiesse et confiance est le commencement de la victoire. — Chercher en mariage plutôt un homme sans argent que de l'argent sans homme.
Vie de Camille. Vaincre par justice plutôt que par force. Vie d'Aristide. Aimer mieux être vertueux que de le paroître. — 1 Ne regarder son inte'rêt dans les jugements. — Ohéir aux capij taines saA-ants. — Folie des princes qui aiment mieux se faire renommer par leur puissance que par leur vertu. — La vertu nous rend divins et le vice hrutaux. — N. {nota.) La vertu est haïe des ignorants. — Ne point considérer son intérêt particulier pour le ( public. — Il n'importe en quel lieu on fasse bien. — Faire plutôt [ de belles actions que de louer celles de ses ancêtres. — N'examiner trop un crime en un temps dangereux, lorsqu'il j a plusieurs complices. — Peu souffrent bien la pauvreté.
Vie de Caton Vancien. Caton ménager, — Choses inutiles sont toujours trop chères. — Paroles font reconnoître plutôt que le visage. — Peuples moutons. — Ne refuser de l'argent aux alliés dans les combats. — Distribuer aux soldats plutôt que se réserver.
— Les Romains parlent du cœur et les Grecs des lèvres. — Ménage de Caton. — Se marier pour donner de bons citoyens à son pays.
— Servir le public jusqu'à la mort. — Louer les bons, ne blâmer les méchants.
Vie de Cimon. Ne louer faussement. — Ne trop s'arrêter aux vices. Il n'y a point d'homme parfait. — Inimitiés particulières doivent céder au bien public. — Faire la guerre aux ennemis légitimes.
Vie de Lucullus. Ne refuser tout ce qu'on présente dans les ambassades. — Luculle aime mieux sauver un Romain que de vaincre tous ses ennemis. — Ne quitter la bête pour aller à son gîte. — Reine misérable'. — Trop grande félicité trouble le jugement. I Fortuna dulcis inehriat . Hor. od. 87, lib. L — Les plaisirs sont aussi peu convenables à un vieillard que les grands emplois. — Lucullus Xerxes togatus. — C'est une chose digne d'un grand capitaine ou d'un grand magistrat, de passer sa vieillesse dans les études. — Il vaut mieux être vertueux en sa vieillesse qu'en sa jeunesse.
Vie de Périclès. Cette vie est une idée admirable d'un bon gouverneur et d'un bon prince. — Contre ceux qui s'amusent à des singes ou à des chiens. — Apprendre des choses agréables et utiles.
— On admire l'ouvrage, et on méprise l'ouvrier. On admire la vertu
I . Nous donnons cette note, parce que Racine y a marqué le malheur de Monime, à l'occasion de ce passage du cliapitre xvm : xat àTre^pyj'vst tïjv toO vû/MoiTo- sù/j.opfic<.-j, qu'il a cité dans sa Préface de la tragédie de Mithridate. Voyez notre tome III, p. iq.
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et celui qui en est doué. — Ne se soucier des calomnies ni des menaces lorsqu'il s'agit du bien du public. — Belle parole de Périclès sur ce que personne n'étoit mort de mort violente sous son gouvernement. — Contre les rêveries des poètes touchant les Dieux.
Vie de Fabius Maximus. S'instruire par ses fautes.
Vie de Nicias. C'est bassesse d'esprit que de vouloir disputer aux autres la gloire d'écrire mieux. — Le peuple veut être craint. — Nicias faisoit également ses libéralités aux méchants et aux bons.
— Ne demander aux ennemis les morts de son parti pour les enterrer. — Ne laisser à ses ennemis aucune occasion de s'acquérir de la gloire. — Les riches, les vieillards et les laboureurs aiment la paix. — Trêves font désirer la paix. — Aimer mieux mourir par les mains de ses citoyens que de les voir mourir avec soi. — Fortunes de la guerre incertaines. — Bien user de sa victoire.
Vie de Crassus. Contre ceux qui aiment à bâtir. — Le maître doit avoir soin de ses serviteurs. — C'est beaucoup que d'avoir ce qui suffit pour vivre. — Ne violer la justice pour de petites choses.
Vie de Corlolan. C'est une chose plus louable de bien manier de l'argent que de bien manier des armes. — La solitude est la compagne de l'arrogance. — Ce n'est pas une chose digne d'un homme d'honneur de se ressouvenir des injures.
Vie d' Alcihiade . Eloigner la guerre le plus qu'on peut de soi. — Les jeunes gens changent facilement le jeu en insolence. — Orgueil des victorieux. — Contre ceux qui flattent le peuple.
Vie de Démosthène. Ne point s'abandonner à la douleur dans les afflictions. — Danger qu'il y a de se mêler des affaires publiques.
Vie de Cicéron. Avocats qui crient à pleine tête. — Idée d'un bon gouverneur. — Naturel gaillard de Cicéron. Gravité de Démosthène.
Vie de Pyrrhus. Princes avares ne peuvent demeurer en paix. — Rois, par leurs • infidélités, donnent mauvais exemple à leurs sujets.
— Vaincre l'ennemi à force ouverte. — Superbe de Pyrrhus. — N'insulter à ses ennemis.
Vie de Marins. Préférer la gloire de son pays à la sienne. — Contre ceux qui renoncent à la vertu pour acquérir de la puissance. — Faire le bien lorsqu'il y a du danger. — N'être trop exact à garder la justice. — Actions de grâce de Platon à Dieu. — Contre ceux qui ne se contentent de leurs^ biens présents.
1. Racine a écrit ici leur sans s. De même, dans la Vie de Marins, on lit de lui cette note : a Capitaines qui travaillent avec leur soldats. » Voyez cidessus, p. 2IO, note I.