DE RAGIIVE A l'aBBÉ LE VASSEUR
Ce lundi au matin, iS*^""^ septembre [1660].
Je crois que vous nous voulez abandonner tout à fait, et ne nous plus parler que par lettres. Est-ce* point que vous vous imaginez que vous en aurez plus d'autorité sur nous, et que vous en conserverez mieux la majesté de l'Empire, cui major ex longinquo reuerejitia^? Mais croyez-moi. Monsieur, il n'est pas besoin de cette politique. Vos raisons sont trop bonnes d'ellesmêmes sans que vous les appuiez^ par ces secours étrangers. Votre présence seroit beaucoup plus utile que votre absence en cette saison. Au moins elle l'auroit été; car Vode étant presque imprimée, vous arriveriez maintenant trop tard. Cependant je m'étois fié sur la
12. Racine avait commencé par écrire : « que vous n'en sachiez. »
Lettre 5 (revue sur l'autographe, conservé à la Ribliothèque impériale). — i. Comme nous l'avons déjà fait remarquer ailleurs (p. 67, note i), Racine écrivait esce.
2. C'est, comme l'on sait, la pensée que Tacite [Jnnales, livre I, chapitre xlvii) prête à Tibère : Majestate sal^>a^ cui major e lon^njiquo reverentia^ « sans compromettre la majesté suprême, qui de loin impose plus de respect. »