‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 243 sur 394 · Dans l'original : eue · texte numérisé non relu

Dans l'original : eue

4. « Mais j'ai des » est écrit au-dessus des mots suivants effacés . « Si vous voulez savoir mes.... »

J. Racine, vi 2 5

LETTRES

^ j divertissements plus solides, quoiqu'ils paroissent moins. Je goûte tous les plaisirs de la vie solitaire. Excepté cinq ou six heures du jour, je suis tout seul, et je n'entends pas le moindre bruit. Il est vrai que le vent en fait beaucoup, et même jusqu'à faire trembler la maison. Mais il y a un poëte qui dit :

O quam jucundum est recuhantem audire susurros Ventorum, et somnos^ imbre juvante^ sequi^ !

Ainsi, si je voulois, je tirerois ce vent à mon avantage ; mais je vous assure que je ne m'y accoutume pas, et que ce vent-là m'empêche de dormir toute la nuit, tant il est horrible. Je crois que le poëte vouloit parler de ces Zéphirs flatteurs,

Che dihattendo tali Lusingano il sonno de' mortaW^ .

Je lis des vers, je tâche d'en faire. Je lis les aventures d'Arioste, et je ne suis pas moi-même sans aventure. Une dame me prit hier pour un sergent. Je voudrois qu'elle fût aussi belle que Doralice ; je lui aurois fait les offres que Mandricard fit à cette belle quand il congédia toute sa suite pour l'emmener :

lo mastro , io halia^ io le sarb serpente In tutti i bisogni suoi'^,

5. <c Oh! qu'il est agréable d'entendre, couché, le murmure du vent, et de chercher le sommeil au bruit de la pluie qui le favorise! » On reconnaît facilement dans cette citation un passage de Tibulle (livre I, élégie i, vers 4^-48), que Racine a fort altéré, soit qu'il n'en eût qu'une mémoire imparfaite , soit peut-être qu'il l'eut

V ainsi appris à Port-Royal dans quelque livre expurgé,

6. « Qui en agitant les ailes caressent le sommeil des mortels, » | {La Jérusalem délivrée^ chant XIV, stance i .) Racine a cette fois en- i core un peu modifié la citation : i

E i venticelli dihattendo Vali Lusingavano il sonno de' mortali.

^. « Je serai son maître, sa nourrice, son sergent et serviteuf dans tous ses besoins. » (Arioste, Orlando furioso ^ chant XiV,

LETTRES

Mais je ne me suis pas trouvé assez échauffé pour lui faire cette proposition. Voilà comme je passe mon temps à Babylone. Je ne vous prie plus d'y venir après cela. Il me semble que vous devez assez vous hâter pour prendie des divertissements de cette nature. Nous irons au cabaret ensemble. On vous prendra pour un commissaire, comme on me prend pour un sergent, et nous ferons trembler tout le quartier. Faites donc ce que vous voudrez; au moins ne faites rien par pitié, car je ne vous en demande pas le moins du monde. Pour M. l'Avocat, c'est une autre affaire : je lui écrirai par le premier messager ; car voilà les maçons qui arrivent, et je suis obligé d'aller voir à ce qu'ils doivent faire. Je vous prie cependant de remercier M. l'Avocat, et de faire votre profit des reproches que je vous fais. S'il étoit de bonne grâce à un prisonnier de faire le galant, je vous supplie rois de présenter à Mlle Lucrèce mes respects, et de lui témoigner que je suis son très-humble sergent et prisonnier. Elle le prendra en quel sens il lui plaira.

Suscription : A Monsieur Monsieur l'abbé le Vasseur, à Paris. (Deux cachets bruns, portant : J. RAG. [Jean Racine)^ avec une soie verte.)

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