‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 250 sur 394 · DE RACmE A l'abbé LE VASSEUR · texte numérisé non relu

DE RACmE A l'abbé LE VASSEUR

[A Paris, ce 2 ou 3 ^""^ juin 1661*.]

M. r Avocat me vient d'apporter une de vos lettres, et il a bien voulu prendre cette peine ; car il veut absoj lument que nous soyons réconciliés ensemble. Jegaigne i trop à cette réunion pour m'y opposer. Aussi bien, comme I les choses imparfaites recherchent naturellement de se I joindre avec les plus parfaites, je ferois un monstre dans I la nature si, étant creux comme je suis, je refusois de I me joindre et de m' attacher au solide, tandis que ce même solide tâche d'attirer à lui^ ce même creux,

Quod quoniam per se nequeat constare^ necesse est Haerere^.

C est de Lucrèce qu'est cette maxime, et c'est de lui que j'ai appris qu'il falloit me réunir avec M. l'Avocat ; et il faut bien que vous l'ayez lu aussi, car il me semble que la lettre que vous avez écrite à ce grand partisan du solide, est toute pleine des maximes de mon auteur. Il dit, comme vous, qu'il ne faut pas que tout soit tellement solide qu'il n'y ait un peu de creux parmi :

Nec tamen undique corporea stipata tenentur Omnia natura; namque est in rehus inane'* .

Lettre 9 (revue sur l'autographe, conservé à la bibliothèque du Louvre). — i. Cette date, d'une encre plus noire, semble avoir été ajoutée après coup, et n'être pas de la main de Racine.

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