Il y avait d'abord : » que j'ai songé
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~ que m'avoit marqué Mlle de Beauch. '\ que j'appelle la seconde Julie d'Ovide, dans la lettre que je lui ai écrite hier par M. Armand, qui va à la cour; et quand vous verrez ce dessein, il vous sera malaisé de le reconnoître. Avec cela, j'ai lu et marqué tous les ouvrages de mon héros, et j'ai commencé même quelques vers. Voilà l'état où en est cette affaire. Au reste, je suis si peu inquiété du temps que j'ai employé pour ce dessein, que je n'y aurois pas plaint encore quinze autres jours. M. Vitart, qui considère cette entreprise du même œil que celle de l'année passée croit que le premier acte est fait pour le moins, et m'accuse d'être réservé avec lui ; mais je crois que vous me serez plus juste. Il reçut hier une nouvelle qui lui est bien plus sensible que cette affaire, comme elle le doit être en effet, et comme elle me l'est à moi-même. C'est qu'il a appris que mon cousin son frère ^ est à Hédin, frais et gaillard, portant le mousquet dans cette garnison aussi gaiement que le peut faire la Prairie et la Verdure. Je ne vous en puis mander d'autres particularités, parce que je ne sais cette nouvelle que par M. l'Avocat , qui l'apprit hier de M. Vitart; et vous savez que M. l'Avocat est toujours fort au-dessus des petites circonstances dont nous au-
4. Mlle de Beaucliâteau, comédienne de l'Hôtel de Bourgogne. L'éditeur de 1807, dans une note sur ce passage, dit que la pièce destinée par Racine à l'Hôtel de Bourgogne était les Amours d'Ovide. Peut-être devait-il la connaissance de ce titre à quelqu'une des notes manuscrites de Jean-Baptiste Racine qu'il a eue entre les mains,
5. Ce passage confirmerait, s'il en était besoin, la date de 1660, c'est-à-dire de l'année précédente, que nous avons donnée à la lettre 4, où Racine parle de son Jmasie (p. 877).
6. Ce frère de Nicolas et d'Antoine Vitart était peut-être Pierre Vitart, dont nous avons trouvé sur les registres de la Ferté-Milon l'acte de baptême en date du 3o juillet 1639.
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très hommes ^ sommes plus curieux : aussi avons-nous "TggT plus de pente pour le creux et la bagatelle. Je vous en instruirai plus au long dans ma première lettre, à moins que M. Vitart ne me prévienne. Je vas dès cette aprèsdînée en féliciter Madame sa sainte mère ^, qui se croyoit incapable d'aucune joie depuis la perte du saint père ^, ou, comme disoit M. de Gomberville de son futur époux. En effet, il n'est plus dessus le trône de saint Augustin, et il a évité, par une sage retraite, le déplaisir de recevoir une lettre de cachet par laquelle on Tenvoyoit à Kimper. Le siège n'a pas été vacant bien longtemps. La cour, sans avoir consulté le saint Esprit, à ce qu'ils disent, y a élevé M. Bail sous-pénitencier et ancien confrère du Bailli dans la société des bourses des Cholets Vous le connoissez sans doute, et
7. Le mot hommes est écrit en abrégé (hoes)^ dans l'interligne.
8. Racine avait d'abord mis : « Madame notre sainte tante. » Claude des Moulins, mère de ces Vitart, était sa grand'tante. Voyez ci-dessus, p. SyS, la note 3 de la lettre 3.
9. Les mots « du saint » sont écrits au-dessus de ceux-ci : « de son cher », que Racine a effacés. — Le saint père est Antoine Singlin, supérieur de la maison de Port -Royal , « qui se retira le 8 mai 1661, pour prévenir un ordre de la cour qui l'exiloit en Bretagne. » {Histoire générale de Port-Royal^ tome IV, p. 5o.) Singlin se retira dans une petite maison du faubourg Saint-Marceau, qui appartenait à Mme Vitart.
10. Marin le Roy de Gomberville, qui était entré à l'Académie française au moment de sa formation (i634), fut un des amis de Port-Royal. Nous ne savons en quelle circonstance il se servit de l'expression que lui prête Racine. Mais, de sa part, on supposerait difficilement une intention de raillerie contre la pieuse veuve.
11. « M. Bail fut nommé le 14 mai, et présenté le 17 par les gi-ands vicaires à l'Abbesse, » {Histoire générale de Port-Rojal^ tome IV, p. 5o.)
12. Pierre Sellyer, bailli de Chevreuse, beau-frère de Nicolas Vitart. Il avait épousé Agnès Vitart, née le 18 septembre i632, fille de Mme Vitart (Claude des Moulins).
13. Le collège des Cholets, sur la montagne Sainte-Geneviève,
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peut-être est-il de vos amis. Tout le consistoire a fait schisme à la création de ce nouveau pape, et ils se sont retirés de côté et d'autre, ne laissant pas de se gouverner toujours par les monitoires de M. Singlin, qui n'est plus considéré que comme un antipaupe. Percutiam pastorem^ et dispergentur oi^es gregîs^'' . Cette prophétie n'a jamais été plus parfaitement accomplie, et de tout ce grand nombre de solitaires à peine reste-t-il M. Guays et maître Maurice
avait été fondé en 1291 par les exécuteurs testamentaires du cardinal Jean Cholet. Il avait eu d'abord seize boursiers, choisis parmi des jeunes gens des diocèses de Beauvais et d'Amiens. Plus tard, le nombre des bourses fut augmenté.
14. Il est remarquable que, dans le récit des mêmes événements, ]a même citation de V Evangile de saint Matthieu , chapitre xxvi , verset 3i, est faite (il n'est pas besoin de dire que c'est dans un tout autre esprit) par Fontaine dans ses Mémoires (tome II, p. 196) : M Ils voyoient la vérité de cette parole : Je frapperai le pasteur^ et le troupeau sera dispersé. »
15. Sur le frère Florent Guais, mort à l'abbaye de Saint-Cyran, le 21 février 1675, voyez le Nécrologe de Port-Royal., p. gS. «Il fut, dit M. Sainte-Beuve, plus de vingt ans au service du monastère en qualité de pourvoyeur. C'était lui qui achetait toutes les provisions de la maison — C'était un des plus humbles et des moins comptés entre tous ces Messieurs, et Racine met une certaine ironie à le nommer comme le seul restant. » (Port-Rojal., tome VI de l'édition de 1867, p. 97.) — Nous ne trouvons nulle part le nom de Maurice dans les listes des solitaires de Port-Royal. Maître Maurice n'était peut-être pas précisément un des Messieurs, mais quelque ouvrier au service du monastère, ou le cuisinier, ce qui expliquerait le titre de maître. — L'éditeur de 1807 fait remarquer justement que « Racine a raconté les mêmes événements sur un ton fort différent de celui-ci dans son Histoire de Port-Royal. » Voyez notre tome IV, p. 5o3-5o6. On comprend sans peine que Louis Racine n'ait rien donné d'une lettre où les douleurs de Port-Royal étaient traitées si légèrement.
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