‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 27 sur 394 · M. Aimé-Martin a corrigé ayeuls en aïeux · texte numérisé non relu

M. Aimé-Martin a corrigé ayeuls en aïeux

Il ne faut pas se servir de discours bas et rampants* en chantant les victoires d'Epharmostus, citoyen d'Oponte, capitale des Locres.

'Eyo) 8é TOI cp{Xav îtàXiv MaXspatç lTzi(fki-^viV aoiSaîç, Kai ayf^vopoç fejrou Gaaaov lioà vabç uTCOTTTépou :raVTà 'Ayy^^^c'^ 7ié[jn|;a) xauxav, E2 aiv Tivt {j-oiptSico 7raXdc[jLa 'EÇatpliwv'^ Xapbwv vlfxofjiai RctTcov xBviOLi Y^p oJTcaaav Ta Tlp;rv\ 'Aya0o\ 8s Ka\ aotpol xaià §af{j,ov' à'vBps; 'EyévoVTo.

Pour l'honneur de cette ville» et pour la faire éclater* par mes chansons illustres, je veux répandre partout la victoire d'Epharmostus, et en faire voler la nouvelle plus vite qu'un cheval léger, ou qu'un navire ailé, pourvu que je sois assisté des Grâces; car les grands hommes sont tels par le secours des Dieux. Autrement Hercule auroit-il pu résister tout seul contre trois dieux, contre le trident de Neptune, l'arc d'Apollon et la verge de Pluton?

vv^xav l'x,£ pci(6Bov, BpoTsa ac5[jLa9' a xaidcysi Koi'Xav Trpbç àyuiàv

Dans la rue ténébreuse, c'est-à-dire dans la sombre demeure des morts.

TouTOV, 0T6p.a, pi'<{;ov.

1 . Racine a suivi le sens donné par une se olie et par la traduc» tion latine de l'édition de i^Qg.

2. 'E^aiplxwv, au lieu de l^afpsiov, est la leçon de notre manuscrit et de l'édition de iSgg.

3. Éclater^ au sens de briller^ « pour faire briller cette ville, faire éclater sa gloire. » Voyez plus bas, p. 45, ligne i,

4. Racine a écrit par mégarde Bvrjaxoviwv, au lieu de 0vaay.6vTwv,

REMARQUES

Piadare se repent d'avoir parlé de ces dissensions des Dieux, comme d'une chose qui leur est injurieuse.

0eouç, £X Opà aocpfa- xai Tb ■/au)(aaOai Trapà xatpbv Mavfaiatv uTïoxpéxst.

C'est une mauvaise sagesse de mal parler des Dieux, et c'est une espèce de fureur de faire gloire de cette impiété'. TTroxpsxsi veut dire approche^ comme quand on accorde un instrument on cherche le son de l'oreille, et on approche du vrai ton. Cet endroit est beau contre ceux qui font les esprits forts.

Mrj vuv XaXdcyei xà Totaux'. "Ea Tc6Xsp.ov, ]JÂyooi t£ 7:ac7av, Xwp\ç 'AGavdcTwv.

Il faut laisser là les dissensions des Dieux; ou plutôt : il ne faut point admettre de dissension entre les Dieux. Il faut plutôt faire l'éloge d'Oponte, ville ancienne, où Deucalion et Pyrrha s'établirent lorsque le déluge fut passé.

"ÀTSp

A' sùvaç o|i.6oa[i.ov Kttadcaôav Xtôivov y6vov ' Aaoi o' 6v6[j,aa6£v.

Mais il quitte ce sujet comme trop commun, pour en traiter un autre.

Ai'vsi 81 TuaXatbv Msv oTvov, à'vOsa 8' upwv Nstotspwv.

C'est ce que dit Homère, au [livre] I. de Y Odyssée^. Il décrit donc la généalogie de la ville d'Oponte, qui venoit d'une fille de Jupiter ; car Jupiter enleva Protogénée, femme de Locrus, et lui fit un enfant, de peur que Locrus ne mourût sans enfant. Cette charité de Jupiter est fort plaisante.

que veut le dialecte de Pindare, et qui est la leçon de iSqq et en général des diverses éditions.

I. Vers 35i et 352. — On verra plus bas, p. 64, que Racine a noté ces mêmes vers dans ses Remarques sur V Odyssée.

M/) xaGsT^oi [xiv aioiV, 7r6Tp.ov l9a<|>aç, 'Opcpavbv ysvaaç. "E)(e

''AXox,o$.

Jupiter la ramena à son mari, lequel, croyant que c'e'toit

son enfant, l'appela du nom de son grand-père maternel, Opuns, fds de Deucalion.

T^Épcpavtov à'vBpa [xopcpa Ts -/.ou epyoïat.

Cet enfant fut un homme extraordinaire pour sa beauté et pour ses actions. Il habita la ville d'Oponte, et force étrangers se rangèrent auprès de lui ; mais il honora surtout Ménœtius, père de Patrocle. Pindare fait cette digression pour embellir son sujet, qui seroit trop stérile d'ailleurs ; et il parle de la valeur de Patrocle, qu'il montra contre les Mysiens, leur résistant seul avec Achille. Depuis ce temps-là, Achille l'aima et lui commanda de ne se mettre jamais en bataille qu'auprès de lui. Patrocle étoit citoyen d'Oponte.

'E^ ou Béiioç yovoç oùXi'fi) {j.tv ev à'pst XlapayopsiTO, [i-qTioxe SiçsTÉpaç à'T£p6e ta^iouaOai Aa(j.aat[j.6p6xou ai)(^[Jt.aç.

Achille lui dit ces paroles dans Homère * :

Tptoai cpiXoTiToX^ptoiaiV àTi[J.6T£pov jjie Orjayiç. »

Il souhaite une grande éloquence pour dignement louer les victoires d'Epharmostus.

Efriv

EuprjaiSTCvjç àvayetaôai npoacp6poi; êv Moiaav Sf^pio •

I. Iliade, chant XVI, vers 89 et 90. Ces vers sont cités dans une des scolies. Racine, reproduisant une faute de l'édition de 1699, a

écrit (JTtp.tj[)X£pOV.

REMARQUES

"EaTOiTO.

Plût à Dieu que je pusse inventer de belles paroles pour chanter dans le chariot des Muses , c'est-à-dire au style des Muses, qui marche comme dans un char roulant, au lieu que la prose marche à pied; et que la hardiesse me suivît avec l'abondance et la fécondité ! car l'un ne suffit pas sans l'autre.

Il parle des diverses victoires qu'il a remportées comme g^arçon et comme homme.

"Apyst x' ï(r/zBB xuBoç ôv-

KaXbç, xdXXKJTdê te pé^aç.

Étant beau garçon et ayant fait de fort belles choses. Il parle de ses autres victoires, et conclut ainsi :

Tb 8è <pua xpdcTtaTov STcav.

XIoXXoi si StBazxatç 'Av0ptx)7r(ov àpBxcaç xXÉoç "Qpouaav IXéaQat.

"Aveu Sè 0£ou, aeaiYa- [jilvov y', où axaiÔTSpov j^pî)p.' ^xaarov.

Tous les commentateurs sont fort empêchés de dire le sens de ces deux derniers vers, qui sont en effet fort obscurs. Il dit donc que ce qui est naturel est toujours le meilleur. Plusieurs ont voulu acquérir de la gloire par des qualités* qu'ils avoient apprises ou empruntées de l'art ; mais les choses qui se font autrement que par la nature (car Dieu ne veut dire autre chose que la nature) doivent plutôt être ensevelies dans le silence que publiées. Cela se doit appliquer à toutes sortes de sciences, soit à la poésie, soit aux jeux, et ainsi du reste. C'est pourquoi il ajoute que chacun doit s'apphquer aux choses où il a plus de disposition naturelle.

'Evt:\ y^p à'XXai I. Racine avait d'abord écrit avantages.

vaf.

La sagesse est difficile à obtenir; je crois qu'il entend la perfection : il y a plusieurs sciences différentes , mais il est difficile d'y être parfait. Il conclut en s'exhortant lui-même : puis donc que tu as ce don-là, c'est-à-dire que tu es naturellement savant et bon poète, loue hardiment Epharmostus, publie que c'est un homme héroïque.

C'est-à-dire qui porte sa générosité empreinte dans ses yeux, qui a les yeux guerriers et courageux.

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