‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 306 sur 394 · A Port-Royal · texte numérisé non relu

A Port-Royal

LETTRES

mais j'y prévois bien de la répugnance de la part de D. Cosme. Je voudrois savoir auparavant votre sentiment là-dessus. Il vous aura peut-être dépeint l'affaire plus difficile qu'elle n'est. Cependant croyez que l'aumônier de Monsieur d'Usez l'a consultée ^ à Paris, et que M. Couturier lui a dit que c'étoit une bagatelle. Les provisions de mon oncle sont onze ou douze jours en date devant celles que sa partie a eues en cour de Rome. L'affaire étoit incontestable, et on ne l'a disputée que sur ce que, dans la copie des provisions, on avoit mis simplement testibus nominatis ^, sans y ajouter signatis'' . Cependant il est dans l'original, et j'en ai envoyé moimême une autre copie collationnée par-devant notaire ; et M. Couturier même prétendoit que quand cela auroit été oublié, il suffit que le collateur ait signé lui-même. Ce que M. Sconin nous oppose, c'est qu'il dit que toute la famille de Bernav^ sollicite contre nous. Je n'en sais rien; mais en tout cas vous connoissez ces Messieurs-là. Et par un admirable raisonnement, il me mandoit, il y a huit jours, que les blés sont gâtés en Anjou pour trois ans, et qu'il valoit mieux qu'il tirât son argent, et qu'il laissât le bénéfice. Au contraire, il me semble que les autres seront bien plus aises de s'accommoder, puisqu'ils n'ont rien à prendre de trois ans; et ils avoient déjà fait l'an passé porter parole qu'on les remboursât des frais, et qu'ils désisteroient ^ Mais D. Cosme, à ce qu'il

5. C'est-à-dire: «a consulté l'affaire, a pris conseil sur l'affaire.» M. Aignan a changé consultée en consulté^ ce qui détruit le véritable sens.

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