Racine a écrit compté
6. Le gouverneur était le duc de la Vieuville, qui mourut en i68g^ et le sous-précepteur l'abbé Dubois.
7. Les mots : « gouverneur, etc., » ont été ajoutés au-dessus de la ligne.
LETTRES
Il me semble que je n'ai point d'autres nouvelles à vous mander. M. le duc de Roannez^ est venu ce matin pour me parler de sa rivière, et pour me prier d'en parler. Je lui ai demandé s'il ne savoit rien de nouveau; il m'a dit que non; et il failt bien, puisqu'il ne sait point de nouvelles, qu'il n'y en ait point ; car il en sait toujours plus qu'il n'y en a. On dit seulement que Monsieur de Lorraine^ a passé la Drave, et les Turcs la Save : ainsi il n'y a point de rivière qui les sépare. Tant pis apparemment pour les Turcs : je les trouve merveilleusement accoutumés à être battus.
La nouvelle qui fait ici le plus de bruit, c'est l'embarras des comédiens, qui sont obligés de déloger de la rue de Guénégaud, à cause que Messieurs de Sorbonne, en acceptant le collège des Quatre-Nations, ont demandé, pour première condition, qu'on les éloignât de ce collège Ils ont déjà marchandé des places dans cinq ou six
8. Le maréchal de la Feuillade (François d'Aubusson, vicomtê de la Feuillade, devenu en 1666 duc de Roannez). Voyez ci-dessus, p. 552, la note 12 de la lettre 62. On a vu dans cette dernière lettre que Racine cherchait à se renseigner exactement sur le combat de Saint-Gothard, dont sans doute alors il préparait le récit pour son histoire de Louis XIV. Dans ce combat, la Feuillade, à la tête des volontaires, avait précipité les Turcs dans le Raab, qui est, ce semble, la rivière dont il était venu parler à Racine.
9. Charles V duc de Lorraine. Quatre jours après cette lettre écrite, c'est-à-dire le 12 août 1687, il défit à Mohacz les Turcs commandés par Kara Mustapha.
10. Le 17 juin 1687, Louvois écrivait au lieutenant de police la Reynie : « Le Roi ne jugeant pas que la représentation des comédies dans la rue Guénégaud puisse compatir avec l'exercice qui va s'établir au collège des Quatre-Nations, Sa Majesté m'a commandé de vous écrire d'avertir les comédiens de chercher à se mettre ailleurs entre ci et le mois d'octobre prochain. » Voyez V Histoire de Louvois par M. G. Rousset, tome I, p. 4175 à la note. Les comédiens français furent en effet avertis par la Reynie. Repoussés de tous les côtés, un arrêt du i^r mars 1688 leur permit, après bien des
LEÏTHES.
endroits ; mais partout où ils vont, c'est merveille cVenten- ^ dre comme les cm^és crient. Le cm^é de Saint-Germain de TAuxerrois a déjà obtenu qu'ils ne seroient point à riiôtel de Sourdis*\ parce que de leur théâtre on auroit entendu tout à plein les orgues, et de F église on auroit entendu parfaitement bien les violons. Enfin ils en sont à la rue de Savoie, dans la paroisse Saint- André. Le curé a été aussi au Roi, lui représenter qu'il n'y a tantôt plus dans sa paroisse que des auberges et des coquetiers ; si les comédiens y viennent, que son église sera déserte. Les grands Augustins ont aussi été au Roi, et le P. Lembroclions , provincial, a porté la parole. Mais on dit que les comédiens ont dit à S. M. que ces mêmes Augustins qui ne veulent point les avoir pour voisins sont fort assidus spectateurs de la comédie, et qu'ils ont même voulu vendre à la troupe des maisons qui leur appartiennent dans la rue d'Anjou, pour y bâtir un théâtre, et que le marché seroit déjà conclu si le lieu eût été plus commode. M. de Louvois a ordonné à M. de la Chapelle de lui envoyer le plan du Heu où ils veulent bâtir dans la rue de Savoie : ainsi on attend ce que M. de Louvois décidera Cependant l'alarme est grande dans le quartier, tous les bourgeois, qui sont
tribulations, de s'étalDlii* dans le jeu de paume de l'Etoile, rue des Fossés-Saint-Germain des Prés (depuis rue de l'Ancienne-Comédie). Ils y restèrent jusqu'en 1770.
11. Cet hôtel, où, suivant quelques-uns, mourut Gabrielle d'Estrées, était attenant au cloître Saint-Germain F Aiîîserrois . Voyez Sauvai, Histoire et Recherches des antiquités de la ville de Paris, tome I, P- 307.
12. Nous trouvons à la page de V Histoire de Louvois qui est citée dans la note 10, ce second billet de Louvois à la Reynie : « C'est à M. de Seignelay que vous devez envoyer les mémoires qui contiendront ce que vous devez représenter au Roi concernant la permission que les comédiens ont eue de s'établir dans la rue de Savoie. »
J. Racine, vi 37
LETTRES
gens de palais, trouvant fort étrange qu'on vienne leur embarrasser leurs rues. M. Billard^ ^ surtout, qui se trouvera vis-à-vis de la porte du parterre, crie fort haut ; et quand on lui a voulu dire qu'il en auroit plus de commodité pour s'aller divertir quelquefois, il a répondu fort tragiquement : « Je ne veux point me divertir. »
Adieu, Monsieur. Je fais moi-même ce que je puis pour vous divertir, quoique j'aie le cœur fort triste depuis la lettre que vous avez écrite à Madame votre sœur. Si vous croyez que je puisse vous être bon à quelque chose à Bourbon, n'en faites point de façon, mandez-le-moi : je volerai pour vous aller voir.