‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 54 sur 394 · Odyssée^ livre XI, vers 4o · texte numérisé non relu

Odyssée^ livre XI, vers 4o

RKMA ROUES

r;iiil. M})i'<\s <|ii<M il fut ruf' p;ir Orostc. .\'<i\ rciii;i (•( jiic (in llnmère ne dit jnmais expressément qn'Orestc ait tur sa mere, et qu'il ('vite cela comme ime chose odieuse ; mais il le dit ouvertement ici :

"Utoi 6 Tov xTsfvaç Safvu -dcpov 'Apysioiaiv

Mr)Tp6ç T£ aToysp^ç y,cà àvczXxiSoç A^yiaOoto. [Vers 3o9 ot 3io.]

11 fit un banquet pour la se'pulture de sa mère et du lâche l5gisthe. Oreste étant jeune avoit été envoyé par sa sœur Électra dans la Phocide, afin qu'il ne fût pas tué par Egisthe. Il n'en ï^evint que douze ans après, selon quelques-uns, et sept, selon Homère.

Nestor conseille à Telemacluis de n'être pas longtemps hors de son logis.

Koà au, cûi'Xoç, [J.r) orjOà S6[j.a)V fxTZo xrjX' aXf^Xrjao,

KT)^[j.aTdc xs TtpoXiTiwv dcvÔpaç t' Iv ooiai o6[).oici

OuTcj uTTSpcpidcXouç, fJLV]Toi xaxoc TTavxa cpczycoai. [Vers 3i3-3i5.]

Mais il dit qu'il aille voir auparavant Menelaûs , lequel est nouvellement revenu de bien loin, et d'une mer dont les oiseaux mêmes ne pourroient pas revenir en un an, car elle est vaste et horrible à voir. Ce n'est pourtant que la Méditerranée; car Menelaûs n'avoit été qu'en Egypte, et les héros d'Homère n'ont jamais vu l'Océan, ni même les Romains devant César, c{uiy monta le premier pour passer en Angleterre. Aloi^s ils se mettent à table, et font des libations à Neptune et aux autres dieux. Pallas leur dit qu'ils se hâtent, et qu'il ne faut pas être trop longtemps à table quand on y est pour faire des libations , parce que ces choses-là sans doute se dévoient faire avec révérence. Nestor les retient à coucher, et dit que tant qu'il vivra, il ne souffrira pas que le fils d'un tel homme qu'Ulysse couche sur le plancher d'un vaisseau. Après moi, mes enfants auront encore soin de bien traiter les hôtes :

"E;reiTa ol Ttaîosç h\ [jLSYt^poiat Xf;r(i)VTai, Seivouç ^sivi'î^siv 8aTtç s[jt.à §({)[j.aO' Txrjxat. [Vers 354 et 355.]

Pallas lui dit qu'elle lui sait bon gré ; mais, pour éviter de coucher au logis de Nestor, elle dit qu'ayant le plus d'autorité parmi les compagnons de Telemachus, il faut qu'elle les

aille treuver, et que dès le matin elle ira chez les Caucons, où on lui doit une dette qui n'est pas nouvelle ni petite ; car les vieilles dettes sont les meilleures :

"EvOa yj)zt6<; [Jioi 6cpéX)^£Tai, ouii vsov OôB' ÔXfyov. [Vers 867 et 368.]

Puis elle lui recommande Telemachus, et elle s'en va, pareille à un aigle, c'est-à-dire terrible comme une aigle ^ :

<î>r]V, £ioo[j.évr) • Oap.6o$ 8' I'Xê îrdcvTraç ^Bovraç. [Vers 372.]

Les Latins traduisent ossifraga : c'est une espèce d'aigle qui est carnassier et qui brise les os ; car Pline en rapporte de six espèces, liv. X, c. 3.

Aussitôt Nestor prend Telemachus par la main, et dit qu'il doit être un jour quelque chose de grand , puisque les Dieux l'accompagnent si visiblement :

Eî St] toi véoi wB£ 0£o\ 3ûO{ji.7î^£ç lîtoviai. [Vers 376,]

Car assurément, dit-il, c'est là la fille de Jupiter, Pallas. Nestor lui fait un vœu de lui sacrifier une génisse bien saine, large de front, et qui n'est pas encore domptée, et de lui verser de l'or entre les cornes. C'étoit là un des plus augustes sacrifices. Pallas l'écouta. Après Nestor ramène tous ses gendres et ses enfants à son logis, les fait asseoir chacun selon son rang , et puis il remplit une coupe de vin qu'on gardoit depuis onze ans ; et ils en boivent tous en l'honneui" de Pallas.

Après quoi ils se vont tous coucher. Nestor retient Telemachus, et fait coucher son fils Pisistrate auprès de lui, car il n'étoit pas encore marié ; et lui couche dans un appartement d'en haut avec sa femme. Dès le matin il se lève, et se vient seoir sur de belles pierres blanches et reluisantes qui étoient devant sa porte. Là s'étoit assis Neleûs, son père; et Nestor s'y assoit présentement, portant un sceptre à la main; et autour de lui s'arrangeoient tous ses enfants, dont Homère nomme six.

1 . Racine a écrit ainsi, dans cette même phrase, d'abord un aigle^ puis une aigle.

J. Racime. VI 6

REMARQUES

Telemachiis y vient aussi avec Pisistrate, qui fait le sixième. Nestor commande à ses enfants d'aller, les uns quérir une génisse à la campagne, les autres quérir les compagnons de Telemachus, les autres d'aller quérir l'orfèvre, afin défaire le sacrifice, et aux autres enfin de donner ordre au dîner.

*Qç è'cpaO'. 01 û' à'pa ^:dcvTeç i7:o(;rvuov. [Vers 43o.]

Il est aussitôt obéi. La génisse vient, les compagnons de Telemachus, et l'orfèvre,

"OtzV h '/spalv à'/^wv joiX-A-/{ia. îreipaxa T£)(Vy)ç,

"A3<|JL0vdc -ï£ acpupav t' £UTO(r)T6v te ;rupczYpr)V [vers 433 et 434]»

ayant dans les mains ses instruments, son enclume, son marteau et ses tenailles. Il ne se peut rien voir de mieux réglé que toute la famille de Nestor. On voit que chacun fait son office : l'un tient la coignée, l'autre le vase pour recevoir le sang. Nestor tient une aiguière ; il invoque Minerve, coupe du poil dessus la tête de la génisse , et puis les jette dans le feu avec de la farine salée, que les Latins appellent mola (d'où vient immolo)^ les Grecs, oùXoyuTTjç.

Aussitôt ïhrasymède, son fils , lui donne un grand coup de hache sur le cou, et la tue ; les filles et les femmes font un grand cri, ôXoXu^otv*. Héliodore dit la même chose en un sacrifice de cent bœufs. Aussitôt, dit-il, qu'on donna les coups de hache, wXoXu^av ai yuvaixsç, vjXàXa^av otàvSpsç^. La femme de Nestor s'appeloit Eurydicé , fille de Glymenus. On fait cuire les viandes, c'est-à-dire les membres de cette génisse découpés ; on couvroit les cuisses de la coiffe, c'est-à-dire de la peau qui couvre les intestins, omentum. Cependant la belle Polycaste, la dernière des filles de Nestor, lave Telemachus : après quoi il reprend ses habillements.

''Ex ^' àaa[JL{v6ou Bépi.aç 'Aôavdcxoiaiv ôpLotoç. [Vers 468.]

Après le dîner, Nestor commande à ses enfants d'accommoder un chariot pour Telemachus : ce qu'ils font. Telemachus y monte , et Pisistrate aussi , qui prend les rênes à îa

Page 1