‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 75 sur 394 · Vers iio. — 3. Énéide, livre I, vers · texte numérisé non relu

Vers iio. — 3. Énéide, livre I, vers

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE. ii5

Mortalis^ nec vox homînem sonat : o dea certe; An Phœbi soror^ an Njmpliarum sanguînis una ?

Mais comme il n'y avoit guère d'apparence que ce fût une de'esse, Ulysse se contente d'en douter, et la cajole comme fille ; car il ne faut pas que les louanges soient excessives , et il vaut mieux dire à un homme qu'il est un grand homme que de lui dire qu'il est un dieu ; car le dernier passe pour une pure flatterie.

Et -ziç, Icyai [BpoTwv, to\ Itti )(0ov\ vaisTdcouct,

Tpiajjidcxapsç Bè xaatyvyixoi • [xdcXa tzo^ àtpiai Ou[xbç

klh sucppoauvrjaiv ?a(veTat, e'^vsxa asTo,

AsuaaévTCDV toiôvBs GdcXoç /^opbv eîaoï/^vsuaav.

Kstvoç 8' au Tcspi x^pt jJLaxdcpxaxoç £^o)(ov à'XXœv,

^Oç, x£ a' léôvoiai |3p{<jaç otxôvS' dcyaYrjTai. [Vers iSS-iSg.]

Cette expression est tout à fait belle. Ah! dit-il, quelle joie pour vos parents, lorsqu'ils voient une si belle fille paroître dans la danse comme une fleur qui brifle par-dessus toutes les autres ^ ! car c'est là que la beauté éclate, chacune ayant soin de se parer. Mais plus heureux, dit-il, celui qui vous épousera, en vous chargeant d'une dot immense! pour dire qu'elle méritoit beaucoup : Car, dit-il, je n'ai encore rien vu de si beau, ni homme ni femme, et je suis saisi de vénération :

Siêaç [Ji' ïyzi £i(Jop6a)Vxa. [Vers i6i.]

Telle ai-je vu une jeune plante de laurier qui croissoit auprès de l'autel d'Apollon à Délos, il n'y a pas longtemps; car j'ai été là, et j'étois suivi de beaucoup de peuple dans ce voyage, qui m'a tant coûté de maux. Il marque en passant qu'il est une personne de conséquence, afin qu'elle l'écoute mieux. J'admirai, dit-il, ce beau rejeton, et je le regardai longtemps, car je n'en avois point vu sortir de terre un si beau; et je vous admire tout de même, et n'ose pas m'appro-

1. Racine a écrit : « un fleur qui brille par-dessus tous les autres. » On peut s'étonner de celte double inadvertance, qui reproduit le genre latin de flos.

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REMARQUES

cher de vos genoux, quoique je sois fort affligé. Il lui coule ce qu'il a souffert sur la mer, et lui dit :

'AXXà, dcvaaa, IXéaips, as yàp xa/oc -noXka. [xoyT^aaç 'Eç ;tp6L)T:r]V tx6(j.riv. [Vers lyB et 176.]

Car c'est comme une obligation plus forte d'assister un étranger qui s'est adressé à nous tous les premiers. Et voilà le vœu qu'il fait pour elle :

Sol Se 0£o\ T6(ja Boîev, 80a (ûpzai ayjai (jievoivaç, "AvBpa X£ xa\ otxov, y.a\ 6[j.ocppoc'jvr)v ÔTzdcastav 'Ea6X7]v • où p-rjv yàp -ouys xpsiaaov xa\ dcpeiov

89' o[JLOcppov£ov-£ voï^[a.actv or/.ov l'y^rjTov, 'Avr]p TjBI yuvT^ • ttoXX' à'Xyea SuajjLSvésaai,

XapjJiaTa ô' eufxevétTjoi • {jiczXiaTa 8é t' I'xXuov «uTof. [Vers i8o-i85.]

Je souhaite que les Dieux vous donnent tout ce que vous desirez : un mari, une famille , et une bonne intelligence ; car il n'y a rien de plus beau que quand une femme et un mari sont d'accord. Quand ils se haïssent, il leur arrive toute sorte de maux, et toute sorte de biens quand ils s'aiment; et ils le reconnoissent eux-mêmes fort bien, ou plutôt, comme je crois, les Dieux mêmes les favorisent de plus en plus lorsqu'ils s'entendent bien l'un avec l'autre.

La princesse lui répond ces paroles obligeantes:

Eerv' {ÏTZÛ o^Jts xaxo), o5V à'cppovi 9wt\ eoixa;), Zsùç ô' aùxbç V£[X£'. è'X6ov 'OX'jtx-ioç avOpw-oiatv, 'EcôXotç TjSè xaxotaiv, otcwç lOsXyjaiv l/aatco'

Ka{ -où aoi taS' è'Btoxs, al 5s /p7) X£-cXatj.£v Itj,;:/)?. [Vers 187-190.]

Ces paroles sont belles et sont ordinaires dans Homère, pour ne pas mépriser un homme parce qu'il est en un pauvre état, parce que le bonheur et le malheur viennent à chacun selon que Dieu les distribue. Elle lui apprend en quel pays il est, et qui elle est elle-même. En même temps elle appelle ses servantes, et leur dit: Faut-il s'enfuir pour voir un homme? il n'y en a point d'assez hardi pour venir comme ennemi dans le pays des Phéaques; car ils sont trop aimés des Dieux. Mais celui-ci est un malheureux qu'il faut bien traiter ; car tous les étrangers et les pauvres viennent de la part de Jupiter, et il

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

leur faut donner, pour peu que ce soit. Ces servantes s'approchent, et mènent Ulysse sur le bord du fleuve, sous un ombrage, et apportent de l'huile pour le frotter. Mais Ulysse leur dit de se retirer, parce qu'il auroit honte de paroitre nu devant des filles : ce qu'elles font, et elles le redisent à leur maîtresse. Alors Ulysse se lave, et fait en aller ^ toute l'écume et toutes les ordures de la mer, dont son corps et sa tête étoit couverte. Et après qu'il s'est bien lavé, et qu'il a mis sur son dos la casaque que la princesse lui avoit fait donner, Minerve répand autour de lui une nouvelle beauté, et le fait paroître plus grand et plus gros à proportions. Elle fait descendre sur ses épaules ses beaux cheveux noirs bouclés; car il dit qu'ils étoient de la couleur d'hyacinthe, qui passe pour noire. Homère répète cette fiction en deux ou trois endroits, et Virgile l'a imitée au [livre] i. de VÉn. Voici comme ils parlent tous deux :

Tbv (JI.SV 'AO/jvai'r; G^xsv Aibç l'/ysyauTa,

MefCova T statSésiv xat Tcdcaaova* xaBol xâprjToç

OSXaç ^y.£ x6|j.aç, uaxtvOivco à'vOsi 6[i.otaç.

Tlç 8' 0T£ Tiç ypuabv Tczpiyz-ôzxai (Jpyupti) aVTjp

"ISpiç, ov "HcpataToç BéSasv xat EaXkaç ''AOïivyj

Tiyyriv TOVcofr^v, ^apfsvia Sà epya xzkdzi.

Xi<; à'pa Tw xaxs/^eue ïA?^-"* î^scpaX^ xs xai wfjiotç.

^'EÇet' I'tcsit', £j7r(^V£u6s xtoiv, Irà Gtva ôaXdcaarjç,

KdtXXeV xa\ /^apiai axfXStov 6y]£ÎTo Sè xo6py). [Vers 229-237.]

Restitit jEneas, claraque in luce refulsit^ Os humerosque deo similis; namque ipsa décor am Ceesariem nato genitrix^ lumenque juventx Purpureum^ et hetos oculis afflarat honores : Quale manus addunt ebori decus; aut ubi flavo Argentum^ Pariusve lapis, cîrcumdatur aura ^.

Virgile est plus court, mais il paroît aussi plus délicat, et il met tout l'embellissement d'Enée aux cheveux, au teint du visage et à l'éclat des yeux, au lieu qu'Homère se contente de dire qu'Ulysse parut plus grand et plus gros, et que ses che-

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