Énéide, livre I, vers
REMARQUES
veux descendirent sur sa tête. Il est vrai qu'il dit après: xaXXet xai /àpiai (jTiXêojv. Virgile finit comme Homère :
Obstupuit primo aspectu Sîdonia D'ido ^.
Mais ici Nausicaa dit à ses servantes : Ce n'est point contre la volonté [des Dieux] que cet étranger est venu ici. D'abord il paroissoit un homme de néant, mais maintenant il est beau comme un dieu. Ah! plût à Dieu que j'eusse mari semblable à lui! ou bien, plût à Dieu que je le pusse appeler mon mari, et qu'il voulût demeurer ici. ! mais donnez-lui à boire et à manger : ce qu'elles font, et Ulysse mange avec avidité, àpTralioK^'j car il n'avoit pas mangé de longtemps. Cependant Nausicaa replie tous ses habits et se prépare à s'en aller. Elle monte à son chariot, et dit à Ulysse qu'il la suive. Tant que nous serons dans la campagne, venez derrière mon chariot avec mes femmes ; mais lorsque nous arriverons près du port, où le peuple tient son assemblée sur de grandes pierres cavées exprès, et où l'on travaille à l'équipage des vaisseaux, car c'est là toute leur étude, et les Phéaques ne s'appliquent point à l'arc ni au carquois, mais seulement aux voiles et aux rames, j'appréhende leur médisance cruelle, car le peuple est imsolent ; et peut-être quelqu'un d'eux diroit méchamment : Qui est ce bel et grand étranger qui suit Nausicaa ? Où l'at-elle treuvé ? Sans doute qu'il sera son mari. Ne l'a-t-elle point sauvé de quelque naufrage ? Ou bien, n'est-ce point quelque dieu qui lui soit venu du ciel durant qu'elle faisoit ses prières? Et elle l'aura toute sa vie pour mari. Aussi bien mépriset-elle tous ceux de ce pays qui la recherchent en grand nombre, et tous fort nobles. On voit là une peinture admirable des discours d'une populace qui s'ingère dans toutes les actions des grands.
Aussi Nausicaa dit-elle qu'elle fuit ces bruits-là : Et ce me