I. Livre I, vers 33-4o. — 2. Livre XXV, chapitre v
SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE. i^^
Elle ne faisoit que de revenir de chez Jupiter, son père ; et elle e'toit assise lorsque Mars entra.
"Ev x' (?pa ol cpu x^^9^) ^'f «T^'î T^' 6v6[i.a^£ •
Atupo, cpfXr), Xf/.tpovBe Tpa7T:eio{i.ev euvrjOivTS. Ou Y^p l'Q' 1Ï9aiaT0ç (jieTaBvJp-ioç, àXXcx tiou rjSrj Or)(^£Tat eç A^jxvov, (jLexà SfvTiaç àYpio9(jL)Vouç.
9^70. Tr) 8' àorcaorbv lefaaxo xotpirjÔ^var Tw é' Iç ôéfJLVia Pdtvxe xaxéBpaôov. [Vers 291-296.]
Ce mot ne signifie pas là dormir, comme il y a dans la versions car ils n'en eurent pas le loisir; mais il veut dire se coucher.
Te)(V7^£vx£ç ïyy^xo TtoXicppovoç 'Hcpafaxoio* OùBé XI xivîjaai (jlêXéwv ^v, ouS' dcvastpai.
Kai x6xe Brj yfvwaxov, 8x' oùxéxi cpuxxà TcIXovxau [Vers 296-299.]
Vulcain ne tarda guère à venir, car le Soleil avoit fait sentinelle pour lui, et l'avoit averti. Il vint dans la chambre ; et cette vue le fâcha fort :
"Eaxr) 8' h TrpoOûpotoi, "/àloi; Bé [xiv à'ypioç îjpsi'
S[xep8aXéov 8' sSÔTjas, yéywvé xs Tràat Gsoîaiv [Vers 3o4 et 3o5.]
Venez, ô Jupiter, et vous autres. Dieux immortels, venez voir des choses honteuses et qui ne sont pas supportables. C'est ainsi que Vénus m'outrage à cause que je suis boiteux, et qu'elle aime le cruel Mars :
OuV£)(^' Ô (JLSV xaX<$ç x£ xoi àpxf;roç, aùxâtp l'yco^E 'H:c£8avb$ Y£v6[j.r;v • àxocp oSxt [koi alxioç à'XXoç, 'AXXà xox^£ 8u(o. [Vers 3io-3i2.]
Je voudrois qu'ils ne m'eussent point mis au monde. Je ne crois pas qu'ils puissent aisément dormir ensemble, quelque amour qu'ils aient, et peut-être ne voudront [-ils] plus y reve-
I . Racine parle peut-être de la traduction latine de Van Giffen (Giphanius), donnée par plusieurs des anciennes éditions de V Iliade^ et où le vers 296 est ainsi rendu : In lectulum ut conscenderimt ^ dormierunt.
i36 REMARQUES
nir ; mais je les tiendrai renfermés * jusqu'à ce que Jupiter me rende tout le douaire de sa fille :
Ouvexdc 01 xaX^j GuY<^Tr)p • <Jiàp oùx Ijé^i^oç. [Vers Sig et Sao.]
Ainsi parla-t-il; et tous les Dieux accoururent à sa maison. Neptune y vint, et l'agréable Mercure, et l'adroit Apollon y vint aussi.
0r)Xi5Tepai ôs Qzcà |xévov aïBoî'otxoi IxdtaTrj. [Vers 324-] Les Dieux vinrent donc à la porte de la chambre : "E(TTav 8' h TrpoOupoiai 0£o\, ôwtîîpsç êdcwv Ts)(vaç eicrop6(oari TtoXucppovoç 'Hcpafatoio. [Vers 32 5-327.]
Et chacun disoit à son voisin : Les mauvaises actions ne réussissent point bien, et quelquefois le foible attrape le plus fort :
05x dcpsToc xaxà l'pya* xiycicvsi toi PpaBuç tixiv •
'Qç xal vuv "Hcpatatoç, Iwv PpaBuç, sTXev "Apr)a,
'Qx6Ta-r6v Trsp l6vTa 6£wv ot ^'OXuij.tcov eyouot,
XwXbç Itbv, xé)(^VYiat. Tb xa\ |jLot)(^dtYpi' ôcpéXXei [vers 329-332],
c'est-à-dire qu'il est coupable d'adultère manifeste, ayant été pris en flagrant délit. Ainsi se parloient-ils les uns aux autres ; et Apollon interrogea Mercure :
'EpiJLsfa, Aibç ms, Sidcxtops, Swxop èdcwv,
'H pc^ xev Iv 8ea|j.oîai 6éXoiç xpaispotai TctsaOsU
EuBeiv Iv Xéxxpoiat Tcapà xpua^ 'AcppoSfTr] ; [Vers 335-337-]
Et Mercure lui répondit :
M Y^'P TO'J'co Y^'^otT^Oj ava^ lxaTr;66X' "AttoXXov
A£a[j.o'i [JLEV Tp\ç idacoi à;:£fpov'eç àfxo'iç à'^oiEV,
TpLetç 5' £iaop6wT£, B£o\, :caaa{ te 0iaivaf
AÙTàp Iywv £u§oi(xi Tiapà xpy<în 'AcppoSfTri. [Vers 339-342.]
Tous les Dieux se prirent à rire; mais Neptune n'en rit
I . En tête de la page 94, qui commence ici, et de la suivante, Racine a écrit : « Mars et Vénus. »
SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE
point du tout : au contraire, il prioit toujours Vulcain de les délier, et s'engageoit à lui payer tout ce qu'il faudroit. Mais Vulcain le prioit de ne lui en parler point, et qu'il n'étoit pas meilleur que les autres :
AsiXaC TOI BetXwv ys %oà ly^{>ixi lYyudcaaOai. [Vers 35 1.]
Et comment vous pourrois-je attraper dans mes filets, si Mars s'en étoit une fois fui sans rien payer?
Mais Neptune l'en pressa tellement, et en re'pondit de telle façon, que Vulcain les délia. Mais pourquoi Neptune étoit-il le seul qui s'empresse pour leur délivrance, vu que Jupiter, le père de l'un et de l'autre, n'en dit pas un mot? Je crois que c'est à cause que Neptune étoit le plus sérieux d'entre les Dieux, et le moins enjoué; c'est ce que Lucien fait dire à Momus dans le Jupiter tragique^ : Ô Dieu! dit-il, Neptune, que vous êtes ruste ^ et grossier ! Aussi l'on voit qu'il n'y a rien de plus ruste que ces sortes de gens qui sont toujours sur la mer', outre que la mer est le plus farouche de tous les éléments. Enfin ils sortent de ces filets :
Tw 8' Inû lu Bsafxotb Xij0sv, xpaxspou usp I^vtoÇj
*H o' àpa KuTTpov "xave <pt).o[ji{j.eiS/)(; 'AcppoBixr),
'Eç n(jtcpov. "Ev6a Sé oc xe^xevoç, jSwjxoç xs Guy^siç.
"EvOa 8é [XIV Xdtptxsç Xouaav xai /.P^crav IXafto
'Aji.6p6xoj, ota Oeou; IttsvtÎvoÔsv a?£V lovxaç.
j\{xcp\ Sè e^piaxa faaav eTCTjpaxa, 6au[xa iBéa6at. [Vers 36o-366.]
Après cela*, Alcinoiis fit danser deux de ses enfants, qui
1. Voyez au § aS de ce dialogue. Racine cite de mémoire. Dans les éditions de Lucien que nous avons vues, ce n'est pas Momus, mais Jupiter qui taxe Neptune de grossièreté, et encore dans de tout autres termes que ceux que lui prête ici notre auteur.
2. Racine a écrit ruste^ et non rustre; ce n'est point par inadvertance ; ce mot est ici deux fois, et nous le retrouverons plus loin dans une lettre que Racine écrivait vers le même temps.
3. Stetitque in limine barbïs horrentïbiis nauta. Petr. {Note de Racine.^ Voyez le chapitre xcix du Satjricon de Pétrone.
4- En tête de la page 96, qui, dans le manuscrit, commence par ces mots, Racine a écrit : « Réconciliation, »
REMARQUES
excelloient sur tous les autres. L'un jetoit une balle bien haut en l'air, et l'autre, s'élevant de la terre, la prenoit avant que de retomber. Après ils dansèrent, et tout le monde leur applaudissoit. Ulysse prend occasion de flatter Alcinoûs, et lui dit qu'il avoit raison de vanter leurs danseurs, et qu'il étoit tout étonné de les voir.
cpûc-co* YvjOrjasv 8' ispbv {j-svoç 'AXxiv6oio. [Vers 385.]
Ce mot (JI.SVOÇ est ordinaire dans Homère pour dire la personne, ou l'esprit, ou le courage. Il met ici îspov (/.evo;, parce que les rois sont des personnes sacrées. Alcinous exhorte les douze principaux d'entre eux de lui donner chacun un talent et quelque vêtement riche, et de l'apporter chez lui, et dit à Euryalus de se réconcilier avec lui de paroles et par présent. Chacun loue le discours d' Alcinoûs, et envoie son présent par un héraut.
Euryalus fait présent à Ulysse de son épée, en lui disant :
AeivbVj àcpap xb cpÉpoiev dvapTcdc^aaat à'eXXat. [Vers 408 et 4^9 •]
Ulysse lui répond généreusement :
Kal au ipfXo?, [j-dcXa jcapz, 0£o"i 81 xoi ô'X6ia Botsv •
MyjSé xf xot ^i<fz6ç ye ttoÔt) }xzt6t:iqU ysvoixo. [Vers 41 3 et 4i4-]
Cette forme de réconciUation est fort belle et fort honnête ; et il semble qu'Homère a voulu donner des exemples de toutes les actions civiles dans l'Odyssée, comme de militaires dans Y Iliade; car la querelle d'Achille et d'Agamemnon, et leur réconciliation, est une idée des querelles des grands, et celleci des particuliers, qui sont bien plus faciles à terminer. On porte les présents chez Alcinoûs, lequel dit à sa femme de lui faire aussi le sien comme les autres, et de mener Ulysse au bain, afin qu'il en soupe de meilleur cœur ; et il lui donne aussi sa coupe d'or, afin qu'il se souvienne de lui lorsqu'il fera des libations en l'honneur des Dieux. Aussitôt Arété, sa femme, commande à ses femmes de mettre de l'eau sur le feu, ce qu'il exprime ainsi :
r^taxoyjv aèv xootoSoç tçuo à'acosTce, 6sou,£xo 8' uSwp . [Vers 437-]
SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE
Cependant elle fait apporter une belle cassette, où elle enferme tous les présents qu'on a faits* à Ulysse, et lui dit de la bien fermer lui-même, afin qu'on ne lui dérobe rien dans le vaisseau, tandis qu'il dormira. Alors Ulysse ferme le couvercle, et y fait un nœud difficile, TiotxiXov ^ que Circé lui avoit appris. Ensuite il va au bain, et on a soin de lui comme d'un dieu :
Téçpa Zé ol xofxiS)^ ys, Gew ï^KTzzhoç ^£V. [Vers 453.]
Lorsqu'il revient dans la salle, àvSpaç (xeTa oivoiroTyipaç^, la belle Nausicaa l'arrête à l'entrée, et lui dit : Bonjour, étranger; souvenez- vous de moi quand vous serez de retour chez vous, puisque je vous ai sauvé la vie :
"^Oti (JLOi 7tpt[)Tr) Çwàypi' 6(péXXei;. [Vers 462."]
Ulysse lui répond fort civilement; et puis il se va seoir auprès du Roi, et se met à table. Le héraut amène l'aimable musicien Démodocus, qui étoit honoré des peuples, et le fait asseoir au milieu de tous les conviés. Ulysse lui envoie un grand quartier de fesse de porc, c'est-à-dire, ce me semble, d'un cochon de lait, et force sauce autour, ÔaXepri S' yiv àtxcpiç aXoicpvj*. Donnez cela, dit-il, à Démodocus, et dites-lui que je ....... ^, tout triste que je suis ® :
Ilaai yàp dcvOptÛTToiCTiv lTCt)(^0ovtoiatv àoiBo\
Ti[jLrjç à'[jLp.opo{ ehi v.cà a?8ouç, ouvex' à'pa a^eaç
OrfAaç Moua' iBfBa^s* (pfXrjae 81 cpuXov àoiBwv. [Vers 479-481.]
Démodocus est fort réjoui de la bonne volonté d'Ulysse; et sur la fin du souper, Ulysse lui dit :
Ar)pL6Boy.', l'^oya ce ppottov aivf^opi,' ocTtavicov •