‹ Pédagogie pratique et théorique [microforme] (volume 2)Chapitre 62 sur 133 · Je trax rillerai demain. (Futur · texte numérisé non relu

Je trax rillerai demain. (Futur

SusET : L'enfant studieux

Le maître tient à la main une image représentant un enfant assis auprès d’une table sur laquelle il est accoudé et lisant ‘attentivement dans une géographie, (Au besoin, le maître peut faire ce dessin au tableau).

M.— Aristide, regardez ce dessin : et dites-moi ce que fait

ce petit garçon que nous appellerons Jean-Jacques ? Aristide.— Jean-Jacques apprend sa géographie,

M.—(s'adressant à toute la classe) prenez note de cette proposition :

10 Jean-Jacques apprend sa géographie.

Comment Jean-Jacques est-il installé pour étudier ? Aristide. —Jean-Jacques est accoudé sur la table.

M.—Ecrivez à la suite de la première cette seconde proposition se rapportant au lieu :

20 Jean-Jacques est accoudé sur la table.

M.—Cette attituae de l'enfant ne vous dit-elle pas comment il étudie ?

Aristide.— Oui, mone’ :r :

20 Jean-Jacques étudie attentivement. (manière.) + M.—Pourquoi étudie-t-il ainsi ?

Aristide.—-C'est parre que l'examen approche. 40 Jean-Jacqu lie parce que l'examen aproche.

M—Por la fen qu’il y a d'indiquée sur la gravure, qu'est-ce que Jean-Ja ues aperçoit dans la rue ?

E.—Ses camarades qui sont à jouer.

M.—Bien, ne pourriez-vous pas formuler une proposition marquant le temps où Jean-Jacques est à étudier °

50 Jean-Jacques étudie pendant que les camarades jouent.

M.—Mes enfants, vous avez donc découvert cinq propositions isolées se rapportant au même sujet. Maintenant, lisez ces propositions dans l’ordre qu’elles ont été écrites :

E.—Jean-Jacques apprend sa géographie —Jean-Jacques est accoudé sur la table. — Jean-Jacques étudie attentivement. —Jean- Jacques étudie parce que l'examen approche.--Jean-Jacques étudie pendant que les camarades jouent.

M.—Etes-vous satisfait de votre rédaction Joseph ?

Joseph—Non, monsieur ; ça ne se lit pas bien, ça sonne mai à loreille ; le mot Jean-Jacques est trop souvent répété,

M.—Fcrive: de nouveau votre rédaction en remplaçant le nom pruyre Jean-Jacques par un pronom convenable.

NTIC

E.—(écrivant) : Jean-Jacques apprend sa g‘ograyphie, —il est accoudé sur la table—ct il étudie attentivement, —parce que l’examen approche.—pendant que les camarades jouent.

M.—Ce n’est pas encore cela. Vous avez bien mis les propositions trouvées à la file, mais vous n’avez pas su les arranger convenablement. Diriez-vous : Jules fit sa toilelle après avoir fait une promenade ? Ne vaudrait-il pas mieux s'exprimer ainsi : Jules fit sa toilette, puis € alla faire une promenade.

Dans une phrase, chaque proposition doit être à la place qui lui convient (1). Essayons donc, avec les propositions que nous venons d'écrire, de former une phrase que notre oreille acceptera.

Charles—Moi, monsieur ! ‘“ Jean-Jacques, accoud£ sur la table, étudie attentivement sa géographie, parce que l'examen approche, pendant que les camarades jouent.”

M.—Cette phrase ainsi construites est-elle du goût de tout le monde.

Michel.—D'après la phrase de Charles, on croirait que les. camarades jouenr pendant que l'eramen approche ; tandis que c'est pendant que Jean-Jacques étudie, que ses camarades

s'amusent. Il me semoule qu’il vaudrait mieux dire: “ :::

dant que les camarades jouent, Jean-Jacques, accoudé sur 1a table,.étudie attentivement sa géographie, parce que l'examen approche. ”

M.—Très bien! mon ami, voilà qui est bien arrangé. Vos deux oreilles Vous ont servi d’excellents guides. A l'avenir, avant de mettre une rédaction au propre, relisez-en le brouillon à haute voix. (2)

(1)La phrase est une suite de propositions formant un sens complet et servant à l'expression d’un raisonnement : Comme la maïn de Dieu était sur Joram—son règne fut court—et ga mort fut affreuse—Cette pkrase contient trois propositions.

La période est une suite de phrases dont les parties sont unies entre elles® Celui qui règne dans tes cieux et de gui relèvent tous les empires, à qui geu/ appartient la giuire, la majesté et l'indépendance, —est aussi le seul qui se glorife de faire la loi aux rois—et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et terribles leçons. Cette période contient quatre phrases ou membres de période. La période ne doit jamais être composée de plus de quatre à cinq membres.

(2) I1 faut faire remarquer aux enfants que les propositions sont reliées par ccrtains mots qui font l'office des écrous et des chaînes ‘qui relient entre eux les wagons d'un même convoi de chemin de fer ; les r:latifs qui, que, dont, auquel, etc. et les con/onctions quand depuis que, tandis que, etc., ete,

Voilà pour l'invention et la disposition. Il reste encore l’élocution où ornement avec lequel il faut familiariser les élèves, suivant leur âge et leur degré d'avancement intellectuel. Au moyen de questions, les élèves finissent toujours par trouver des expressions qui enjolivent la phrase, la rendent plus claire ou plus vive.

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