V. 1763. — On leur baisera les mains, parce
qu’elles seront de puissantes dames suzeraines.
V. 176Û. — Encore ici Sanchez interprète le verbe decir au sens de bajar, apearse ( descendre , mettre pied à terre). Pour le coup, je me sépare de lui, et je crois qu’il faut entendre le verbe decir, à cet endroit , dans son sens ordinaire : dire. Si le poète avait voulu donner au verbe decir la signification de descendre, mettre pied à teire , il
On voit son visage fatigué , car il avait ôté son armure.
Il entra ainsi sur Babieca, l’épée à la main.
Les dames qui étaient l’attendant, le reçoivent.
755 Mon Cid s’arrêta devant elles, en retenant la bride de son cheval :
« Devant vous, dames, je m’humilie! je vous ai gagné un grand prix. «Vous gardiez Valence, et moi j’ai vaincu dans le champ.
« Cela , Dieu l’a voulu avec tous ses saints ,
«Puisque, pour votre venue, ils nous ont donné un tel butin.
760 «Voyez l’épée sanglante et le cheval suant.
«Avec un tel [cheval] que celui-ci se vainquent les Mores dans le champ. « Priez le Créateur que pour vous il vive quelques années ;
« Vous croîtrez en valeur, et l’on vous baisera les mains. »
Voilà ce que dit Mon Cid, parlant de son cheval.
765 Lorsqu’elles le virent debout , car il était descendu de cheval ,
Les dames et ses filles , et sa femme qui vaut beaucoup ,
Se mirent à genoux devant le Campéador :
«Nous sommes en votre merci, et puissiez-vous vivre de longues années N Au retour, avec lui elles entrèrent au palais ,
770 Et allèrent s’asseoir avec lui sur de précieux bancs à dossier.
«Or çà, femme doña Chimène, ne m’en aviez-vous pas prié?
«Ces dames, que vous avez amenées [et] qui si bien vous servent,
«Je les veux marier avec de ces miens vassaux.
«A chacune d’elles je donne deux cents marcs d’argent,
775 «Afin qu’on sache en Castille qui elles ont si bien servi.
«Quant à ce qui concerne vos filles, cela viendra plus tard. »
Elles se levèrent toutes , et lui baisèrent les mains.
Grande fut la joie qu’il y eut par le palais.
Comme l’avait dit le Cid, ainsi on l’a exécuté.
780 Minaya Alvar Fanez était allé dans le camp,
Parmi toutes ces troupes , écrivant et comptant.
ne dirait pas au vers suivant en parlant du Cid : «Car il était descendu de cheval.»
V. 1773. — A cette expression con de aquestos, Sanchez dit, avec raison, que c’est une manière de parler toute française. Il en est de même de l’expression el bueno de Mío Cid, qui se trouve plus loin (v. 1812).