V. 2288. — Seye. Voyez au vers 18/19 la note
V. 2296. — Camara. Ce mot n’a-t-il pas été altéré, modernisé par le copiste? M. Raynouard, dans son Lexique roman , cite le mot cambra comme appartenant à l’ancien espagnol. — Torre. Remarquer ce mot placé à la fin d’un vers darvs un
coupletdont l’assonance est en 0 aigu. Dans les poésies de Gonzalo de Berceo , l’on trouve tor ou torr.
V. 2297. — Sanchez interprète so’l (ou sol) : soel, debajo del (sous le, au-dessous du), faisant élider l'e de l’article el par la voyelle qui précède. Sanchez a fort bien vu.
A Valence se tenait Mon Cid avec tous ses vassaux.
Avec lui ses deux gendres les infants de Carrion.
290 II était étendu sur un banc à dossier, il dormait le Campéador.
Une méchante alerte sachez qu’il leur survint.
Le lion sortit de sa cage et rompit son attache.
En grande crainte ils se virent au milieu de la cour.
Ceux du Campéador mettent leurs manteaux sur leurs bras ,
395 Et entourent le banc à dossier, et se tiennent près de leur seigneur.
Fernand Gonzalez ne vit point là où se réfugier, ni chambre ouverte, ni tour; H se mit sous le banc à dossier, tant il eut peur.
Diègue Gonzalez sortit par la porte ,
Disant de sa bouche : « Je ne reverrai plus Carrion ! 15 3oo Derrière une poutre pressoir il se mit avec grande frayeur.
Son manteau et sa cotte, il les retira tout salis.
Sur ce se réveilla celui qui en bonne heure naquit, il vit le banc à dossier entouré de ses bons barons.
Qu’est ceci, mesnies, et que voulez-vous ?»
3o5 — t C’est que, seigneur honoré, le lion nous a donné une alerte. ' Mon Cid appuya le coude , se leva debout.
Il a au cou son manteau, et il marche vers le lion.
Le lion , en le voyant ainsi , fut intimidé :
Devant Mon Cid il courba la tête et baissa le visage.
3 10 Mon Cid don Rodrigue le prit par le cou,
Et le domptant, l’emmena; il le mit dans sa cage.
Tous ceux qui sont là en sont émerveillés ,
Et ils retournent au palais vers la cour.
Mon Cid demanda après ses gendres, et ne les trouva pas.
V. 23oo.— Cette expression viga lagar (au lieu de viga de lagar) est à remarquer. Notre ancien français présente des formes tout à fait semblables: Hôtel-Dieu, Fête-Dieu, Château- Thierry , Champ- Louis , etc., etc.