V. 2338. — Sanchez écrit conotar. Il faut évi
demment lire amortar, comme au vers 281 A. Le copiste aura négligé, sur la seconde voyelle de ce mot , un léger signe graphique indiquant la suppression de IV.
V. 2346. — Texte de Sanchez: daque. (Voyez le vers 2392 et passim. )
Arrancar me los trevo con la merced del Criador.
Aun vea el hora que vos merezcades tanto.
En una compaña tornados son amos.
35o Así lo otorga don Pero, cuerno se alaba Ferrando!
Plógo à Mió Cid è à todos sos vasallos.
Aun si Dios quisiere è el Padre que está en alto,
Amos los mios yernos buenos serán en campo.
Esto van diciendo è las y entes se alegando.
355 En la ueste de los Moros los atamores sonando.
A maravilla lo avien muchos de sos Christianos;
Ca nunqua lo vieron, ca nuevos son legados.
Mas se maravillan entre Diego è Ferrando.
Por la su voluntad non serien ali legados.
36o Oyd lo que fabló el que en buen’ ora násco :
Alá, Pero Bermuez el mió sobrino caro!
Curiesme à Diego è curiesme à don Ferrando,
Mios yernos amos à dos, las cosas que mucho arrio.
Ca los Moros con Dios non fincarán en campo.
365 Hyo vos digo, Cid, por toda caridad,
Que oy los infantes à mi por amo non avrán.
Curíelos quisquier, ca dellos poco min’ cal.
Hyo con los mios ferir quiero delant.
Vos con los vuestros firmemientre à la zaga tengades.
370 Si cueta fuere bien me podredes huviar.
Aqui legó Minaya Alvar Fañez : oyd ya, Cid Campeador leal! Esta batalla el Criador la ferá ,
V. 2S&7. — Trevei'se pour atreverse, comme le remarque fort bien Sanchez. — Immédiatement après ce vers, le manuscrit du Poème du Cid se trouve déchiré : il y manque un feuillet ; et comme chaque page contient environ vingtcinq vers , il y a donc ici une lacune d’à peu près cinquante vers . Cette lacune est assurément fort regrettable. Cependant, avec le secours de la Chronique du Cid, on peut, jusqu’à un certain point, réparer le dommage et renouer le fil brisé du récit. — Lorsque le Cid a dit à ses gendres
de demeurer tranquilles à Valence, et qu’il ira sans eux combattre les Mores, les infants se récrient, protestant qu’ils tiennent à honneur de l’accompagner à la bataille. Puis, les préparatifs du combat : les troupes chrétiennes entendent la messe , qui leur est dite par l’évêque Hiéronyme. Puis, dans une escarmouche qui précède la bataille, l’infant don Fernand ayant pris la fuite devant un More de haute taille, Pero Bermuez, qui est chargé de veiller sur les infants, va contre le More, le tue et donne son cheval à Fernand,
^Je m’engage à les chasser, avec la merci du Créateur. »
« Qu’il voie même l’heure où vous ayez tant mérité. »
Tous deux sont retournés de compagnie.
•?35o A cela consent don Pero : comme Fernand se réjouit !
Cela plut à Mon Cid et à tous ses vassaux. ffMême, si Dieu le veut, ainsi que le Père qui est là-haut, ff Les deux miens gendres seront bons dans le champ. » ils vont disant cela, et les troupes [vont] se rapprochant.
-.355 Dans l’armée des Mores les tambours sonnent.
Beaucoup de ses Chrétiens en étaient émerveillés ;
Car jamais ils n’avaient vu telle chose, car ils sont nouveaux arrivés.
Diègue et Fernand sont [encore] plus étonnés.
De leur propre volonté ils ne seraient point là venus. s36o Ecoutez ce que dit celui qui en bonne heure naquit :
« Holà ! Pero Bermuez le mien cher neveu ! ff Veillez-moi sur [don] Diègue et veillez-moi sur don Fernand, ff Tous deux mes gendres , les choses que j’aime beaucoup. ffCar, avec [l’aide de] Dieu, les Mores ne s’établiront pas dans le champ.» s365 — -fJe vous dis, Cid, en toute charité,
ff Qu’aujourd’hui les infants ne m’auront pas pour gouverneur, ff Veille sur eux qui voudra; car d’eux, peu m’en chaut, ff Moi, avec les miens, je veux [aller] frapper en avant. ffVous, avec les vôtres tenez ferme à l’arrière-garde.
2370 ffEn cas de péril pressant, bien vous me pourrez secourir.»
Ici arriva Minaya Alvar Fañez : ffOr çà, écoutez, Cid Campéador loyal ! ff Cette bataille , le Créateur la fera ,
en s’efforçant de l’encourager. Le premier vers qu’on lit après la lacune rapporte les dernières paroles adressées à don Fernand par Pero Bermuez qui vient de rappeler au lâche comte quel est l’homme dont il a l’honneur d’être le gendre, V. 2348. — Ms. et texte de Sanchez : que vos merezca dos tanto. Le verbe merece r signifie ménter et avoir à remercier. Si le poète l’eût employé ici dans cette seconde acception , et s’il eût voulu dire que Pero Bermuez (ou le Cid) aurait de la reconnaissance aux deux infants , il n’aurait
pas mis vos dos , mais amos à dos , comme toujours. Il faut, d’ailleurs, remarquer qu’il n’y a en scène qu’un seul des infants, et non les deux. Nous avons donc vu ici une faute du copiste, et nous avons corrigé.
V. 2355. — Texte de Sanchez : veste (le v au lieu de l’tt). (Voyez au vers 2324 la note.)
V. 2367. — Min’cal. Voyez le vers e3o, à la note. J’ajouterai, encore ici, que l’apostrophe placée par Sanchez après I’h , en signe d’élision serait, selon moi, mieux placée avant.
E vos tan dinno que con él avedes part.
Mandadnos los ferir de quai part vos semeiar. y 37 5 El debdo que ha cada uno à complir será.
Verlo hemos con Dios è con la vuestra auee.
Dixo Mió Cid : hayamoslo mas de vagar.
Afevos el obispo don Hieronymo muy bien armado.
Paraba s delant al Campeador, siempre con la buen’ auce. 2 38o Oy vos dix’ la misa de Sancta Trinidade.
Por eso sali de mi tierra è vin’ vos buscar,
Por sabor que avia de algún Moro matar.
Mi orden è mis manos quémalas ondrar,
E à estas feridas yo quiero ir delant.
2385 Pendón traio à corzas è armas de señal.
Si ploguiese à Dios quémalas ensaiar,
Mió corazón que pudiese folgar,
E vos, Mió Cid, de mi mas vos pagar.
Si este amor non feches, yo de vos me quiero quitar.
2390 Esora dixo Mió Cid : lo que vos queredes plazme.
Afe los Moros à oio , idlos ensaiar.
Nos d’aquent veremos como lidia el abbat.
El obispo don Hieronymo príso à espolonada ,
E ybalos ferir à cabo del alvergada.
23g5 Por la su ventura è Dios quel’ amaba,
A los primeros colpes dos Moros mataba de la lanza.
El astil ha quebrado è metió mano al espada.
Ensaiabas’ el obispo; Dios, que bien lidiaba!
Dos mató con lanza, è cinco con el espada.
2 ¿too Los Moros son muchos, derredor le cercaban.
Dábanle grandes colpes, mas nol’ faisan las armas.