‹ Poe˜me du CidChapitre 126 sur 182 · Grâce à son bonheur et à Dieu qui l’aimait · texte numérisé non relu

Grâce à son bonheur et à Dieu qui l’aimait

Des premiers coups il tuait deux Mores de sa lance.

Il a brisé la hampe , et il a mis la main à l’épée.

L’évêque s’exercait; Dieu! comme il se battait bien!

Il en tua deux avec la lance, et cinq avec l’épée.

3/100 Les Mores sont nombreux, ils l’environnaient tout autour.

Ils lui donnaient de grands coups; mais ils ne faussent point son armure.

assujelti avec des cordes. Il nous est impossible d’admettre et le pennon pour courir, et le pennon à cordes. Dans notre opinion , il y a ici tout simplement une de ces transpositions de lettres si fréquentes dans le Poème du Cid: à corzas pour à ci'ozas (avec le pluriel pour le singulier), et il s’agit d’un pennon à crosse. Il n’y a rien d’extraordinaire que le bois d’un pennon ait celte forme quand c’est le pennon d’un évêque. Dans la Chan¬

son de Roland, après nous avoir raconté comme quoi l’archevêque Turpin a jeté à terre un émir, l’auteur fait dire aux Français :

En i’arcevesque est ben la croce salve !

V. 23g3. — Au mot priso, Sanchez interprète fort bien : prendió , en ajoutant que pnso est au parfait simple la forme irrégulière du verbe prender. Oui, en effet ; comme, chez nous, /épris est l’irrégulier de prendre.

El que en buen ora násco los oios le fincaba.

Enbrazó el escudo, è abaxó el asta;

Aguijó à Babieca el cavallo que bien anda,

3/io5 Hybalos ferir de corazón è de alma.

En las aces primeras el Campeador entraba.

Abatió à siete è à quatro mataba.

Plógo à Dios, aquesta fue el arrancada.

Mió Cid con los suyos cae en alcanza.

2/110 Veriedes quebrar tantas cuerdas, è arrancarse las estacas, E acostarse los tendales, con huebras eran tantas.

Los de Mió Cid à los de Bucar de las tiendas los sacan. Sacanlos de las tiendas, caenles en alcanz.

Tanto brazo con loriga veriedes caer apart,

2/u 5 Tantas cabezas con yelmos que por el campo caen, Cavados sin dueños salir à todas partes.

Siete mígos complidos duró el segudar.

Mió Cid al rey Bucar caióT en alcanz.

Acá torna, Bucar! Venist dalent mar.

2/420 Verte has con el Cid. el de la barba grant.

Saludarnos hemos amos, è taiaremos amistad.

Respuso Bucar al Cid : confonda Dios tal amistad!

El espadfi tienes desnuda en la mano è veote aguijar.

Así como semeja, en mi la quieres ensaiar.

2 4 2 5 Mas si el cavallo non estropieza ó comigo non caye,

Non te iuntarás comigo fata dentro en la mar.

Aquí respuso Mió Cid : esto non será verdad.

Buen cavallo tiene Bucar, è grandes saltos faz.

Mas Babieca, el de Mió Cid, alcanzándolo va.

2/i3o Alcanzólo el Cid à Bucar à tres brazas del mar.

Arriva alzó Colada , un grant colpe dadol’ ha.

Las carbonclas del yelmo tollidas gelas ha.

Cortó!’ el yelmo è librado todo lo al.

V. 2/116. — Texte de Sanchez : à todos partes. Quoiqu’il y ait dans ce Poëme plusieurs exemples de substantifs des deux genres , il m’a paru que celui-ci, parte ou part, ne pouvait pas être du nombre, et j’ai corrigé.

V. 261 7. — Dans son Index placé à la suite du Poema del Cid, Sanchez paraît disposé à penser que le mot mígos a été employé ici pour mingos, abrégé de domingos (dimanches), et que ces sept dimanches signifient sept semaines. Cela ne

Celui qui en bonne heure naquit avait les yeux sur lui fixés. Il embrassa son écu, et abaissa le bois de sa lance;

Il éperonna Babieca le cheval qui bien va, aAo5 [Et] alla les frapper de cœur et d’âme.

Dans les premiers bataillons le Campeador entra.

Il abattit sept [Mores] et en tua quatre.

Cela plut à Dieu [et] ce fut la victoire.

Mon Cid avec les siens tombe à leur poursuite.

2/110 Vous eussiez vu briser maintes cordes, et arracher les attaches, Et renverser les pavillons, qui étaient fort bien ouvrés.

Ceux de Mon Cid tirent ceux de Bucar hors des tentes.

Ils les tirent hors des tentes, ils tombent à leur poursuite.

Vous eussiez vu maint bras avec la cuirasse tomber de côté,

2 ¿11 5 Mainte tête avec le heaume qui tombe dans le champ,

Des chevaux sans maîtres courir de toutes parts.

La poursuite dura sept milles accomplis.

Mon Cid tomba à la poursuite du roi Bucar.

« Tourne par ici, Bucar! Tu es venu de delà la mer.

2 A 20 ce Tu te verras avec le Cid à la grande barbe.

«Tous deux nous nous saluerons, et contracterons amitié. »

Bucar répondit au Cid : «Dieu confonde une telle amitié! ft Tu tiens à la main l’épée nue et je te vois piquer des deux, tf A ce qu’il semble , sur moi tu la veux essayer.

2 A a5 ce Mais si mon cheval ne trébuche et avec moi ne tombe, ce Tu ne te joindras avec moi que dans la mer.»

Ici Mon Cid répondit : cc Ce ne sera pas la vérité ! »

Bucar a un bon cheval et qui fait de grands bonds.

Mais Babieca, celui de Mon Cid, va l’atteignant. aA3o Le Cid atteignit Bucar à trois brasses de la mer.

En haut il leva Colada [et] lui porta un grand coup.

Il lui a fait sauter les escarboucles du heaume.

Il lui a coupé le heaume et fendu tout le reste.

présenterait aucun sens. C’est, il est vrai, l’unique fois que le mot migo se rencontre dans les anciens monuments de la langue espagnole; mais dans les poésies de Gonzalo de Berceo et le Poema de Alexandro, on trouve le mot migero , mijero, et

Sanchez interprète fort bien : milla de légua (mille de lieue ). Le mot migo n’est , selon nous , que l’abrégé graphique de migero.

V. 2A19. — Sanchez écrit venist’ (avec l’apostrophe). (Voyez au vers 33a la note.)

Fata la cintura el espada legado ha.

2 4 35 Mató à Bucar, al rey de alen mar,

E ganó à Tizón que mili marcos d’oro val.

Venció la batalla maravillosa è grant.

Aquis’ ondró Mió Cid è quantos con él son.

Con estas ganancias yas5 yban tornando.

« Vio Sabet, todos de firme robaban el campo.

A las tiendas eran legados, do estaba el que en buen ora násco. Mió Cid Ruy Diaz el Campeador contado,

Con dos espadas que él preciaba algo,

Por la matanza vinia tan privado ,

2445 La cara froncida è almófar soltado,

Cofia sobre los pelos, froncida della ya quanto.

Algo vie Mió Cid de lo que era pagado.

Alzó sos oios, estaba à delant catando ;

El vió venir à Diego è à Fernando.

9 45o Amos son fijos del conde don Gonzalo.

Alegró s Mió Cid, fermoso sonrrisando :

Venides, mios yernos, mios fijos sodes amos.

Se que de lidiar bien sodes pagados.

A Carrion de vos yrán buenos mandados ,

9455 Como el rey Bucar avernos arrancado.

Como yo fio por Dios è en todos los sos Sanctos,

Desta arrancada nos yremos pagados.

Minaya Alvar Fañez esora es legado.

El escudo trae al cuello, è todo espado.

246o De los colpes de las lanzas non avie recabdo.

Aquelos que gelos dieran non gelo avien logrado.

Por el cobdo ayuso la sangre destellando,

De XX. arriva ha Moros matado.

De todas partes sos vasallos van legando.

2465 Grado à Dios è al Padre' que está en alto,

V. s 443.— Le savant Aldrete , dans une liste de vieux mots castillans , cite algo et interprète : bien. ( Del orig. de la leng. castell., lib. II, cap. vi.)

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