V. 2/162. — Sanchez met un point à la fin dice vers
E à vos , Cid , que en buen ora fuestes nado !
Matastes à Bucar è arrancamos el campo.
Todos estos bienes de vos son è de vuestros vasallos.
E vuestros yernos aqui son ensaiados ,
2/170 Fartos de lidiar con Moros en el campo. •
Dixo Mió Cid : yo desto so pagado.
Quando agora son buenos, adelant serán preciados.
Por bien lo dixo el Cid, mas ellos lo tobieron à mal.
Todas las ganancias à Valencia son legadas.
3/175 Alegre es Mió Cid con todas sus compañas ;
Que à la ración caye seiscientos marcos de plata.
Los yernos de Mió Cid, quando este haver tomaron Desta arrancada , que lo tienen en so salvo ,
Cuidaron que en sus dias nunqua serien minguados.
80 Fueron en Valencia muy bien arreados.
Conduchos à sazones, buenas pieles, è buenos mantos.
Mucho son alegres Mió Cid è sus vasallos.
Grant fue el dia la cort del Campeador.
Despues que esta batalla vencieron è al rey Bucar mató,
2 485 Alzó la mano, à la barba se tomó :
Grado à Christus que del mundo es señor,
Quando veo lo que avia sabor :
Que lidiáran conmigo en campo mios yernos amos à dos !
Mandados buenos irán dellos à Carrion ,
3/190 Como son ondrados è avernos grant pro.
Sobeianas son las ganancias que todos han ganadas.
Lo uno es nuestro, lo otro han en salvo.
Mandó Mió Cid el que en buen ora násco ,
Desta batalla que han arrancado ,
3/195 Que todos prisiesen so derecho contado ;
Que la su quinta non fuese olvidado.
Así lo facen todos, ca eran acordados.
V. 2/179. — Minguados, pour menguados. De même, au vers 829, le poète dit minguaba au lieu de menguaba.
V. 2/186. — Grado à Christus, etc. Voyez le vers 19/12 et la note.
V. 2/189. — Sanchez , je ne sais pourquoi , met un point à la fin de ce vers.
V. 2/190. — Ms. et texte de Sanchez : avernos. Faute du copiste. Il faut évidemment lire avernos, de même qu’on lit nuestro au vers 3/192. —
« Et à vous, Cid, qui en bonne heure êtes né!
«Vous avez tué Bucar et nous avons gagné la bataille.
«Tous ces biens sont à vous et à vos vassaux.
«Et vos gendres se sont ici essayés;
470 « [Ils sont] las de s’être battus dans le champ avec les Mores, n Mon Cid dit : «De cela je suis content.
«Puisqu’à présent ils sont bons, plus tard ils seront estimés. »
Le Cid le dit pour bien, mais ils le prirent à mal.
Tout le butin est arrivé à Valence.
475 Mon Cid est content ainsi que toutes ses compagnies;
Car au partage il échoit [à chacun] six cents marcs d’argent.
Les gendres de Mon Cid, quand ils prirent cet avoir [Provenant] de cette victoire, [et] qu’ils l’eurent en leur possession .
Ils crurent que jamais de leur vie ils ne seraient nécessiteux.
48o Ils allèrent à Valence très-bien parés.
[Il y a] des vivres à souhait, de belles fourrures et de beaux manteaux. Ils sont fort contents, Mon Cid et ses vassaux.
Grande fut ce jour-là la cour du Campéador.
Après qu’on eut remporté cette victoire et qu’il eut tué le roi Bucar,
485 11 leva la main , il se prit la barbe :
« Grâces soient rendues à Christ qui du monde est seigneur,
«Puisque je vois ce que je désirais :
« Que mes gendres avec moi dans le champ ont tous deux combattu ! «De bons messages iront sur leur compte à Carrion,
490 «Comme ils sont honorés, et que nous avons grand profit.
«Immense est le butin que tous ont gagné.
«Une partie est nôtre, le reste leur appartient. n
Il ordonna, Mon Cid, celui qui en bonne heure naquit,
De cette bataille où ils avaient été vainqueurs ,
495 Que tous prissent ce qui leur revenait de droit;
[Mais] que son cinquième ne fût pas oublié.
Ainsi font-ils tous, car ils étaient recordés.
Quant à cet infinitif aver, on a déjà eu plusieurs fois l’occasion de remarquer que notre poète emploie volontiers l’infinitif à la place de l’indicatif ou du futur.